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La police de Laval sur le dos des criminels qui « terrorisent la population »

Les images d'une webcaméra montrent une auto en train de circuler. On voit sortir une main qui semble tenir une arme de poing.

Jemsley Olivier Printemps Sanon, qu'on présume être en train de tirer sur une voiture sur la photo ci-dessus, a été accusé de tentative de meurtre, de décharge d'une arme à feu avec intention de nuire et de possession d'une arme à feu à autorisation restreinte.

Photo : capture d'écran

Il y a moitié moins de coups de feu qui ont été tirés à Laval jusqu'ici cette année qu'à pareille date en 2021, selon les données du service de police. Le directeur Pierre Brochet affirme avoir pris les moyens nécessaires pour que les criminels armés sur son territoire sentent qu'ils ne sont pas les bienvenus.

Laval, c'est une population d'environ 450 000 habitants. On a un noyau d'une cinquantaine d'individus qui sont violents et qui se promènent avec des armes à feu. À eux seuls, ils créent beaucoup d'insécurité, analyse le chef de police de Laval.

La direction de la police de Laval a dressé un constat positif du premier bilan annuel du Projet Paradoxe. En raison de stratégies coordonnées sur le terrain avec des partenaires communautaires et policiers, le nombre de coups de feu a diminué de 52 % à Laval comparativement aux chiffres de l'an dernier à pareille date, mentionne le SPL.

Une dépouille est couverte d'un drap derrière un cordon de sécurité la nuit.

La police de Laval estime que 87 % des victimes de meurtre par arme à feu sur son territoire avaient des liens avec une organisation criminelle ou avec un gang de rue.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Wagner

Nos enquêteurs sur le terrain leur ont passé le message qu'on serait sur leur dos. Ce n'est pas vrai qu'une gang de bums va venir faire la loi et l'ordre dans notre ville. On va s'arranger pour les arrêter. À leur sortie de prison, on va les accueillir. On va aussi faire des suivis s'ils ont l'intention de récidiver, a ajouté Pierre Brochet.

Plus d'arrestations, moins de coups de feu

Nombre de décharges d'armes à feu

  • 2022 : 13
  • 2021 : 27


Nombre d'armes à feu saisies

  • 2022 : 39
  • 2021 : 31


Nombre d'arrestations relatives à des armes à feu

  • 2022 : 29
  • 2021 : 27


Nombre de douilles retrouvées au sol

  • 2022 : 27
  • 2021 : 124

Le Service de police de Laval affirme que 74 % des coups feu tirés sur son territoire ces derniers mois ont impliqué des gangs de rue connus ou émergents. Les autres types d'organisations criminelles ont été à l'origine de 26 % de la violence armée.

Quand on sait que des individus sont impliqués dans la violence armée, on ne tente pas de les arrêter sur une possession d'arme prohibée. On va les frapper là où ils tirent leurs revenus, qui servent à financer leurs activités et à acheter des armes à feu, a renchéri Jean-François Rousselle, assistant directeur et responsable des enquêtes criminelles à la police de Laval.

Deux hommes en uniforme autour d'une table.

Le directeur de la police de Laval, Pierre Brochet, en compagnie de son assistant directeur, Jean-François Rousselle, chargé des enquêtes criminelles.

Photo : Radio-Canada / Khaled Yeddes, caméraman

Sans surprise, les gangs de rue tirent leurs revenus de la fraude, de l'exploitation sexuelle et de la vente de stupéfiants. Ce sont donc là les principales activités criminelles ciblées par les policiers.

« Il faut que ces bandits qui terrorisent notre population sentent qu'en tant que policiers, on ne va pas tolérer ça. »

— Une citation de  Pierre Brochet, directeur du Service de police de Laval

Le renseignement criminel demeure l'outil le plus précieux pour les policiers. La direction de la police de Laval n'hésite pas à affirmer que les interceptions de véhicules et les interpellations demeurent essentielles pour saisir des armes illégales avant qu'elles ne servent à commettre des crimes violents.

Nous avons des policiers qui suivent de la formation continue au niveau comportemental. On apprend à nos policiers le langage du corps quand un individu marche avec une arme dissimulée. Nous connaissons aussi nos sujets dans les enquêtes criminelles. On ne parle donc pas de profilage racial ici mais de profilage criminel, précise le chef de police.

De 2020 à 2021, près de 70 % des coups de feu sont survenus en plein jour ou durant la soirée. Nous n'étions plus dans les crimes de nuit, comme auparavant. Ce qui est nouveau aussi, comme dans d'autres grandes villes, c'est de voir des mineurs, âgés de 16-17 ans, armés et sans antécédents criminels. C'est déplorable de constater que beaucoup de vétérans de la rue, qui s'exposent à des peines pour adultes, les recrutent pour qu'ils tirent à leur place, a renchéri son assistant directeur, Jean-François Rousselle.

La direction de la police de Laval a rencontré des représentants des médias pour faire le point sur la violence armée.

La direction de la police de Laval a rencontré des représentants des médias pour faire le point sur la violence armée.

Photo : Radio-Canada / Khaled Yeddes, caméraman

Comment les armes sont saisies

  • Interpellations : 45 %
  • Interventions à la suite d'un appel au 911 : 36 %
  • Perquisitions : 6 %
  • Signalements de citoyens : 6 %

Prévention et répression chez les jeunes

Le Projet Paradoxe a permis à la police de Laval de s'allier à 20 organismes communautaires sur son territoire en siégeant à la Table lavalloise sur la criminalité juvénile et sur la violence urbaine.

La direction de la police de Laval affirme avoir organisé 29 activités pour rapprocher la police des jeunes dans les quartiers défavorisés. Plus de 11 groupes de discussion avec des adolescents ont eu lieu pour parler de la violence armée. Surtout, le projet de boxe est une des fiertés de la direction du SPL.

C'est un projet qui gagne en popularité. Grâce à la boxe, on est en train de sortir de la criminalité des jeunes judiciarisés. On veut changer l'expérience qu'ils ont avec la police, se réjouit Pierre Brochet.

Depuis peu, le Service de police de Laval n'hésite plus à diffuser les photos de suspects accusés de crimes violents commis avec une arme à feu.

Il y a une dizaine d'années, on ne rendait rien public, parce qu'on ne voulait pas contribuer à la glorification des gangs de rue. Aujourd'hui, les jeunes se glorifient eux-mêmes avec les réseaux sociaux. Nous croyons qu'il est important de leur rappeler qu'il y a des conséquences graves lorsqu'on adopte le mode de vie d'un gang de rue criminel, a expliqué Pierre Brochet.

Des publications du Service de police de Laval montrent deux membres présumés et arrêtés de gangs de rue.

La police de Laval a diffusé les photos de Jonathan Estimé (droite) et de Jemsley Olivier Printemps Sanon (gauche) pour rappeler les conséquences aux jeunes qui sont tentés d'adopter le style de vie criminel des gangs de rue.

Photo : Gracieuseté : Service de police de Laval

À preuve, la photo de Jemsley Olivier Printemps Sanon, 25 ans, qui aurait tiré en plein jour sur la rue Dumouchel en mai dernier, a été fournie aux médias le mois dernier.

Jonathan Estimé, arrêté en juillet en possession de pistolets Glock avec chargeurs à haute capacité, a lui aussi subi le même sort.

Bien que la violence armée soit volatile, peu importe la ville, la police de Laval attribue son bilan positif en matière de violence armée à la stratégie nationale Centaure, qui a permis de consolider davantage la collaboration des corps policiers au Québec en matière d'enquêtes.

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