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Culture personnelle de cannabis : le chef de police de Trois-Rivières dénonce des failles

Des plants de cannabis à la maison.

Santé Canada avait accordé environ 11 000 permis de production personnelle de cannabis au Québec en décembre 2021.

Photo : iStock

Radio-Canada

La culture de cannabis à des fins médicinales chez des particuliers cause des maux de tête au service de police de Trois-Rivières. Le directeur de la police, Maxime Gagnon, affirme que le crime organisé profite de cette réglementation et que ceux qui détiennent des permis enfreignent les conditions qui y sont liées.

Il fait remarquer que le nombre de permis accordés pour la culture de marijuana à des fins médicinales a augmenté ces dernières années. En octobre 2018, un peu moins de 4500 personnes avaient un permis de Santé Canada pour produire du cannabis pour leur propre consommation au Québec. En décembre 2021, ils étaient environ 11 000 (voir le tableau ci-dessous).

Le problème avec ces permis, c'est qu’ils sont souvent émis à des gens qui sont reliés au crime organisé, a déclaré le directeur de la police de Trois-Rivières, Maxime Gagnon, en entrevue à l’émission Toujours le matin.

Selon lui, la police n’a pas tous les outils nécessaires pour bien faire son travail. Ce qui nous rend la tâche un peu plus difficile dans ces dossiers-là, c’est que nous n’avons pas accès à un registre qui nous permettrait de savoir de façon globale qui, dans la ville de Trois-Rivières, détient des permis de culture, soutient-il.

Pour avoir accès à ces informations-là, il faut qu’une enquête soit en cours et que le dossier soit avancé. À ce moment-là, on peut faire des démarches auprès de Santé Canada et avoir l’information, explique-t-il. Mais à la base, on n’est pas capables d’avoir un registre complet qui nous permettrait de gagner du temps et de savoir où s’enligner pour nos enquêtes.

La consommation et la vente de marijuana à des fins récréatives sont légales depuis octobre 2018 au Canada. La plupart des Canadiens peuvent cultiver jusqu’à quatre plants de cannabis à la maison. Le Québec a toutefois maintenu l’interdiction de cultiver du cannabis sans avoir obtenu au préalable un permis pour en faire la production à des fins médicinales.

Maxime Gagnon déplore aussi que des gens produisent plus de plants que ce qui leur est autorisé. Il affirme que la police de Trois-Rivières a souvent été aux prises avec ce genre d’infraction.

Des agents ont notamment eu affaire à un homme qui avait l’autorisation de cultiver 130 plants. 130 plants de cannabis, ce n‘est sûrement pas pour une consommation personnelle, a déclaré le directeur de police.

M. Gagnon affirme que l’Association des directeurs de police du Québec a fait part de ses diverses revendications au gouvernement fédéral sans obtenir de changement.

Un militant dénonce des préjugés

Le candidat indépendant aux élections provinciales dans Laviolette—Saint-Maurice et ancien chef intérimaire du Bloc Pot, Jean-Patrick Berthiaume, trouve exagéré qu'on fasse un lien entre le crime organisé et l'ensemble des détenteurs de permis.

« J’en ai marre qu’on ait un [préjugé] qui, immédiatement, est associé à un crime. »

— Une citation de  Jean-Patrick Berthiaume
Jean-Patrick Berthiaume devant un micro de Radio-Canada lors d'une entrevue à Shawinigan.

Le candidat indépendant dans Laviolette—Saint-Maurice et ancien chef intérimaire du Bloc Pot, Jean-Patrick Berthiaume, est notamment propriétaire d’une compagnie de micro-production de cannabis.

Photo : Radio-Canada

Selon lui, la grande majorité des gens cultivent des plants de cannnabis pour eux-mêmes. Toutes les personnes que je connais, dont moi, n’ont pas typiquement une mentalité de revendre, puisque c’est très complexe à faire pousser, affirme M. Berthiaume, qui est aussi propriétaire d’une compagnie de micro-production de cannabis.

Je ne vois pas de lien entre autre chose que la maladie, le besoin d’être soigné, ajoute-t-il.

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