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Le retour d’Un gars, une fille : adapter Guy et Sylvie à la nouvelle génération 

Dans une scène de la série «Un gars, une fille», Guy A. Lepage et Sylvie Léonard sont habillés en joueurs de baseball devant un grillage.

Guy A. Lepage et Sylvie Léonard formeront de nouveau un couple au petit écran en 2023.

Photo : Avanti Ciné Vidéo

Radio-Canada

Le retour d’Un gars, une fille après deux décennies pourrait susciter certaines interrogations auprès du grand public. Premièrement, pourquoi prendre le risque de faire revivre une production à l’héritage déjà bien assuré? Puis, en filigrane, comment les personnages de Guy et Sylvie s’intégreront-ils dans cette nouvelle ère où plusieurs efforts sont faits pour repenser les dichotomies qui ont fait la marque de commerce de la série? 

Guy A. Lepage a tenté de répondre à ces deux questions en marge du dévoilement de presse de Radio-Canada lundi. Il savait qu’Un gars, une fille célébrait cette année un quart de siècle depuis la diffusion de son premier épisode à Radio-Canada, mais il avoue qu’il n’avait aucune intention d’en faire une suite.

C’est finalement l'enthousiasme d’un journaliste de La Presse qui lui a donné l’envie de repartir la machine. Dominic Tardif m’a appelé au printemps pour les 25 ans de l'émission [...] et il a terminé son entrevue en me demandant si un retour d’Un gars, une fille était envisageable, se rappelle Guy A. Je lui ai dit : "Le sujet est clos, ça s’est terminé avec une vraie fin et je ne vois pas pourquoi on ferait ça." 

Ce n’est que le lendemain que le hamster s’est mis à rouler dans la tête de Guy A. Lepage. Ce dernier a vite réalisé le parallèle entre sa propre évolution, celle de sa collègue de jeu Sylvie Léonard et, enfin, celle des personnages de Guy et Sylvie, déjà fortement inspirés par le parcours personnel de leurs interprètes. 

On a des enfants qui sont de la jeune génération, avec des préoccupations de leur époque; on a des confrontations parent-enfant; bref, je me suis rendu compte qu’il y avait [encore] plein de sujets [à traiter], explique Guy A. Lepage. 

En tournage dans un restaurant, Sylvie Léonard et Guy A Lepage regardent une scène sur un moniteur.

Le tournage d'«Un gars une fille» est déjà commencé.

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Guy et Sylvie : pas trop en décalage, mais toujours un coup en arrière 

Les scripts des 130 épisodes de la première mouture d’Un gars, une fille avaient peut-être, en rétrospective, la qualité de leurs défauts, au regard de l’évolution des mentalités. Si les textes ont été repris dans plus de 30 pays, c’est en partie grâce à l’universalité de leur représentation assez linéaire des relations hommes-femmes, adaptable à toutes les sauces.

Mais deux décennies plus tard, les personnages de Guy et de Sylvie, tout comme leurs interprètes dans la vraie vie, ont largement évolué. S’ils ne sont pas toujours au parfum des dernières revendications sociales, ils ont une sincère soif d'apprentissage, d’autant plus que leurs enfants leur remettent sans cesse en pleine figure leurs quatre vérités. 

Premièrement, sans trop vendre le punch, on a une fille adoptée qui est tout sauf binaire et qui nous "challenge" beaucoup. [...]  Elle est très militante et spectaculairement différente de nous, explique Guy A. Lepage. Rappelons que, lors de la finale d’Un gars, une fille, en 2003, on avait vu le couple adopter une petite fille et Sylvie tomber enceinte d’un garçon au même moment. 

Le rôle de Sylvie Léonard a aussi vécu, entre 1997 et 2003, une grande évolution, comme le rappelle Guy A. Lepage. Elle est passée d’une jeune femme un peu insécure à une entrepreneure et créatrice d'un magazine. Au début des nouveaux épisodes, elle termine son doctorat en sexologie. Le couple est ouvert aux nouvelles réalités, mais il s’aventure dans le Montréal de la nouvelle génération un peu à tâtons; maladroit, mais volontaire. 

« On a très bien compris, Sylvie et moi, où on se situait sur l’échiquier de cette nouvelle réalité-là. On ne voulait pas faire les parents quétaines, ou offusqués parce que leurs enfants font des choses qu’ils ne faisaient pas. »

— Une citation de  Guy A. Lepage

Ça les rend sympathiques, parce qu’ils sont ouverts; ça les rend drôles, parce qu’ils sont juste un peu à côté de la track. Ils ne sont pas quétaines, ils ne sont pas réac, mais ils sont un peu off.

Une facture visuelle modernisée, mais fidèle au passé 

Si les blagues et les thèmes ont été adaptés en fonction des 20 années qui ont passé, Guy A. Lepage et son coréalisateur Jean-François Fontaine ont toutefois voulu faire des clins d'œil au passé dans les aspects visuels et sonores de la série. 

Mélanie Campeau [conjointe de Guy A. Lepage et coproductrice de l’émission] a fait référence à la suite de Top Gun, c’est-à-dire que tu retrouves tous les éléments vintage, mais modernisés, explique l'acteur et animateur. Ça raconte des histoires plus complètes, mais c’est toujours tourné en plan-séquence, ce qui est une difficulté, mais aussi notre marque de commerce.

La suite d’Un gars, une fille, qui sera pour l’instant écumée en quatre épisodes de 30 minutes, sera dévoilée au grand public en 2023. Guy A. Lepage affirme toutefois que si le succès est au rendez-vous, rien n’empêche une relance de la série à plus long terme.

Ce texte a été écrit à partir d'une entrevue réalisée par Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à l'émission Tout un matin. Les propos ont pu être édités à des fins de clarté ou de concision.

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