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Ukraine : les dirigeants prorusses réclament l’annexion, l’UE veut des sanctions

Une membre d'une commission électorale locale travaille dans un bureau de vote.

Une membre d'une commission électorale locale travaille dans un bureau de vote lors d'un référendum sur la sécession de la région de Zaporijia (Ukraine) et son adhésion à la Russie, dans la ville de Melitopol, en Ukraine.

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

Agence France-Presse

Les dirigeants prorusses de régions ukrainiennes occupées totalement ou partiellement par Moscou ont réclamé mercredi l'annexion à la Russie, au lendemain de votes qualifiés « d'illégaux » par Kiev et ses alliés occidentaux, qui ont promis des sanctions.

L'Ukraine a de son côté réclamé de nouvelles livraisons d'armes occidentales pour combattre la Russie, balayant ses menaces répétées d'utiliser l'arme nucléaire pour protéger les nouveaux territoires qu'elle entend incorporer.

Cher Vladimir Vladimirovitch [Poutine] [...] je vous demande d'examiner la question de l'adhésion de la République populaire de Lougansk à la Russie en tant que sujet de la Fédération de Russie, a déclaré Léonid Passetchnik, chef séparatiste de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine.

Il a indiqué son intention de se rendre à Moscou, tout comme son homologue de la région de Donetsk, Denis Pouchiline, pour formaliser l'annexion à la Russie.

Deux lettres similaires ont été envoyées à Vladimir Poutine par les deux chefs des administrations d'occupation de Kherson et de Zaporijia [sud], Vladimir Saldo et Evguéni Balitski. M. Saldo y invoque le droit d'autodétermination des peuples.

Ces demandes surviennent au lendemain de scrutins organisés par la Russie dans l'urgence, sur cinq jours, dans ces quatre régions ukrainiennes qu'elle contrôle totalement ou partiellement.

De nouvelles sanctions possibles

Les Occidentaux ont dénoncé cette escalade russe et ont promis de réagir, l'UE proposant notamment de plafonner le prix du pétrole russe et d'ajouter de nouvelles restrictions aux échanges commerciaux avec Moscou.

L'Allemagne et le Canada ont répété mercredi qu'ils ne reconnaîtront jamais les résultats des scrutins, une promesse qu'avait déjà faite le G7 quelques jours auparavant.

Moscou a de son côté insisté en affirmant que les régions ukrainiennes occupées ont fait un choix libre et conscient en faveur de la Russie, un résultat logique face à ce qui est présenté comme une répression programmée des russophones d'Ukraine par Kiev.

Le scrutin a eu lieu bien souvent en présence de soldats armés, avec des officiels qui faisaient du porte-à-porte pour récolter les bulletins. Les résultats annoncés mardi soir flirtent par endroit avec les 100 % de oui à l'annexion.

Sur le terrain, Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine située près de la frontière russe, a encore été bombardée dans la nuit de mardi à mercredi, laissant 18 000 foyers sans électricité, sans pour autant faire de morts.

Cette région russophone résiste et repousse les troupes russes depuis plus de sept mois et ici on affirme haut et fort que les votes d'annexion ne changeront rien à la détermination ukrainienne.

Ce n'est pas légitime, ces votes. On croit en nos forces, on croit dans les forces armées ukrainiennes. Au final, la victoire sera à nous, martèle Denis Kotchkov, un cheminot de 30 ans.

La contre-offensive se poursuit

Dans la région russe de Belgorod, près de la frontière ukrainienne, 14 personnes ont été blessées dans une explosion de munitions liée, selon le gouverneur, à une erreur humaine.

Malgré les menaces nucléaires de Moscou, l'Ukraine s'est refusée à déposer les armes, demandant au contraire aux Occidentaux d'augmenter leurs livraisons d'armes, essentielles à la contre-offensive qu'elle mène depuis le début septembre et qui a permis de reprendre des milliers de kilomètres carrés aux Russes.

Kiev veut des chars, des avions de combat, de l'artillerie longue portée, des systèmes de défense antiaérienne et antimissile.

En Russie, la mobilisation partielle pour la guerre en Ukraine annoncée la semaine dernière par Vladimir Poutine continue de provoquer un exode des hommes en âge de combattre vers les pays voisins, notamment la Géorgie, le Kazakhstan et la Mongolie.

À la frontière avec la Géorgie, que franchissent chaque jour près de 10 000 Russes, selon Tbilissi, et où des files d'attente géantes se sont formées, la situation est telle que les autorités russes locales ont décidé de restreindre l'entrée des véhicules.

Les autorités russes ont annoncé qu'elles ne délivreront plus de passeports aux personnes mobilisées.

La campagne de recrutement devant toucher des centaines de milliers de personnes se poursuivait, malgré les doutes pesant sur la qualité, l'expérience et l'équipement de ces troupes.

Rencontrée mardi devant un centre de l'armée à Saint-Pétersbourg, Galina, 65 ans, dont la fille est traitée pour un cancer, dit que la mobilisation de son gendre est encore un coup du sort pour sa famille.

La pression économique continuait parallèlement à se renforcer sur la Russie, avec le renoncement par trois banques publiques turques au système russe de paiement Mir, un moyen crucial pour les Russes à l'étranger depuis qu'ils ont été privés de Visa et Mastercard.

Un bouillonnement à la surface de la mer.

Deux explosions sous-marines ont été enregistrées à proximité des sites des fuites des gazoducs Nord Stream 1 et 2.

Photo : Reuters / RITZAU SCANPIX

Moscou a réclamé de son côté une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur le « sabotage » des gazoducs Nord Stream reliant la Russie à l'Allemagne sous la mer Baltique qui ont été tous deux touchés par des fuites spectaculaires précédées d'explosions sous-marines, d'origine inconnue.

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