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Quand des élus hésitent à se représenter en politique en raison du climat toxique

Plan moyen de la mairesse de Squamish, Karen Elliott.

La mairesse sortante de Squamish, Karen Elliott, a décidé de quitter la politique municipale, estimant avoir été victime d'une campagne de salissage sur les médias sociaux.

Photo : Offerte par Karen Elliott

Des cas d’intimidation, de harcèlement et des attaques en ligne envers des politiciens découragent certains élus à se représenter aux élections municipales qui auront lieu le 15 octobre en Colombie-Britannique. Plusieurs, dont le premier ministre John Horgan, dénoncent le climat politique toxique qui règne dans la province.

Toni Boot, la mairesse sortante de Summerland, dans l’Okanagan, a pris la décision de ne pas se représenter à la mairie de sa localité en raison, entre autres, du racisme, du harcèlement et de l’intimidation dont elle a fait l’objet, non seulement de la part de la communauté, mais aussi de son propre conseil municipal.

Elle raconte que, par exemple, elle a reçu des appels menaçants qui l'ont poussée à contacter les autorités.

Toni Boot affirme qu’elle s’est détournée des médias sociaux pendant près de deux ans, en raison des messages négatifs et méchants qui s’y trouvaient à son sujet.

Plan rapproché du visage de la mairesse de Summerland, Toni Boot.

La mairesse de Summerland, Toni Boot, dit avoir été victime d'intimidation et d'attaques négatives de la part de certains membres de la communauté et de son conseil municipal.

Photo : Fournie par Toni Boot

Elle affirme également avoir été victime d’attaques racistes parce qu'elle est une femme noire.

Il y a eu une gigantesque croix gammée dessinée dans la neige du stationnement de l'hôtel de ville avec la lettre F et la lettre U et le mot qui commence par la lettre N.

Des commentaires de la part d’un conseiller municipal avec lequel elle a travaillé l’ont également ébranlée.

« Le conseiller municipal s’est adressé aux médias et a affirmé que j’avais été choisie seulement parce que j’étais une personne issue de la diversité. Il m’a aussi dit : ''Je ne vous fais pas confiance et je vais passer les deux prochaines années au conseil municipal à vous rendre la vie dure." »

— Une citation de  Toni Boot, mairesse sortante de Summerland

Si la Toni Boot a choisi de ne pas se représenter à la mairie, qu'elle perçoit comme l'image publique de la Ville, elle va par contre se présenter comme conseillère municipale.

Je ne vais pas me laisser intimider. Oui, je prends un peu de recul, mais je n’accepte pas de laisser l’intimidateur gagner. Si la communauté de Summerland décide de voter à nouveau pour moi, je vais continuer de travailler pour elle du mieux que je le peux.

Des attaques qui blessent les familles

Le premier ministre britanno-colombien, John Horgan, a dénoncé ce climat toxique de plus en plus généralisé et à tous les niveaux politiques, dans son discours devant les élus municipaux de la province à la rencontre de l’Union des municipalités à Whistler.

Je sais que les gens sont fâchés lorsqu'ils ne reçoivent pas les services dont ils ont besoin, que ce soit, par exemple, en santé ou du côté des logements ou des entreprises qui sont aux prises avec la pénurie de main-d’oeuvre, mais je ne crois pas que cela soit justifié de créer un environnement toxique pour ceux qui essaient justement de trouver des solutions à ces problématiques.

Le premier ministre britanno-colombien John Horgan devant un lutrin.

Le premier ministre John Horgan, qui quittera ses fonctions d'ici décembre, a dénoncé le climat politique toxique dans son dernier discours devant l'Union des municipalités de la Colombie-Britannique, le 16 septembre 2022.

Photo : Radio-Canada

Il dit lui-même être victime constamment d’attaques négatives et explique que cela a un impact important sur les familles des politiciens.

Il raconte, par exemple, qu’il a publié il y a quelques années une photo de famille sur les médias sociaux, une photo de vacances au soleil avec sa femme et ses deux enfants.

Il se souvient que, rapidement, des commentaires négatifs et méchants, qui n'étaient pas reliés à la photo, ont été écrits sous sa publication.

« J’ai dit à mon fils de ne pas lire les commentaires à la suite de notre photo, mais il l’a fait quand même. »

— Une citation de  John Horgan, premier ministre de la Colombie-Britannique

La mairesse sortante de Squamish, Karen Elliott, a décidé pour sa part de quitter définitivement la politique municipale, après huit ans.

Estimant avoir été victime d'une campagne de salissage sur les médias sociaux, elle voudrait qu'il y ait des lois qui s’attaquent à l’intimidation des politiciens, mais aussi plus de sensibilisation pour les encourager à dénoncer les attaques dont ils sont victimes.

Avec les informations de Wildinette Paul

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