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Non, ce n’est pas sécuritaire à Rouyn-Noranda, rétorquent des médecins à Legault

L'entrée de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda.

Les déclarations de François Legault ont fait bondir trois médecins de la région de Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Un groupe de médecins de la région de Rouyn-Noranda accuse le chef caquiste François Legault d'avoir induit la population en erreur dans le dossier la Fonderie Horne lors de son récent passage à l'émission Tout le monde en parle.

Dans une lettre ouverte publiée mardi, ces membres du comité IMPACTE (Initiative médicale pour une action contre la toxicité environnementale), les docteurs Frédéric Bonin, Marie-Pier Lemieux et Clodel Naud-Bellavance, pressent le prochain gouvernement de resserrer fortement les normes imposées à Glencore, l'entreprise propriétaire de cette usine abitibienne controversée.

Selon les signataires, le premier ministre sortant a déclaré, lors de son passage à la télévision publique dimanche, que la santé publique dit que c'est sécuritaire à propos des niveaux de pollution à Rouyn-Noranda.

La santé publique n'a jamais dit que "c'est sécuritaire", rétorquent les médecins.

Au dire de ces médecins, la santé publique a plutôt statué que la norme de 15 ng/m3 d'arsenic dans l'air, mise en avant par Québec, serait sécuritaire pour les enfants à naître et pour les jeunes si les seuils d'émissions quotidiens étaient respectés, y compris dans le cas d'autres métaux lourds comme le plomb et le cadmium.

Or, les experts soulignent que cette norme doit être atteinte d'ici cinq ans. Elle n'est en outre accompagnée d'aucune mention sur les seuils quotidiens, sur les autres métaux lourds rejetés par les activités de la fonderie ou encore sur une baisse de la norme d'émissions en vigueur pour éventuellement atteindre le plafond québécois de 3 ng/m3.

Un plan criblé de trous

Ce ne sera donc pas "sécuritaire" non plus pour les enfants avant au moins cinq ans. Et il ne sera pas possible de dire que c'est "sécuritaire" pour la population générale non plus, quant au risque d'excès de cancer, avant un nombre indéfini d'années, martèlent les médecins.

Pour assurer une « véritable » sécurité, les signataires de la lettre plaident non seulement pour l'atteinte de la limite de 3 ng/m3 dans les délais les plus rapides possibles [...], soit d'ici cinq ans maximum, mais aussi pour le respect des seuils en ce qui a trait à tous les métaux. Les signataires demandent également que la décontamination des sols soit effectuée très rapidement.

Ils rejettent également l'argument avancé par François Legault selon lequel il faut trouver un équilibre entre la protection de la santé de la population et le maintien des activités de l'usine de Glencore. Le chef caquiste a effectivement déclaré, à Tout le monde en parle, que la fonderie Horne représentait 650 emplois bien payés, et que c'est aux gens de Rouyn-Noranda à décider s'ils veulent ou non que l'entreprise reste ouverte.

Les experts indiquent plutôt penser qu'il est possible, pour notre région, d'assurer une activité économique forte et innovante, le tout dans un environnement sain où tous les citoyens pourront naître et grandir en sécurité.

Les trois médecins disent souhaiter rencontrer le chef caquiste, qui doit se rendre à Rouyn-Noranda le jeudi 29 septembre.

Avec les informations de Thomas Gerbet

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