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Le Parti vert, Climat Québec ou Bloc Montréal : les tiers partis sont-ils assez visibles?

En plus des cinq principaux partis politiques, une vingtaine de formations s'activent à faire connaître leurs candidats et leurs idées. De ce nombre, le Parti vert du Québec et Climat Québec, dédiés à la cause environnementale, et le Bloc Montréal qui souhaite faire rayonner davantage la métropole.

Une main dépose un vote dans une urne.

Les tiers partis présentent 242 candidats, soit près de 30 % du nombre total de candidats en lice à l'élection générale du 3 octobre.

Photo : Élections Québec

C'était le soir du débat des chefs à Radio-Canada. À l'extérieur, à travers l'imposante sécurité, des groupes de pression et des militants manifestaient pancartes et banderoles à la main au son de la musique des Cowboys Fringants.

Parmi eux se trouvait le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell. Avec d'autres, il réclame une réforme du mode de scrutin. Son parti a obtenu près de 2 % des suffrages à l'élection générale d'octobre 2018. Si on avait eu un système proportionnel absolu, on aurait gagné deux sièges à l'Assemblée nationale et même plus si on considère le vote stratégique, soutient-il.

Il dénonce, par le fait même, la présence du chef du Parti conservateur du Québec au débat des chefs.

« Ça n'a aucun sens! Le Parti vert du Québec a reçu plus de votes que le Parti conservateur aux dernières élections. Malgré ça, son chef est au débat, alors que moi je suis dans la rue, sur le trottoir, à répondre aux questions. »

— Une citation de  Alex Tyrrell, chef du Parti vert du Québec
Le chef Alex Tyrrell tient une pancarte.

Au centre, le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell et la cheffe adjointe, Halimatou Bah, entourés de candidats lors de la marche pour le climat.

Photo : Radio-Canada / Karine Mateu

Le chef des verts reproche aussi l'absence de couverture médiatique. C'est déplorable, il n’y a eu aucun article sur le Parti vert dans les médias alors qu'on est rendu à la 25e journée de la campagne électorale, clame-t-il.

En 2018, son parti a obtenu près de 9000 votes de plus que le Parti conservateur du Québec, mais ce dernier a pu faire son entrée à l’Assemblée nationale lorsque l’ex-députée caquiste Claire Samson s'est jointe à la formation.

Selon Thomas Collombat, politologue et professeur de science politique à l’Université du Québec en Outaouais, elle a donné au Parti conservateur une plus grande visibilité. À partir du moment où on met un pied dans le Salon bleu, les médias et l'électorat ne vous regardent plus de la même façon. Le fait d'avoir une députée à l'Assemblée nationale lui a donné un statut différent, une audience différente et a fait en sorte qu’il puisse entrer dans le jeu, dit-il.

Écoutez le reportage de Karine Mateu à l'émission L'heure du monde sur les ondes d'ICI Première.

Climat Québec, un autre parti environnementaliste

En pleine campagne électorale, des marches pour le climat se sont tenues un peu partout dans le monde, dont une à Montréal. Un lieu de prédilection pour le Parti vert d'Alex Tyrrell, qui était sur place avec plusieurs de ses candidats, mais aussi pour Climat Québec dirigé par Martine Ouellet.

L’ancienne ministre péquiste et ancienne cheffe du Bloc québécois a réussi à recruter 54 candidats dans la province. Créé l’an dernier, son parti se dévoue, lui aussi, entièrement à la cause environnementale. On a créé Climat Québec parce que l'ensemble de l'offre politique ne convenait pas du tout. Elle n'était pas à la hauteur pour régler la crise climatique. Les marcheurs vont inciter les décideurs à avoir des actions radicales. Il y a une action radicale accessible aux citoyens : c’est de changer complètement la classe politique, soutient la cheffe.

Portrait de Martine Ouellet

Martine Ouellet, cheffe du parti Climat Québec et candidate dans Marie-Victorin

Photo : Radio-Canada / Karine Mateu

Selon elle, même si les grands partis incluent dans leurs plateformes électorales des mesures liées à l’environnement, ils demeurent incapables de se tenir debout devant les grands pollueurs.

« Les cinq partis sont incapables de faire face aux lobbies économiques. Et le dossier qui l'illustre le mieux, c'est la [Fonderie] Horne. »

— Une citation de  Martine Ouellet, cheffe de Climat Québec

Même Québec solidaire veut garder la Horne ouverte, alors que l’usine garroche du poison, de l'arsenic, sur la tête des citoyens. Il est à genoux et pourtant, il n'est que dans l’opposition, déplore-t-elle.

Malgré tout, il n’est pas facile pour le Parti vert et Climat Québec de se démarquer dans l'actuelle élection, croit le politologue Thomas Collombat.

Ces enjeux-là [comme l'environnement], qui habituellement sont portés par des tiers partis, sont présents dans le débat principal, donc, les médias et l'électorat ont moins d'intérêt pour les tiers partis. Par ailleurs, ce qui est intéressant, c'est que Québec solidaire, tout comme les partis qui l'ont précédé, ont longtemps été ces petits partis qui essayaient de se faire entendre dans les scrutins, qui essayaient de se faire inviter dans les débats, qui essayaient de faire élire certains députés, souligne-t-il.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

Bloc Montréal : défendre la métropole

Dans l’ouest de Montréal, au coin des rues Sherbrooke et Grey, les pancartes de Balarama Holness, chef de Bloc Montréal, sont bien visibles. L’ancien joueur de football, qui s’est fait connaître au municipal en briguant la mairie de Montréal, s’est lancé cette fois dans l’arène provinciale. Tout comme le fait le Bloc québécois pour le Québec à Ottawa, Bloc Montréal veut défendre la métropole à l’Assemblée nationale.

« Il ne faut pas être seulement qu'une créature de Québec. Il faut être reconnu, avoir plus d’autonomie, plus de pouvoirs et plus de ressources financières. »

— Une citation de  Balarama Holness, chef de Bloc Montréal

Montréal a beaucoup de potentiel, mais elle n’en a pas les moyens en ce moment, lance le chef.

Portrait de trois candidats

De gauche à droite : le candidat dans Saint-Henri–Sainte-Anne, Janusz Kaczorowsky, la candidate dans Westmount–Saint-Louis, Heidi Small, et le chef de Bloc Montréal et candidat dans Notre-Dame-de-Grâce, Balarama Holness.

Photo : Radio-Canada / Karine Mateu

Avec deux de ses candidats, Heidi Small, dans Westmount–Saint-Louis, et Janusz Kaczorowski, dans Saint-Henri–Sainte-Anne, le chef distribue des dépliants et discute avec les passants. La réception est bonne et les gens sont souriants et polis. Par hasard, deux personnes confient qu'ils vont voter pour Heidi, qui en est ravie. Elle qui habite dans le quartier croit que la proximité avec les électeurs fait la différence : Je suis d'ici, c’est une expérience très différente. Je fais tout à Westmount : j'achète des vêtements, je vais à la poissonnerie, à la boucherie, chez le médecin, tout. Je suis ici tous les jours.

Janusz renchérit. Je pense que Montréal est vraiment spéciale. On a un esprit multiculturel, multiethnique. Je me sens montréalais avant tout, dit-il avec fierté.

L'important, c'est la qualité des candidats et non pas le nombre, défend Balarama Holness, dont le parti n'en compte que 13. On aurait pu avoir des candidats poteaux, mais on a plutôt décidé que chaque candidat aurait des ressources. J'aime mieux faire élire quatre candidats sur 13, qu'aucun sur 50!

Tout comme le chef du Parti vert, il juge que les médias ne donnent pas suffisamment de places aux petits partis, mais aussi les stigmatisent. Nous avons une plateforme intéressante sur la santé, l'éducation, mais les médias ne les prennent pas et nous caractérisent comme un parti anglophone qui manifeste. Oui, on est contre la loi 96, mais pas contre le français. Ça peut être dangereux. J’ai reçu des menaces de mort par le passé. Il faut faire attention, plaide-t-il.

Pour Thomas Collombat, il est intéressant pour un petit parti de cibler un enjeu particulier, mais son expansion demeure alors limitée tout comme son poids au sein d'un gouvernement majoritaire. Cela étant dit, selon lui, tous ces tiers partis peuvent avoir une influence sur l’issue du vote.

Bloc Montréal tout comme le Parti canadien du Québec peuvent enlever quelques voix au Parti libéral et pourraient contribuer à ce que la CAQ ou un autre parti l'emporte. Même chose pour le Parti vert et Climat Québec dans des circonscriptions où Québec solidaire pourraient l'emporter.

Les tiers partis présentent 242 candidats, soit près de 30 % du nombre total de candidats en lice.

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