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Itinérance et logements sociaux : deux enjeux indissociables dans Abitibi-Est

Révélé au grand jour pendant la pandémie, le phénomène de l’itinérance inquiète et mobilise la communauté de Val-d’Or.

Une couverture dépliée sur un banc de parc touche aussi le sol.

Le phénomène de l'itinérance est de plus en plus remarqué au centre-ville de Val-d'Or.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

En plus de soutenir les actions de la Ville et des organismes, le prochain député d’Abitibi-Est devra aussi s’attaquer au manque de logements abordables, un facteur important dans cette problématique complexe.

La question du logement est à mes yeux l’aspect principal dans l’itinérance. On manque déjà de logements abordables et on commence à voir de plus en plus d’endroits généralement plus modiques être convertis en lofts. Toute conversion vient diminuer la possibilité de sortir quelqu’un de la rue. On a des gens qui restent à La Piaule, qui travaillent tous les jours, mais qui ne peuvent pas se payer un loyer. Je compte les jours avant qu’on voie des familles devenir itinérantes. Si on n’améliore pas notre taux d’inoccupation, ça va arriver, souligne Stéphane Grenier, président de La Piaule.

Tout comme Stéphane Grenier, la mairesse de Val-d’Or, Céline Brindamour, se réjouit de la grande collaboration qui se vit à Val-d’Or entre les partenaires en itinérance, tout comme du financement de plusieurs projets par Québec au cours des dernières années.

C’est un dossier qui nous inquiète dans notre quotidien, mais il y a de bonnes choses qui se font, comme le financement pour le site de débordement ou encore le Château de Marie-Ève, rappelle la mairesse. Mais il y a encore des bris de services pour les itinérants dans la rue. Si on pouvait avoir des argents additionnels des gouvernements, on pourrait s’assurer qu’ils aient des endroits pour aller dans le jour, plutôt que de se promener dans les parcs sans avoir accès à tous les services.

La façade du Château de Marie-Ève n'est pas terminée.

Le Château de Marie-Ève est construit pour offrir un toit à prix modique sur la 3e Avenue à des personnes susceptibles de vivre en situation d’itinérance.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

La communauté d’affaires de Val-d’Or se dit elle aussi préoccupée par le phénomène de l’itinérance, bien visible devant les commerces de la 3e Avenue.

La situation inquiète les citoyens, mais aussi les commerçants. On met beaucoup d’efforts pour favoriser l’achat local et on veut que les gens se réapproprient le centre-ville. On sait que c’est un phénomène complexe et que le travail devra se faire sur plusieurs années pour favoriser la cohabitation et l’aide aux populations vulnérables. Le député doit jouer un rôle de soutien aux efforts du milieu et aussi s’assurer que les moyens mis en place par Québec soient adaptés à la réalité de l’itinérance qui est vécue ici, précise Valérie Gourde, présidente de la Chambre de commerce de Val-d’Or.

La position des candidats

La question de l’itinérance et des logements sociaux s’est bien évidemment retrouvée au cœur de la campagne électorale dans Abitibi-Est.

Le candidat de Québec solidaire, Benjamin Gingras, a d’ailleurs choisi d’en faire l’une de ses grandes priorités.

Benjamin Gingras écoute attentivement un candidat pendant le débat.

Benjamin Gingras souhaite un meilleur financement des organismes oeuvrant en itinérance. (archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Dans mon pacte solidaire, je propose de jouer un rôle de concertation et de ralliement autour des projets pour résoudre cette crise de l’itinérance à Val-d’Or et Senneterre, rappelle-t-il. Oui, augmenter l’offre de logements fait partie de la solution et nous proposons 1100 logements sociaux dans la région. Mais les organismes nous parlent aussi du besoin de plus de soutien pour les intervenants dans le réseau. Les organismes ont de beaux projets, mais des ressources limitées. Il faut augmenter leurs conditions de travail et leur soutien financier.

Le libéral Jean-Maurice Matte, dont le parti promet 750 nouveaux logements sociaux dans la région, milite lui aussi pour un meilleur appui du député envers les acteurs du milieu.

Jean-Maurice Matte discute avec les gens présents pour son annonce, dont le candidat dans Abitibi-Ouest, Guy Bourgeois.

Jean-Maurice Matte se présente pour le Parti libéral du Québec dans Abitibi-Est. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Il y a des solutions sur table, tant du côté de la Ville de Val-d’Or que de ses partenaires, avance-t-il. Le rôle du député est d’accompagner ces solutions-là, pas de renier le problème. La Ville a besoin d’un député qui va être partie prenante des décisions travaillées par le milieu. Ça veut souvent dire plus d’argent, mais c’est aussi une question de coordination des actions. Il ne faut pas tomber dans la répression, mais être en recherche de solutions.

Candidat pour la Coalition avenir Québec, le député sortant Pierre Dufour se dit fier du bilan des quatre dernières années, qui ont permis de financer des projets en itinérance, notamment à La Piaule de Val-d’Or.

Pierre Dufour, derrière un lutrin et son affiche, s'adresse aux gens en conférence de presse.

Le député sortant d'Abitibi-Est est aussi ministre responsable de l'Abitibi-Témiscamingue. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Oui, on sait qu’il y a un contexte particulier à Val-d’Or, reconnaît-il. Ça nous touche et on essaie de mettre les enveloppes nécessaires. Mais, la Ville, la communauté du Lac-Simon ou encore le Centre d’amitié autochtone doivent aussi intervenir. Il y a plusieurs actions qui ont été faites, mais les résultats semblent longs à aboutir. Et pour ce qui est des logements sociaux, soyons sérieux dans les chiffres. Notre engagement de 12 000 pour l’ensemble du Québec est plus réaliste et, encore là, ça va prendre tout notre petit change pour y arriver. Maintenant, il faut s’assurer que les promoteurs d’ici obtiennent leur juste part.

Le candidat conservateur, Maxym Perron-Tellier, propose pour sa part un changement d’approche dans l’aide aux personnes itinérantes.

Maxym Perron-Tellier assis dans une salle pour le débat à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

Le candidat du Parti conservateur du Québec dans Abitibi-Est, Maxym Perron-Tellier, lors d'un débat régional à Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier

C’est un enjeu qu’on peut approcher de plusieurs façons, avance-t-il. On veut changer le mode de financement des hôpitaux pour y inclure plus le privé, dont des soins privés payés avec la carte soleil. Les gens en situation d’itinérance ont souvent besoin de suivi et ils n’ont pas toujours les ressources dans le système public. Ils pourront aller chercher de l’aide dans le privé sans être pénalisés. On peut s’attarder à la pénurie de logements, mais au lieu de financer du béton, on veut donner l’argent aux gens démunis pour les aider à se loger, pour qu’ils aient un toit au lieu de se retrouver sur une liste d’attente.

Quant à Jacline Rouleau, du Parti québécois, elle se dit préoccupée par ce phénomène qui est de plus en plus visible dans la région.

Jacline Rouleau parle en utilisant une de ses mains pour imager son propos.

La péquiste Jacline Rouleau remarque aussi l'augmentation du nombre de personnes en situation d'itinérance. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

L’itinérance de la rue, c’est sûr que ça touche les gens, souligne-t-elle. C’est dur de passer à côté de quelqu’un qui demande de l'argent. On n’est pas habitués à ça, mais on commence à en voir de plus en plus. Pour moi, l’itinérance et les logements sociaux, enjeux [qui] vont ensemble. C’est une priorité pour le Parti. On veut financer dès maintenant les 10 000 logements sociaux qui sont en attente depuis trop longtemps. C’est important de gérer la situation et je veux m'asseoir avec les organismes pour y travailler.

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