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Le long chemin vers l’assermentation du prochain chef du SPVM

Marc Parent a été choisi pour diriger le SPVM en 2010.

Marc Parent a été choisi pour diriger le SPVM en 2010.

Photo : Radio-Canada / archives

Les candidats qui ont l'ambition de devenir le prochain chef du Service de police de la Ville de Montréal auront à faire leurs preuves et à se soumettre à un rigoureux examen de réputation.

Anie Samson, l'ancienne vice-présidente et responsable de la sécurité publique de Montréal, en sait quelque chose. Elle a participé au processus de sélection du chef du SPVM en 2015.

Après l'appel de candidatures, il y a un comité de fonctionnaires aux ressources humaines de la Ville qui va analyser les candidats les plus intéressants pour le comité de sélection. Au final, il ne reste que cinq personnes, tout au plus, qui auront la chance de se présenter devant le comité de sélection, a expliqué Mme Samson, aujourd'hui retraitée de la politique municipale.

Portrait d'Anie Samson.

Anie Samson a été vice-présidente du comité exécutif et responsable de la sécurité publique à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Avant de pouvoir passer leur entrevue, les cinq finalistes devront se soumettre à des tests psychométriques très poussés élaborés par une firme externe. Un test de réputation, également obligatoire, permettra d'examiner les amitiés directes ou éloignées du candidat, les membres de sa famille et leurs relations personnelles, l'état financier du candidat, etc. Les vérifications vont jusqu'à des références dans les milieux de travail respectifs.

Par la suite, les cinq finalistes ont une vingtaine de minutes pour vendre leur expérience, pour expliquer en entrevue pourquoi ils veulent le titre de directeur, quelle est leur vision du SPVM, renchérit Mme Samson. Les 60 autres minutes sont consacrées aux différentes questions du comité de sélection.

Ce comité sera vraisemblablement formé de Martin Prud'homme, le directeur général adjoint à la sécurité urbaine, d'un directeur aux ressources humaines, du responsable de la sécurité publique Alain Vaillancourt, de la présidente de la Commission de la sécurité publique Daphney Collin et d'un membre de l'opposition officielle, en l'occurrence Abdelhaq Sari.

Quelques jours après la ronde d'entrevues, les membres du comité reçoivent les résultats psychométriques des finalistes. La firme externe vient expliquer les forces et les faiblesses de chacun. Même chose pour le test de sécurité, afin de déterminer s'il y a un risque pour la réputation de la Ville et du SPVM, se souvient Anie Samson.

Des gens assis dans une foule assistent à l'assermentation de Marc Parent.

L'assermentation d'un chef de police à Montréal est un moment très symbolique. Plusieurs corps policiers québécois s'étaient déplacés en septembre 2010 pour assister à celle de Marc Parent.

Photo : Radio-Canada

À la fin de l'exercice, l'ancienne politicienne affirme que traditionnellement, seulement deux noms parmi les cinq finalistes se rendent jusqu'au bureau de la mairesse Valérie Plante pour trancher la question.

Le choix final doit ensuite être entériné par le conseil exécutif de la Ville de Montréal et le Conseil des ministres à Québec. Ces étapes sont déterminantes pour confirmer la personne dans ses nouvelles fonctions.

Je pense que le prochain chef de police devra poursuivre et bonifier l'approche communautaire entamée il y a quelques années par l'ancien directeur Marc Parent. Quand j'étais une élue, c'est réellement lui qui a inculqué à la culture du SPVM l'importance de développer des relations pour se rapprocher des différentes communautés de la métropole. Avec Fady Dagher, j'avais mis sur pied plein de projets qui nous avaient rapprochés des jeunes dans le nord de Montréal, mentionne Anie Samson.

Le souvenir de Marc Parent

Assermenté en tant que directeur du Service de police de la Ville de Montréal en septembre 2010, Marc Parent se souvient du processus qui l'avait mené à la tête de l'organisation policière.

Je pense que tout candidat qui va se lancer dans la course à la direction doit faire une réflexion en amont afin de définir les raisons pour lesquelles il veut ce poste. Tu deviens une personnalité publique. La population a des attentes très élevées envers toi. Et tu as l'obligation de livrer des résultats. Le volume d'informations qui te parvient et le nombre de décisions à prendre est inimaginable. Elles sont toutes analysées par le public et les médias, a partagé Marc Parent, aujourd'hui chef de la direction chez les Commissionnaires du Québec.

Le poste de directeur du Service de police de la Ville de Montréal est le plus médiatisé en raison du bassin de population et de la présence des médias nationaux dans la métropole.

Quand tu deviens chef de la police de Montréal, tu deviens le fiduciaire du SPVM. C'est à toi qu'incombent la responsabilité et l'imputabilité de l'organisation, a-t-il ajouté. Ta première responsabilité est la sécurité de la population. La personne qui sera choisie devra être rassembleuse, tant pour la communauté que pour les troupes policières. Il faut que tu donnes un sentiment d'équité tant aux jeunes qu'aux citoyens et aux policiers.

Marc Parent, assis à une table, signe un document.

Marc Parent a été le chef de la police de Montréal de 2010 à 2015.

Photo : Radio-Canada

Au cours de son mandat, M. Parent a reçu plusieurs distinctions de la part de groupes communautaires et culturels à Montréal, notamment en 2015, lors de la 24e édition du mois de l'histoire des Noirs.

Les candidats du SPVM intéressés au poste de chef

Selon nos informations, Sylvain Caron avait émis le souhait, à son départ à la retraite, que son successeur soit issu de l'organisation du Service de police de la Ville de Montréal.

Un point de vue partagé par Yves Francoeur, le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal.

Cette fois, le Service comporte suffisamment de personnes prêtes et compétentes pour y trouver le prochain directeur ou la prochaine directrice [...], avait-il déclaré.

Sophie Roy, directrice intérimaire du SPVM

Sophie Roy prend la parole en conférence de presse.

La directrice par intérim du SPVM, Sophie Roy

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C'est devant son comité de direction, mardi, que l'actuelle directrice intérimaire Sophie Roy a confirmé une information qui circulait depuis un bon moment : elle veut se lancer dans la course à la direction du SPVM.

Lorsqu'elle est devenue cheffe intérimaire, elle avait mentionné à Radio-Canada son souhait d'assurer une transition saine pour le successeur de Sylvain Caron.

Dès juin, elle aurait entamé la réflexion de rester en poste pour poursuivre ce qu'elle a entamé à l'intérim.

Cumulant 35 années de service, elle est réputée pour avoir une grande connaissance de l’organisation du SPVM. Nos sources nous indiquent que l'administration Plante apprécie également son travail. Au cours de sa carrière, Mme Roy a eu à gérer le poste de quartier 39 de Montréal-Nord durant la crise suivant l’affaire Villanueva.

En 2018, Martin Prud'homme, qui est aujourd'hui directeur général adjoint à la sécurité urbaine de Montréal, l'a choisie pour réformer la Division des affaires internes du SPVM, démantelée au terme de la crise de confiance de 2017.

Son entourage la décrit comme une femme capable d'imposer son leadership dans une profession majoritairement masculine. On dit « qu'elle sait se tenir debout », si on tente de s'ingérer dans sa gestion.

Si elle devenait officiellement la directrice du SPVM, elle écrirait une double page d'histoire en étant la première femme à prendre l'intérim de la police de Montréal, puis à en devenir la cheffe.

Vincent Richer, directeur adjoint, responsable des services corporatifs

Vincent Richer, en entrevue à Radio-Canada.

Vincent Richer, directeur adjoint du SPVM

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Toujours selon nos informations, deux candidats qui sont actuellement au comité de direction du SPVM avaient déposé leur candidature quand le processus de sélection a été mis en pause par l'administration Plante afin de procéder à des consultations publiques.

Vincent Richer est l'un d'eux. C'est un des directeurs adjoints actuels et il est responsable des services corporatifs.

Selon nos informations, M. Richer aurait une solide réputation auprès des corps policiers du pays. Il aurait également une vision avant-gardiste de la culture policière et en matière de profilage racial.

Discret, mais pragmatique, on dit qu'il serait le type de directeur capable de transformer la culture organisationnelle.

C'est lui qui avait d'ailleurs coordonné le comité de rédaction de la nouvelle politique sur les interpellations du SPVM.

M. Richer était le candidat que le directeur sortant Sylvain Caron avait recommandé à la Ville de Montréal pour lui succéder, avant son départ pour la retraite au printemps dernier.

Vincent Richer a pris la parole à de nombreuses reprises pour commenter au nom du SPVM la situation de la violence armée dans la métropole. Il est parfaitement bilingue.

Anne Chamandy, directrice des communications, pratiques d'affaires, relations avec les partenaires

Portrait d'Anne Chamandy.

Anne Chamandy est la directrice des communications du SPVM.

Photo : Facebook

À l'image de la Sûreté du Québec avec Johanne Beausoleil à sa tête, la police de Montréal pourrait être dirigée par une candidate civile.

Anne Chamandy était vue comme la personne de confiance de Sylvain Caron lorsqu'il était chef du SPVM. Depuis 2018, elle a gravi très rapidement les échelons de l'organisation pour intégrer le comité de direction. On dit qu'elle avait, sous l'ère Caron, une très grande influence au comité de direction.

Mme Chamandy, qui occupe le poste de directrice des communications, pratiques d’affaires et relations avec les partenaires, avait ouvertement manifesté son intérêt à relever le défi de diriger la police de Montréal.

Avant de gagner ses galons, elle a passé plusieurs années avec les différentes unités d'enquêteurs à la Division des crimes majeurs de la police de Montréal.

Criminologue de formation, elle aurait une vision de la police axée sur le rapprochement avec les différentes communautés de la métropole. Elle serait sensible aux enjeux des groupes racisés et discriminés et est également la seule candidate interne issue des minorités culturelles.

Selon nos informations, elle aurait gagné la confiance de la Fraternité des policiers et policières de Montréal en raison des occasions qu’elle a saisies pour défendre les intérêts du SPVM.

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