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Cancer et COVID : une Rouynorandienne critique la façon dont elle a été reçue à Gatineau

Michelle Thériault est assise à son bureau de travail.

Michelle Thériault qui doit recevoir des soins pour combattre un cancer, déplore la manière dont elle a été reçue à Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Luneau

Une femme de Rouyn-Noranda dénonce la façon dont elle a été accueillie alors qu'elle devait recevoir des soins contre le cancer à Gatineau au début du mois d'août.

Michelle Thériault n'a pas pu recevoir ses traitements de radiothérapie parce qu'elle a obtenu un résultat positif au test de dépistage de la COVID-19.

Tout commence le 1er août dernier, Michelle Thériault embarque dans la navette qui doit la mener jusqu'à Gatineau. Elle a passé un test de dépistage de la COVID-19 la veille, mais ne présente aucun symptôme.

Elle apprend au cours du trajet que le test est positif.

J’ai un coup de masse dans le front, relate-t-elle. Je me dis : "ça ne se peut pas, ils se sont trompés". Je lis le courriel et ils disent : "si vous devez aller à l’hôpital, présentez-vous et parlez avec la personne qui doit vous recevoir".

Le lendemain, elle se présente à son rendez-vous en oncologie avec son masque et informe le personnel du résultat positif de son test.

Écoute, la petite fille, elle se colle sur son mur, les mains dans les airs. "Non non non, sortez d'ici." J'ai dit un instant, je veux parler à une responsable. Je vous ai dit de sortir, raconte madame Thériault.

Elle aurait surtout aimé que quelqu’un lui explique ses options ou lui présente des alternatives.

Je pars de Rouyn, on s’entend que c’est 7 heures de route. Donnez-moi un équipement d’infirmière, je ne sortirai pas de ma chambre, faites-moi mes traitements la dernière de la journée, mais au moins je ne voulais pas me faire traiter comme ça. Je ne voulais pas faire de mal à personne, témoigne Michelle Thériault.

Par téléphone, Camille Brochu-Lafrance, agente d’information au CISSS de l’Outaouais, explique que les règles sont strictes dans les départements d’oncologie et qu’il est primordial de protéger les autres patients qui sont vulnérables.

Elle ajoute qu’un suivi a été fait auprès de Mme Thériault pour lui offrir d’autres dates de traitement. Elle a refusé de retourner à Gatineau. Elle espère pouvoir recevoir ses traitements à Rouyn-Noranda, alors qu’on ignore toujours quand le Centre de radio-oncologie pourra offrir de la radiothérapie.

Michelle Thériault retourne donc à l'Hôtellerie de la Fondation québécoise du cancer où elle est hébergée. S’ensuit une prise de bec avec le directeur de l’établissement.

J'ai dit c'est pas de ma faute, je suis venue ici sans le savoir. [Il répond] : "c'est Rouyn encore, c'est toujours comme ça que Rouyn travaille, à l'envers". Il me dit que ça soit de ta faute ou pas, là tu es pognée avec le COVID et tu n'as pas d'affaires ici, rapporte-t-elle.

La Fondation confirme par courriel que la politique des centres d’hébergement pour les patients en cancérologie est stricte, pour éviter la propagation de la maladie.

Il est primordial pour la Fondation québécoise du cancer de protéger contre l’exposition à la COVID-19 les patients atteints qui, parce qu’ils sont immunosupprimés, ont un risque accru d’être infectés. À cet effet, un patient chez qui la COVID-19 est positive sera retourné à la maison, explique-t-on par courriel.

Madame Thériault quitte alors l'établissement et se rend chez une nièce. Son conjoint viendra la chercher le lendemain. Elle quitte Gatineau sans avoir reçu de traitement.

Je voulais juste avoir des traitements. Je ne peux pas me faire recevoir comme j'ai été reçue. J'ai été couchée toute la semaine, raconte Michelle Thériault avec émotion.

Tu as vu comme je suis devenue émotive. C’est qu’on a tellement l’impression que c’est notre faute, que c’est nous qui avons fait quelque chose de mal et ce n’est pas ça. On est malade. On a besoin de compréhension et de compassion surtout, c’est pour ça que j’ai accepté de te parler, nous dit-elle.

Mme Thériault compte déposer des plaintes officielles auprès du CISSS de l'Outaouais et de la direction de l’Hôtellerie.

Michelle Thériault est assise à son bureau.

Michelle Thériault de Rouyn-Noranda dénonce la manière dont elle a été reçue alors qu'elle devait recevoir des soins contre le cancer à Gatineau au début du mois d'août.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Luneau

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