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Procès d’un ex-enseignant pour délits sexuels : une élève en avait parlé à la directrice

Sur une affiche, on peut lire : « Gouvernement de l'Ontario, Palais de justice et bureaux d'enregistrement immobilier d'Ottawa ».

Le procès de Rick Despatie se déroule au palais de justice d'Ottawa (archives).

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Radio-Canada

Au deuxième jour du procès de l’ex-enseignant Rick Watkins, aussi connu sous son ancien nom Rick Despatie, une élève a raconté avoir dit à la directrice de son école de mettre des caméras dans la classe du professeur qui fait aujourd’hui face à 14 accusations de délits sexuels sur des élèves.

Dans son témoignage, l’élève a mentionné avoir précisé à la directrice de l'École secondaire St. Matthew, Debbie Clark, que le personnel serait choqué de voir les images provenant des caméras, si installées.

L’étudiante a affirmé avoir fait part de sa propre expérience de présumées incidents inappropriés impliquant l’ex-professeur de mathématiques, Mme Clark lui a répondu que l’école ne pouvait rien faire et qu’elle pouvait, en revanche, contacter la police.

Cela a été le plus grand coup de pied dans la figure. Ça fait mal.

Il s’agit de la deuxième personne à témoigner au procès de Rick Despatie. À un certain moment, il faisait face à 54 accusations criminelles sur 16 présumées victimes.

Le procès, qui a commencé lundi, fait état de 14 accusations impliquant quatre plaignantes qui avaient toutes moins de 16 ans lorsque les présumés incidents se sont produits. Une interdiction de publication empêche Radio-Canada de communiquer des informations qui pourraient permettre d’identifier l’une des présumées victimes.

Un homme marche devant un grillage.

Rick Watkins sortant du Centre de détention d'Ottawa-Carleton (archives)

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

La plaignante qui a témoigné mardi a allégué que Despatie lui massait les épaules, le cou et la clavicule sous sa chemise pendant les cours, provoquant à un moment donné le détachement de certains des boutons supérieurs de son uniforme scolaire.

Elle a précisé qu'il s'accroupissait au-dessus d'elle tout en l'aidant à faire ses devoirs, une main sur son épaule et l'autre autour de son corps pour qu'elle ne puisse pas s'échapper.

La plaignante a aussi mentionné que les attouchements ont commencé après un décès dans sa famille, lorsque M. Despatie a mis son bras autour d'elle et l'a maintenue contre lui alors qu'ils se rendaient ensemble à la cafétéria de l'école.

L'élève a témoigné qu'un jour, elle est arrivée en avance à son cours de mathématiques, cherchant à obtenir de l'aide pour ses devoirs, mais lorsque Rick Despatie est arrivé à son bureau, il a commencé à lui frotter l'épaule avec ses deux mains, avant de les déplacer sous sa chemise vers la bretelle de son soutien-gorge.

L'enseignant l'a tirée en arrière et l'a lâchée de sorte qu'elle a fait un bruit sec, a-t-elle allégué, ajoutant qu'il en a ri avant qu'elle ne quitte brusquement la classe.

« J'étais beaucoup plus mal à l'aise cette fois-ci. Je ne voulais vraiment pas être dans sa classe. »

— Une citation de  Témoignage de l’ex-élève de Rick Despatie

Elle est même arrivée en retard intentionnellement à l'école pour ne pas avoir à assister aux mathématiques.

Je ne me souciais pas d’échouer. Je ne voulais tout simplement pas être près de lui.

Elle a ajouté que l’ex-professeur se moquait d'elle parce qu'elle avait manqué son cours s'il la croisait dans les couloirs en disant qu'elle avait trop peur pour affronter les maths. En réalité, elle avait trop peur de lui.

Il a posé ses mains sur moi

L’avocat de Rick Despatie, Dean Embry, a demandé lors du contre-interrogatoire s’il était possible que l’élève ait parlé à la direction de l’école de ses difficultés en mathématiques, mais pas du présumé contact inapproprié.

La plaignante a répondu qu’elle se souvenait d’en avoir parlé à la directrice, en disant qu’elle lui conseillait d’installer des caméras dans la salle de classe.

Me Embry a également avancé que les fois où Rick Despatie a touché son dos et son épaule étaient accidentelles et n'impliquaient pas de passer sous ses vêtements. Il a ajouté que la seule fois où elle avait soulevé la question des attouchements inappropriés, c'était après que l'enseignant ait été arrêté et accusé.

Non. Il a posé ses mains sur moi. Je suis certaine de ça, a-t-elle répondu.

Une nouvelle politique pour l’OCSB

Après la première inculpation de M. Despatie en avril 2021, le Conseil scolaire catholique de langue anglaise d'Ottawa (OCSB) a envoyé un avis à tous les parents pour présenter ses excuses à tout ancien élève qui a subi un préjudice de la part d'une personne en position de confiance.

Dans une déclaration partagée avant le début du procès cette semaine, la porte-parole Sharlene Hunter a déclaré que le conseil scolaire a adopté l'année dernière une nouvelle politique d'agression sexuelle et de signalement des enfants à la suite de consultations, qui prévoit notamment de s'assurer que plus d'une personne soit mise au courant des préoccupations.

La déclaration indique également que l'OCSB ne fera pas d'autres commentaires sur le dossier concernant l’ancien professeur déchu.

Au tribunal, l'ancienne élève a mentionné mardi que le manque de soutien de la part de l'administration était l'une des raisons pour lesquelles elle n'a pas fait part plus tôt de ses allégations contre M. Despatie.

La directrice de l'époque donnait l'impression que rien ne pouvait être fait et à ce moment-là, je n'avais aucun espoir, a-t-elle témoigné.

« C'était ma parole contre celle d'un enseignant. J'avais peur. »

— Une citation de  Témoignage de l’ex-élève de Rick Despatie

Le procès se poursuit mercredi.

Avec les informations de Dan Taekema, CBC News

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