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COVID-19 : Des professionnels de la santé veulent prescrire plus l’antiviral Paxlovid

Des boîtes de Paxlovid.

Une étude menée par CBC révèle que les provinces n'ont utilisé que 15 % des stocks de Paxlovid qu'elles ont reçu de Santé Canada.

Photo : Radio-Canada / Océane Doucet

Radio-Canada

Le Paxlovid, médicament qui réduit les symptômes de même que les risques d'hospitalisation et de décès liés à la COVID-19, reste sur les tablettes au Canada notamment parce que les critères d'admissibilité sont trop restrictifs, selon des professionnels de la santé sondés par CBC.

L'étude menée par CBC révèle que les provinces ont distribué moins de 15 % des stocks de Paxlovid qu'elles ont reçus du fédéral depuis que ce médicament a été approuvé, en janvier dernier.

Des centaines de milliers de traitements demeurent donc inutilisés, bien que le Paxlovid réduise de manière significative les hospitalisations et les décès liés au coronavirus chez les gens les plus à risques, c'est-à-dire les personnes âgées et les gens dont le système immunitaire est défaillant.

Un contexte d'engorgement hospitalier

Le traitement du Paxlovid repose sur l'utilisation combinée de deux médicaments génériques. Il est offert gratuitement sur ordonnance et peut être pris à la maison. Il faut toutefois commencer à le prendre dans les cinq premiers jours de l'apparition des symptômes de la COVID-19 pour des résultats optimaux.

Le Paxlovid est une thérapie incroyable, de l'avis du Dr Zain Chagla, spécialiste des maladies infectieuses en Ontario. Malheureusement, parmi les personnes ayant été hospitalisées à cause du coronavirus, il y en a certainement qui n'y ont pas eu accès.

Or, il importe de remédier à cette situation, selon ce médecin qui dirige une clinique externe à l'Hôpital St-Joseph de Hamilton. Les urgences et les unités manquent de lits, nous le savons, alors toute situation pour laquelle on évite une hospitalisation est une victoire pour le système hospitalier.

Santé Canada a pourtant distribué suffisamment de Paxlovid pour traiter plus de 700 000 personnes aux prises avec la COVID-19.

En plus des 730 000 traitements déjà obtenus par les provinces, le gouvernement du Canada en a acheté 770 000 autres qui seront distribués d'ici la fin de l'année.

Faut-il élargir les critères?

Un pharmacien manipule des médicaments devant un étalage de boîtes et de flacons.

Dans cinq provinces (dont le Québec), les pharmaciens peuvent prescrire directement le Paxlovid aux personnes infectées par la COVID-19. Selon le pharmacien montréalais Daron Basmadjian, « il s'agit de donner le médicament le plus vite possible à la personne, de manière à ce qu'elle le prenne et qu'elle obtienne le meilleur résultat possible ».

Photo : Radio-Canada

Les critères d'admissibilité varient d'une province à l'autre, mais, règle générale, le Paxlovid peut être administré à la plupart des personnes âgées, de même qu'aux adultes au système immunitaire compromis qui ont obtenu un résultat positif à un test de COVID-19, y compris à un test de dépistage rapide.

Les ministres de la Santé des provinces ont élargi leurs critères d'admissibilité. Au Nouveau-Brunswick, par exemple, on a élargi les critères pour rendre le Paxlovid accessible à toute personne qui risque de se retrouver avec de graves complications dues à la COVID-19.

C'est quelque chose qui peut vraiment bénéficier à beaucoup de patients, selon le pharmacien montréalais Daron Basmadjian. L'objectif est de prodiguer le médicament à la personne le plus rapidement possible, afin d'obtenir les meilleurs résultats possibles.

Les professionnels de la santé interviewés par CBC affirment que trop de Canadiens – qui pourraient bénéficier du Paxlovid – ne savent même pas qu'il existe.

Jim Catty, un octogénaire torontois, se souvient d'avoir ressenti que tous les muscles de son corps le faisaient souffrir lorsqu'il a contracté la COVID-19 en avril. C'est une infirmière venue soigner son épouse à domicile (pour un problème non relié au coronavirus) qui l'a informé de l'existence du Paxlovid, et qui l'a mis en contact avec un médecin pour qu'il s'en fasse prescrire.

J'ai été chanceux, dit-il, et on a très bien pris soin de moi.

Un octogénaire en train de lire dans un jardin.

Jim Catty, de Toronto, affirme avoir été « chanceux » lorsqu'une infirmière qui l'a soigné à domicile l'a aidé à obtenir du Paxlovid, alors qu'il était aux prises avec la COVID-19, en avril 2022.

Photo : Radio-Canada / Derek Hooper/CBC

Prescrit par les pharmaciens

Le Québec est l'une des cinq provinces qui permettent aux pharmaciens de prescrire directement le Paxlovid aux gens atteints de COVID-19, ce qui évite à ces derniers d'avoir à consulter un médecin.

Au Québec, le traitement est limité à des groupes très restreints de patients. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a basé ses critères sur ceux de l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS).

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec affirme que des 115 000 traitements de Paxlovid reçus par la province, seuls près de 15 000 ont été servis en pharmacie. À ce nombre s'ajoutent ceux qu'ont directement utilisés les établissements de santé.

Le Québec n'avait reçu que 6000 traitements de Paxlovid au départ. C'est normal qu'au début, il y avait d'abord une limite sur la quantité de médicaments qui étaient disponibles, explique le Dr Karl Weiss, spécialiste en maladies infectieuses à l'Hôpital général juif de Montréal. Il y avait aussi une inconnue de la part de beaucoup de médecins sur la capacité d'utiliser le médicament.

Je crois qu'on est trop prudents, poursuit-il. Moi j'ai prescrit énormément de Paxlovid à beaucoup de gens. Bien sûr des patients à risque, mais aussi à d'autres qui ne répondaient pas nécessairement aux critères établis par l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS).

Les patients à qui il l'a prescrit avaient, selon lui, des critères de sévérité. Et, bien qu'ils étaient doublement vaccinés, ces patients présentaient des facteurs importants.

Ils étaient malades, dit le Dr Weiss. Je me suis dit : "je suis mieux de les traiter avant qu'ils ne débarquent à l'urgence".

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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