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Pas de téléphones fixes ni de cellulaires à certains endroits durant Fiona

Au moins quatre poteaux sont couchés sur le sol en travers de la rue.

Des poteaux renversés par la tempête Fiona à Dartmouth, rue Woodlawn, le 24 septembre 2022.

Photo : Gracieuseté : Joshawa Tyler LaVoie

Radio-Canada

Bien des sinistrés en Atlantique voulaient appeler à l'aide ou communiquer avec leur famille lors du passage de la tempête post-tropicale Fiona, mais la plupart ont dû attendre à cause des pannes des réseaux de communication.

Anne Camozzi vit seule juste à l'extérieur d'Antigonish, en Nouvelle-Écosse, et durant le pire de la tempête samedi, elle n'avait ni électricité, ni Internet, ni service cellulaire, ni ligne fixe en état de marche.

Je ne pense pas que j'aurais pu appeler le 911. Et j'avais très peur parce que la situation ici était très grave. Nous avions des vents de 146 kilomètres à l'heure et il y avait des débris qui frappaient mes fenêtres, raconte l’artiste qui se déplace en fauteuil roulant.

Je ne sais pas ce que j’aurais fait si j'avais dû évacuer ?

L'artiste est assise dans sa maison.

Anne Camozzi est une artiste qui vit seule juste à l'extérieur d'Antigonish, en Nouvelle-Écosse, et elle utilise un fauteuil roulant pour se déplacer. Elle croit que les entreprises de télécommunications au Canada devraient être plus fiable.

Photo : Gracieuseté : Anne Camozzi

« Nous vivons en 2022. Et je ne comprends pas pourquoi les entreprises de télécommunications sont autorisées à s'en tirer comme ça! »

— Une citation de  Anne Camozzi, citoyenne à mobilité réduite

La plupart des lignes terrestres de la province et du Canada utilisent maintenant des câbles Internet à fibre optique pour fonctionner plutôt que les fils de cuivre souterrains installés il y a des décennies.

Les entreprises de télécommunications vantent les câbles à fibre optique comme étant plus rapides et plus efficaces. Mais ces lignes dépendent de l'alimentation du réseau électrique et d'une connexion Internet pour fonctionner. Lors de panne d'électricité, les lignes fixes s'éteignent à moins qu'il n'y ait une batterie de secours.

Certaines personnes, surtout dans les zones rurales, ont encore des câbles en cuivre pour leurs lignes fixes. Ces lignes ont des batteries de secours qui peuvent durer près de 12 heures après une panne de courant.

Un poteau électrique à l'horizontale.

Lignes électriques tombées sur le chemin Shore à Lower Barney's River, en Nouvelle-Écosse après le passage de Fiona.

Photo : Radio-Canada / Robert Short

Jim Stewart de Chance Harbour, en Nouvelle-Écosse, fait parti de ceux qui attendent toujours l'électricité dans le comté de Pictou.

Son téléphone portable fonctionne maintenant de manière sporadique, mais son téléphone fixe en cuivre est mort.

C'est comme vivre sur une île déserte, dit-il.

Il se souvient des jours où la ligne fixe continuait de fonctionner même après une tempête majeure ou une panne de courant.

Pourquoi n'apprenons-nous pas de nos erreurs ? demande-t-il. Une fois que les choses reviennent à la normale et que le courant revient, on dirait que tout le monde oublie ce qui s'est passé.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) exhorte les personnes qui ont une ligne fixe à fibre optique à utiliser un service téléphonique alternatif comme un téléphone portable.

Mais lorsque tous les réseaux cellulaires sont en panne, comme durant Fiona, l'accès au 911 peut être limité ou inexistant.

Beaucoup de personnes dépendent encore des lignes fixes

Les chiffres de Statistique Canada montrent qu'en 2020, 84,4 % des Canadiens possédaient un téléphone intelligent, mais ce nombre chute considérablement à 54,1 % chez les 65 ans et plus.

Selon les informations que Bell a transmises au CRTC après le passage de Dorian en septembre 2019, les systèmes à fibre optique sont plus fiables que les réseaux à base de cuivre.

En fait, Bell a écrit que son réseau câblé par fibre optique dans la région de l'Atlantique n’avait pas connu beaucoup de panne lors du passage Dorian sauf dans les zones il y a eu de longues pannes d’électricité.

La porte-parole d'Eastlink, Jill Laing, rapportait qu'en Nouvelle-Écosse mardi , la compagnie avait encore 46 000 clients sans Internet, dont 21 000 également sans service téléphonique, surtout à cause des pannes d’électricité.

Ces clients sont dispersés dans toute la région, les zones les plus touchées reflétant celles qui sont les plus touchées par les pannes de courant, dit-elle.

Demande de redevabilité des compagnies de télécommunications

John Lawford, le directeur du Centre pour la défense de l'intérêt public à Ottawa rejette la faute en grande partie sur le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), qui réglemente les entreprises de télécommunications.

L'homme en complet parle à un journaliste.

John Lawford est le directeur général du Centre pour la défense de l'intérêt public

Photo : Radio-Canada

Il dit que la plupart des tours sans fil en Nouvelle-Écosse ont une batterie de secours pour les pannes de courant et que les entreprises pourraient aussi ajouter des génératrices, mais qu'elles ne le font pas parce que le CRTC ne l’exige pas.

Les entreprises font ce qui est le moins cher, dit-il. Et ce qui est le moins cher, c'est de mettre des batteries de quatre à six heures, croisez les doigts et espérez que tout se passera bien.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, demande plus de transparence de la part des compagnies de télécommunication et il veut que Bell, Eastlink, Telus et Rogers travaillent de près avec les services d'urgence de la province lors de tempête.

« Les Néo-Écossais se demandent quand leur service sera rétabli, l'ampleur des pannes et ce que les entreprises prévoient de faire pour que cela ne se reproduise plus »

— Une citation de  Tim Houston, premier ministre de la Nouvelle-Écosse

Il a l'intention de faire pression pour que le gouvernement fédéral légifère.

Le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, dit que le gouvernement fédéral est déjà très actif dans ce domaine, depuis les pannes généralisées du réseau Rogers l’été dernier.

Dominic LeBlanc .

Le ministre des Affaires intergouvernementales, de l’Infrastructure et des Collectivités, Dominic LeBlanc lors d'un point de presse à Ottawa pour faire le point sur la réponse du gouvernement au passage de la tempête Fiona, le 28 septembre 2022.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Il ajoute que le gouvernement va examiner quels genres de mesures réglementaires seraient nécessaires si les entreprises ne font pas tout ce qu'elles peuvent pour renforcer la résilience et la redondance de leurs systèmes.

Je suis très clair au nom du gouvernement du Canada que nous nous attendons à ce qu'elles acceptent cette responsabilité, dit-il.

La ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, dit que c’est une question de sécurité publique et elle réitère que le gouvernement va légiférer si c'est ce qu’il faut pour protéger les Canadiens.

Avec les informations de Michael Gorman, Shaina Luck et Haley Ryan de CBC

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