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Cercle de feu : rare sortie des Premières Nations en faveur du projet

Vue aérienne d'un site d'exploitation minière.

Le Cercle de feu est un gisement de métal dans le Nord de l'Ontario dont l'exploitation est controversée.

Photo : Noront Resources

Les deux chefs des Premières Nations qui participent au projet de développement du Cercle de feu ont publié mardi des mises à jour sur l’avancement des projets de routes qui vont desservir le projet minier, dans le cadre du tout premier forum sur les projets pilotés par les Autochtones qui a lieu à Toronto.

Les chefs Bruce Achneepineskum de Marten Falls et Cornelius Wabasse de Webequie sont les représentants des communautés autochtones qui participent au processus d’évaluation environnementale des trois projets de route d’accès au Cercle de feu.

Ils ont donné lors de cette mise à jour un rare accès au point de vue des Premières Nations qui sont en faveur du controversé projet de développement du gouvernement Ford.

Ces Premières Nations sont engagées dans un processus de deux ans d’évaluations environnementales, et sont actuellement en train d’évaluer les répercussions d’autres tracés que celui qui est actuellement proposé.

Les études sur le terrain, qui sont exécutées en utilisant les savoirs autochtones, se penchent majoritairement sur la présence d’oiseaux et sur les cours d’eau qui se trouvent dans les secteurs concernés par le tracé.

Les Premières Nations font affaire avec la firme environnementale AECOM pour effectuer ces études sur le terrain.

Le chef Bruce Achneepineskum de la Première Nation de Marten Falls en Ontario.

Le chef Bruce Achneepineskum de la Première Nation de Marten Falls en Ontario

Photo : Radio-Canada / Jody Porter CBC

La dernière étape des études sur le terrain, soit la mise en place de puits visant à mesurer la fluctuation annuelle des eaux souterraines, devait commencer en septembre, selon le site de projet du lien routier.

L’étape suivante sera la révision complète du processus d’évaluation par tous les intervenants concernés, soit le fédéral, le provincial et les deux Premières Nations.

Cette partie du processus est déterminante pour la suite des choses, selon Lawrence Baxter, conseiller pour la Première Nation de Marten Falls.

Lorsque nous aurons tous nos documents, nous allons pouvoir les soumettre aux dirigeants et nous devrons attendre leur verdict. Nous voulons vraiment éviter qu’ils nous répondent : ce n’est pas suffisant, vous devez recommencer, indique M. Baxter.

Une brochure du forum sur une table.

Le forum sur les projets pilotés par les Autochtones a mené à des discussions sur l'avancement des routes qui mènent au Cercle de feu.

Photo : Radio-Canada

Il s’agit de la première fois qu’un exercice d’évaluation d’impact est mené par des communautés autochtones sans un partenariat du gouvernement ou du secteur privé, indique quant à elle Ariane Heisey, qui représente le secrétariat du Cercle de feu au sein du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario

Quand on y pense, les Premières Nations mènent de front six évaluations environnementales en même temps, ce qui est incroyable, ajoute-t-elle.

Chacune des trois routes qui vont être construites dans le cadre du Cercle de feu est soumise à deux évaluations d’impact.

Un lien routier crucial pour l’économie

Pour ces communautés autochtones, la construction de trois routes, qui vont permettre de connecter les Premières Nations au reste de la province avec un lien routier permanent, est un projet très important, selon M. Achneepineskum.

La promesse de construction d’une route est très attirante pour nos membres, notamment pour des raisons d’accès à la santé, à l’éducation; pour l’accès à des médecins, nos communautés ont besoin de cette infrastructure, affirme-t-il.

Selon lui, les communautés de la région du Cercle de feu ne peuvent plus se fier aux routes de glace qui sont seulement ouvertes en hiver et qui pourraient être endommagées par les changements climatiques.

Il rappelle que l’hiver dernier, la communauté a dû faire venir 30 chargements de matériel très lourd pour réaliser certains projets.

Nous croisons nos doigts et nos orteils à chaque fois que tous les chargements sont en route pour qu'ils soient capables de traverser tous les lacs et les ruisseaux gelés pour arriver jusqu’ici, ajoute-t-il.

C’est pourquoi ces deux communautés autochtones d’environ 1900 personnes tiennent mordicus à la construction de ces routes comme condition au développement du Cercle de feu.

Cornelius Wabasse rappelle quant à lui que les communautés touchées par le Cercle de feu ont dû agir pour obtenir sa part du gâteau et défendre leurs intérêts.

Le chef de Webequie Cornelius Wabasse dans un bureau.

Le chef de Webequie, Cornelius Wabasse

Photo :  CBC

Il y avait une ruée vers l’exploration dans la région, nous avons vu ça comme une opportunité de faire partie du Cercle de feu, mais on ne faisait pas partie de cette ruée, alors nous avons bloqué l’accès à la région et nous avons demandé d’être inclus dans le processus, rappelle M. Wabasse.

Nous espérons que nous allons nous développer et prospérer, parce que nous avons beaucoup d’enjeux à régler dans nos communautés, et nous espérons pouvoir nous attaquer à ces enjeux, ajoute M. Wabasse.

Nous voulons simplement profiter économiquement de ce développement, nous exerçons simplement nos droits territoriaux dans la région, dit-il.

Avec les informations d'Aya Dufour

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