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Tempête Fiona : des ostréiculteurs non assurés doivent absorber des pertes

Deux employés vêtus d'une salopette orange réalignent les poches dans l'eau à partir de leur bateau.

Des employés de l'entreprise Huîtres Aquador réalignent les poches d'huîtres.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

Poches d'huîtres déplacées, bouées perdues et câbles arrachés, les ostréiculteurs ne peuvent pas ignorer le passage de la tempête Fiona en fin de semaine. Qu’ils aient perdu peu ou beaucoup, ils doivent assumer les pertes dans leur entièreté, incapables de faire assurer leur équipement tout en maintenant leur entreprise à flot.

Ce lundi matin grisâtre sur la rivière Saint-Charles à Aldouane, au Nouveau-Brunswick, des employés vêtus d’une salopette orange à bord de bateaux remettent en place les poches d'huîtres. Les poches sont normalement bien alignées, mais la tempête Fiona les a déplacées et entremêlées.

Des poches d'huîtres sur l'eau, entremêlées.

Des poches d'huîtres entremêlées

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

Ensuite, il faudra rapidement essayer de retrouver les poches qui ont disparu et qui se trouvent peut-être dans la forêt. Au bout de quelques jours à l’extérieur de l’eau, les huîtres risquent de mourir.

Selon un bilan provisoire, les pertes de l’entreprise Huîtres Aquador se chiffrent déjà en milliers de dollars. Une poche, huîtres et flotteurs compris, vaut environ 100 $.

Mais, ça ne décourage pas son propriétaire, Serge Gaudet.

Serge Gaudet dirige son bateau entre les poches d'huîtres.

Serge Gaudet aux commandes de son bateau

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

C'est une partie du métier. C'est pas la première fois que ça arrive. Ça arrive à toutes les quelques années. On a des tempêtes moins graves, mais c'est quelque chose qu'il faut prévoir comme industrie, dit celui qui est à la tête de son entreprise depuis 22 ans.

S’assurer coûte trop cher

L’entreprise Huîtres Aquador devra assumer l'entièreté des pertes. Selon M. Gaudet, les compagnies d’assurances exigent des primes trop importantes pour les payer et maintenir son entreprise à flot.

Selon plusieurs ostréiculteurs, il est abordable d’assurer de l’équipement tant qu’il se trouve sur la terre. Mais, dès qu’il est mis à l’eau, s’assurer coûte trop cher. Ils évoquent tous un risque trop important aux yeux des compagnies d'assurances, un avis partagé par l’Association des mollusques du Nouveau-Brunswick.

Le quai flottant dans la rivière.

Le quai de l'entreprise Huîtres Aquador s'est détaché et brisé pendant la tempête.

Photo : Gracieuseté de Dia Gaudet

Michèle Pelletier, la défenseure du consommateur en matière d’assurances, croit que le nombre d’assurés potentiels est aussi en cause.

L'assurance est basée sur le risque et, comme on le dit, ce sont les primes de plusieurs qui paient pour les pertes de peu d'assurés​. Or, dans ce domaine, il [...] y aurait peu d'assurés. C'est donc pourquoi les primes seraient élevées, explique-t-elle par courriel.

Plus de peur que de mal

La tempête Fiona a inquiété Jean-Marc Poirier, un ostréiculteur notamment établi à Cocagne, qui ne peut pas non plus se permettre d'assurer l’équipement sans mettre en péril son entreprise.

Jean-Marc Poirier.

Jean-Marc Poirier

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

Ça dormait pas trop pareil. C'est inquiétant. Puis même au temps de la tempête, puis le lendemain matin surtout, tu essayes de voir de la côte, avec des longues-vues, c'est quoi les dégâts, résume le propriétaire d’Aquaculture Sud-Est qui a investi des millions de dollars pour agrandir son entreprise et s’offrir de l’équipement de qualité.

L’une de ses cages, y compris les six poches qu’elle contient, les flotteurs et les huîtres, peut valoir environ 1000 $.

Des cages bien alignées dans l'eau.

Les cages de Jean-Marc Poirier

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Jean-Marc Poirier

Si la tempête avait dû détruire de manière importante ses installations d'aquaculture, il reconnaît que c'est la survie de son entreprise qui aurait été en jeu et il aurait dû assumer les pertes avec, au moins, un peu d’aide. En plus de la difficulté de s’assurer, les ostréiculteurs ne possèdent pas de fond commun en cas d’urgence.

Il y aurait peut-être de l'aide du gouvernement si quelque chose comme ça arriverait, dit-il.

Les ostréiculteurs Jean-Marc Poirier et Serge Gaudet espèrent surtout qu’ils n’auront pas à faire face à d’autres tempêtes avant la fin de la saison, à laquelle il reste plus ou moins un mois.

C'était pas un bon timing. Nous, c’est notre période la plus achalandée. Alors, c’est certain que ça va avoir un effet sur les chiffres finaux, explique M. Gaudet.

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