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Faiblesse du dollar canadien : pas que des perdants dans les régions frontalières

La frontière canado-américaine dans le tunnel reliant Windsor, en Ontario, et Détroit, au Michigan.

Le tunnel reliant Windsor, en Ontario, et Détroit, au Michigan

Photo : Radio-Canada / Marine Lefevre

Radio-Canada

Des résidents de régions frontalières voient leur pouvoir d'achat diminuer avec le recul du dollar canadien par rapport à l'américain, mais certains s'en tirent tout de mme bien.

Il ne s'agit que de quelques cents de différence, mais lorsque l'écart entre le dollar canadien et le dollar américain se creuse, les résidents des régions frontalières ressentent le changement.

Le huard a récemment atteint son plus bas niveau en deux ans par rapport au dollar américain, qui se comporte bien par rapport à de nombreuses autres devises. En date de mercredi, il se situait autour de 72 cents américains. Au début de septembre, le huard valait environ 76 cents américains.

Dans la région de Windsor-Essex, qui entretient des liens économiques et sociaux étroits avec le Michigan, cette baisse est loin d'être anodine pour les résidents qui se rendent aux États-Unis pour faire leur épicerie ou encore assister à des spectacles.

La marge n'est pas énorme, mais elle rend les choses un peu plus chères qu'il y a un mois, par exemple, explique Gurupdesh Pandher, professeur de finances à l'Université de Windsor.

Un portrait pas entièrement négatif

Toutefois, la faiblesse du dollar pourrait en fait aider plusieurs entreprises de la région, réplique Justin Falconer, PDG de l'organisme Workforce Windsor-Essex.

Une grande partie de nos produits et de nos services sont exportés vers d'autres pays, qui utilisent tous le dollar américain comme une sorte d'étalon-or. Les entreprises de Windsor-Essex qui exportent des biens peuvent donc profiter de la faiblesse du dollar canadien, car tout à coup, nos produits deviennent deux ou trois pour cent plus concurrentiels sur chaque devis, sur chaque ligne, explique-t-il.

« Donc, surtout pour les titulaires de contrats existants qui sont payés en dollars américains et dont les contrats ont été prénégociés, ils obtiennent maintenant une meilleure marge. »

— Une citation de  Justin Falconer, PDG de Workforce Windsor-Essex.

Pour les nombreux résidents qui travaillent aux États-Unis, cette hausse du billet vert est aussi une bonne nouvelle.

Les personnes qui reçoivent des chèques de paie américains et qui vivent et travaillent principalement au Canada seront les grands gagnants à mesure que le dollar canadien continuera de dégringoler par rapport au standard américain, poursuit M. Falconer.

Selon l'estimation la plus récente de la population de travailleurs frontaliers datant du recensement de 2016, 6695 personnes tiraient un revenu de l'extérieur du pays dans la région. Sur ce nombre, environ 80 % étaient des travailleurs frontaliers, selon Workforce Windsor-Essex.

Des emplois qui paient mieux

De nombreux professionnels, notamment ceux du secteur de la santé, travaillent déjà aux États-Unis. Si le dollar canadien reste faible par rapport au dollar américain, cela pourrait rendre cette possibilité encore plus attrayante, souligne par ailleurs M. Falconer.

À bien des égards, cela peut rendre notre marché du travail plus serré ici, constate-t-il. Nous avons déjà une main-d'œuvre en déclin. Il y a de moins en moins de personnes qui peuvent travailler par rapport à ce qui [était] historiquement disponible dans le passé.

Certains commerçants américains subissent aussi les effets de la baisse du huard.

Le restaurant Mexicantown, situé près du pont Ambassador, accepte la monnaie canadienne au pair deux fois par semaine. Selon le responsable du restaurant, l'offre a déjà fait face à des chutes beaucoup plus vertigineuses du dollar canadien. Même si les coûts ont augmenté, Bob DiMattia n'envisage pas de l'abandonner.

Nous sommes tout simplement ravis de voir plus de Canadiens traverser la frontière. C'est vraiment agréable de voir beaucoup de Canadiens revenir et de revoir de vieux visages, des visages familiers et amicaux. C'est génial, conclut-il.

Avec des informations de CBC

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