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La Côte-Nord maintenant incluse au dénombrement en itinérance

Un campement sans tente au pied d'un arbre.

L'itinérance en région est parfois moins visible que dans les grands centres.

Photo : Radio-Canada / Bryan Labby

Radio-Canada

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a finalement intégré la région de la Côte-Nord dans l’exercice de dénombrement des personnes en situation d’itinérance. La campagne Tout le monde compte aura lieu à partir du 11 octobre.

C’est l’ancien directeur de Transit Sept-Îles, un organisme communautaire qui travaille avec les personnes en situation précaire, qui est chargé d’organiser le dénombrement sur la Côte-Nord.

Doris Nadeau est directeur de la maison Transit à Sept-Îles

Doris Nadeau est maintenant le coordonnateur de la campagne Tout le monde compte, sur la Côte-Nord (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Doris Nadeau se réjouit que le ministère ait accepté que la Côte-Nord soit ajoutée dans les régions où a lieu un dénombrement.

« On prenait pour acquis qu’il n’y avait pas d’itinérance sur la Côte-Nord. »

— Une citation de  Doris Nadeau, coordonnateur du dénombrement sur la Côte-Nord

Pourtant, c’est loin d’être le cas, comme il le souligne. Comme dans toutes les régions du Québec, il y a des personnes qui vivent de l’instabilité résidentielle, comme je préfère les appeler. À la différence des grands centres urbains comme Montréal et Québec, Doris Nadeau précise que la réalité de la Côte-Nord, c’est plutôt de l’itinérance cachée.

« Je veux qu’on sache, ici, sur la Côte-Nord, d’où vient la graine de l’itinérance. »

— Une citation de  Doris Nadeau, coordonnateur du dénombrement sur la Côte-Nord

Pour celui qui a été directeur pendant 17 ans de Transit Sept-Îles, il est temps de brasser la cage et avoir des preuves probantes en main pour mettre l’emphase sur les efforts qu’il faut mettre maintenant.

Obtenir de la reconnaissance

Pour les organismes nord-côtiers qui travaillent avec les personnes en situation d’itinérance, l’ajout de la région est accueilli favorablement. Valérie Santerre, directrice de l’organisme Transit Sept-Îles trouve génial que la Côte-Nord soit finalement incluse dans les régions.

Un cuisinier coupe des légumes dans une cuisine.

Le Rond-Point offre aux usagers une soupe tous les midis grâce au service d'un cuisinier.

Photo : Radio-Canada / Aurélie Girard

Ça représente beaucoup étant donné qu’on pourrait dire que la Côte-Nord n’existe pas aux yeux du gouvernement. Au niveau de l’itinérance, on a une itinérance qui est cachée , explique Nicole Lavoie, travailleuse de rue pour le Centre d’intervention le Rond-Point.

« Ça veut pas dire qu’elle existe pas parce qu’on ne la voit pas. »

— Une citation de  Nicole Lavoie, travailleuse de rue pour le Centre d’intervention le Rond-Point

Son collègue, l’intervenant Ian Ouellet, souligne que le dénombrement, le but, c’est justement qu’ils soient visibles et perçus et reconnus. Parce que ces gens-là vivent en marge et pensent qu’ils sont laissés pour compte.

Dénombrer, mais surtout agir

Pour Ian Ouellet, le dénombrement est le premier pas vers la reconnaissance de la réalité nord-côtière, mais la démarche doit s'inscrire dans la continuité. Le fait qu’on ait été ajouté, j’espère que ça va faire en sorte que les grands centres vont reconnaître que la réalité est là, et qu’on a vraiment besoin de plus de ressources que ce qu’il y a en ce moment , explique-t-il.

Deux personnes devant l'entée de l'organisme, à l'extérieur.

Nicole Lavoie et Ian Ouellet, tous deux intervenants au Rond-Point, à Sept-Îles.

Photo : Radio-Canada / Aurélie Girard

D'autant plus que, comme l'explique Valérie Santerre, directrice de Transit Sept-Îles, on est la dernière ressource , explique-t-elle. Au total, le Transit met 12 lits à la disposition des usagers.

« Il y en a toujours eu… mais plus ça va, et plus y’en a de l’itinérance sur la Côte-Nord. »

— Une citation de  Valérie Santerre, directrice de Transit Sept-Îles

Louka Tremblay, intervenant et co-responsable de la Résidence St-Joseph, à Baie-Comeau, constate aussi cette augmentation.

Depuis la dernière année, on a encore plus de demandes. Il y a une augmentation des besoins et de la clientèle, et c’est surtout à cause de la santé mentale… Et aussi à cause des évictions avec les augmentations abusives de loyer , explique-t-il.

Selon lui, le manque et le prix des logements actuels ont grandement contribué à précariser sa clientèle.

Nicole Lavoie, Doris Nadeau et Valérie Santerre en viennent aussi à la même conclusion. Le dénombrement pourra faire œuvre utile à condition que des ressources conséquentes soient déployées sur le territoire. Pour eux, la reconnaissance officielle de l'existence de l'itinérance dans la région devra servir sur le terrain.

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