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Un Néo-Brunswickois sur deux craint de ne pas être soigné à temps

Un patient dans une salle d'attente d'un hôpital.

Même si une majorité de Néo-Brunswickois ont un médecin de famille, peu de gens arrivent à le voir dans un délai raisonnable. Ces personnes sont parfois obligées de se tourner vers les urgences.

Photo : AFP / Raul Arboleda

Les Néo-Brunswickois ont moins confiance que jamais en leur système de santé. L’enjeu n’est pas tant la qualité des soins que la difficulté d’y avoir accès. Un sondage commandé par Radio-Canada Acadie montre que la moitié de la population craint de ne pas être en mesure d'obtenir des soins de santé assez rapidement.

Le sondage – mené par la firme Narrative Research auprès de 400 Néo-Brunswickois de partout dans la province – dresse un portrait sombre de l’état du système de santé.

De façon générale, 85 % des Néo-Brunswickois jugent que le système de santé est dans un piètre état.

« Il y a un état de crise dans les soins de santé. Ce que la recherche démontre, c'est que les soins de santé sont un enjeu majeur et de plus en plus important pour les Néo-Brunswickois. »

— Une citation de  Margaret Brigley, PDG de Narrative Research

La PDG de Narrative Research, Margaret Brigley, affirme que sa firme de sondage récolte des données sur la perception de la population par rapport au système de santé depuis près de 30 ans et que les résultats n'ont jamais été aussi bas.

La peur de ne pas obtenir des soins assez rapidement

Que ce soit les soins de santé généraux, les soins de santé d’urgence ou les soins de santé mentale, la confiance en la possibilité d’être soigné rapidement est faible. Un Néo-Brunswickois sur deux craint de ne pas avoir accès à des soins de santé assez rapidement lorsqu’il en aura besoin.

Clairement, ça montre qu’il n’y a pas d’optimisme, ou de confiance surtout, sur la capacité d’obtenir des soins de santé tout de suite, explique Margaret Brigley.

Il y a ici quelques différences notables entre les francophones et les anglophones.

Les répondants francophones (32 %) ont un meilleur espoir d’obtenir des soins rapidement lorsqu’il est question des soins généraux que les anglophones (21 %). Même chose pour les soins de santé mentale (30 % et 20 %).

Pour les soins d’urgence, le niveau de confiance est semblable entre les francophones et les anglophones (26 %).

Un problème d’accès, pas de qualité

Les inquiétudes des Néo-Brunswickois se reflètent dans les expériences vécues. Dans la dernière année, la moitié des Néo-Brunswickois (48 %) qui ont tenté d’obtenir des soins pour eux ou un membre de leur famille disent en effet avoir eu de la difficulté à les obtenir.

Lorsqu’on leur demande quels enjeux ils ont rencontrés – sans leur donner de choix de réponse –, les principales réponses concernent toutes l’accès aux soins.

« Aucune des principales mentions ne concerne la qualité des soins, c’est vraiment sur la capacité d’avoir accès aux soins. La distinction est très importante. »

— Une citation de  Margaret Brigley, PDG de Narrative Research

Parmi les Néo-Brunswickois qui ont obtenu des soins dans la dernière année, 53 % d'entre eux se disent satisfaits ou en partie satisfaits des soins reçus.

Ce qui est intéressant, c’est que lorsqu’on regarde le taux de satisfaction des personnes plus âgées, celles qui sont plus susceptibles d’avoir besoin de soins, la satisfaction augmente, affirme Margaret Brigley.

Margaret Brigley reconnaît que le taux de satisfaction est quand même bas, et plus bas que par le passé.

Toutefois, elle précise que l’insatisfaction des gens était encore une fois liée à des questions d’accès. Des gens qui attendent pour obtenir un traitement ou qui attendent pour des tests. C’est toujours une question d’accès.

Même avec un médecin de famille, obtenir des soins est difficile

Au Nouveau-Brunswick, 77 % des répondants ont dit avoir un médecin de famille ou une infirmière praticienne. Bon nombre d’entre eux ont toutefois de la difficulté à obtenir un rendez-vous avec leur professionnel de la santé lorsqu’ils ont un besoin urgent.

Seulement 26 % des gens [qui ont un médecin de famille ou une infirmière praticienne] ont dit qu’ils avaient été en mesure d’avoir un rendez-vous pour une question urgente en moins de trois jours, indique Margaret Brigley. Seulement 8 % ont pu obtenir un rendez-vous le jour même.

En moyenne, les Néo-Brunswickois doivent attendre 16 jours avant de pouvoir voir leur médecin de famille pour un besoin urgent. Encore une fois, ça montre que l’accès est un gros problème.

Margaret Brigley tient à mettre les choses en perspective et précise que la situation du Nouveau-Brunswick est loin d’être unique.

Partout en Atlantique, et ailleurs au Canada, les soins de santé sont devenus la préoccupation principale des gens.

Méthodologie

Ce sondage de Narrative Research pour le compte de Radio-Canada a été effectué par téléphone (mobile et fixe) du 10 au 31 août 2022 auprès d’un échantillon probabiliste de 400 Néo-Brunswickois âgés de 18 ans ou plus. La marge d’erreur est de ± 4,9 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

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