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Fonderie Horne : « Pas aussi dramatique que certains le disent », selon Legault

Le premier ministre sortant et chef de la Coalition avenir Québec prévoit se rendre à Rouyn-Noranda jeudi.

Les deux cheminées s'élèvent dans le ciel dans la cour de la Fonderie Horne.

Le terrain de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Alors que le jour du scrutin provincial approche, le premier ministre sortant François Legault a de nouveau minimisé, mercredi, les effets de la pollution tolérée par Québec à la Fonderie Horne, une usine de traitement et de transformation des minéraux au cœur d’un scandale sanitaire pour ses taux de contamination anormalement élevés.

Au lendemain d’une lettre publique signée par un groupe de médecins de la région de Rouyn-Noranda avertissant que la situation n’était pas sécuritaire pour les riverains contrairement aux affirmations du premier ministre sortant François Legault, ce dernier s’est défendu une nouvelle fois en arguant que ça [dépendait] de la définition de sécuritaire.

« Moi, j’invite tous les gens de Rouyn-Noranda à lire le rapport de la santé publique, c’est pas aussi dramatique que certains le disent. »

— Une citation de  François Legault, chef de la Coalition avenir Québec et premier ministre sortant

En entrevue au 98,5 FM à Montréal, mercredi matin, le chef de la Coalition avenir Québec a développé le même argumentaire que celui défendu sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle, dimanche soir.

D’abord économique : 650 emplois directs bien payés – à 100 000 $ par année, a précisé M. Legault, avant de rejeter la responsabilité décisionnelle sur les personnes concernées : Il y a une décision à prendre par les citoyens de Rouyn-Noranda.

Ce n’est pas à Gabriel Nadeau-Dubois ni à nous de décider, a-t-il ajouté, en assurant aux citoyens l'entière transparence et la disponibilité des informations concernant la Fonderie Horne, un engagement remis en question par le chef conservateur Éric Duhaime quelques heures plus tard.

M. Legault a davantage d’informations que nous, et c’est pas normal, dans ce dossier-là, comme dans celui du 3e lien, [d'avoir] un gouvernement qui cache beaucoup d'études et la vérité, a lâché Éric Duhaime en citant comme exemple les rapports caviardés du gouvernement caquiste.

François Legault s'adresse aux journalistes.

Le premier ministre sortant, François Legault

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Un peu plus tard en matinée, cette fois en entrevue à l'émission Midi info, le premier ministre sortant n'a pas exclu la possibilité de créer une zone tampon autour de la fonderie en indemnisant les commerces et les résidences qui perdraient la jouissance de leur bien.

Il y a différents scénarios évoqués par l'entreprise, a-t-il indiqué, [notamment] d’avoir une zone tampon où certaines résidences, certaines entreprises pourraient être compensées, et je ne suis pas fermé à cette idée-là.

Impacts psychosociaux

Mercredi matin, un nouvel argument politique a été apporté au dossier : la santé mentale.

On parlait tantôt de santé mentale, si demain il y a 650 personnes qui perdent leur emploi, plus les emplois indirects, il y a des conséquences aussi, a ajouté le premier ministre sortant.

Au mitan de la campagne électorale, le 19 septembre précisément, un nouveau document sur les impacts sociaux et psychologiques dus à une éventuelle fermeture de la fonderie a fait son apparition sur le site de consultation publique au sujet du renouvellement de l’autorisation ministérielle de Glencore, l'entreprise propriétaire de la fonderie.

En résumé, on peut y lire que dans le cas d'une fermeture, Rouyn-Noranda échapperait au pire scénario socio-économique (boomtown, en anglais) grâce à sa taille et à sa diversité économique malgré le fait que des employés de la Fonderie Horne perdraient de bons emplois et que certains devraient déménager.

« Un éventuel démantèlement et une décontamination des lieux seraient nécessaires pour éviter certains impacts sociaux et psychologiques négatifs. »

— Une citation de  Extrait du rapport de l'INSPQ « Dimensions sociales et psychologiques associées à l'arrêt des opérations d'une entreprise majeure »

La question de la Fonderie Horne n’a cessé de hanter le premier ministre sortant depuis le début de la campagne électorale. Lors du Face-à-Face de TVA, François Legault avait été amené à préciser ses priorités dans le dossier, entre santé et économie. C’est d’abord la santé, mais il faut trouver l’équilibre, avait-il alors répondu.

La santé publique a recommandé au gouvernement de faire baisser la norme de pollution à 3 ng/m3 d'arsenic dans l'air le plus rapidement possible.

Le premier ministre sortant a expliqué mercredi matin que ce n’était pas faisable, car techniquement impossible, mais qu’une amélioration méritait d’être soulignée dans la mesure où l’usine s’est engagée à d’atteindre la cible d'émissions d'arsenic de 15 nanogrammes par mètre cube dans l’air d’ici cinq ans.

Une consultation du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) se tient présentement jusqu'au 20 octobre pour sonder la population sur cet engagement cinq fois plus élevé que la norme québécoise.

Vieille mentalité

En campagne électorale en Estrie, le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a fustigé les propos de son rival caquiste François Legault. Il lui a reproché, une fois de plus, de continuer à minimiser les effets de la pollution générée par la Fonderie Horne.

Plan rapproché de Gabriel Nadeau-Dubois, tandis que Mélissa Généreux le regarde en arrière-plan.

Gabriel Nadeau-Dubois a tenu un point de presse à Sherbrooke en compagnie notamment de Mélissa Généreux, médecin spécialiste et candidate dans la circonscription de Saint-François.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Ça fait des années que les gens de Rouyn-Noranda sonnent l’alarme, que la qualité de l’air les inquiète, qu’ils ne veulent pas se faire empoisonner à l’arsenic, s'est emporté Gabriel Nadeau-Dubois.

« Ça fait quatre ans que [François Legault] ferme les yeux, se croise les bras, ne fait rien pour la santé des gens de Rouyn-Noranda.  »

— Une citation de  Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

La candidat solidaire a aussi reproché au premier ministre sortant de désinformer les citoyens et de [continuer] à opposer la santé des gens et l’économie, un vieux modèle […] dans un système politique où la santé publique manque d'indépendance, selon lui.

Le dossier de la fonderie est l’illustration de la vieille mentalité de François Legault, a asséné le rival trentenaire. Des bons emplois et la santé, ça ne s'oppose pas.

Advenant qu'il soit porté au pouvoir, Québec solidaire imposerait à l'entreprise d'atteindre la norme québécoise de 3 ng/m3 en quatre ans tout en concédant une limite de 15 ng/m3 la première année.

De son côté, le chef conservateur Éric Duhaime a défendu le maintien en activité de la Fonderie Horne. Pas question de faire perdre des emplois lucratifs dans cette région-là, a-t-il soutenu, avec l'idée de financer la recherche universitaire qui aiderait les entreprises à mieux gérer leurs émissions.

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