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Le NPD demande une enquête sur les profits des épiceries

Un chariot de supermarché dans une allée d'épicerie.

Le coût des produits d'épicerie a augmenté de 10,8 % au cours de la dernière année.

Photo : getty images/istockphoto / Aleksandr_Vorobev

Radio-Canada

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) demande une enquête parlementaire sur la hausse du coût des aliments afin de déterminer si les grandes chaînes d'épiceries engrangent des profits excédentaires.

Au moment où le problème d'inflation au Canada semble s'atténuer, le coût des produits d'épicerie a augmenté de 10,8 % au cours de la dernière année, selon Statistique Canada.

Le coût de la vie augmente, et c'est difficile pour les familles de joindre les deux bouts. Et le prix des épiceries continue d'augmenter, a souligné le chef du NPD Jagmeet Singh lors d'un point de presse mardi matin, se disant vivement préoccupé.

Il estime que les députés doivent enquêter pour savoir si les grands épiciers et leurs dirigeants ont profité de l'inflation pour engranger des profits et se verser des bonis. Les producteurs et les travailleurs ne gagnent pas plus d'argent, ajoute le chef néo-démocrate.

Le porte-parole du NPD en matière d'agriculture, Alistair MacGregor, a déclaré qu'il prévoyait déposer une motion devant le comité de l'agriculture mercredi.

Je pense que les Canadiens méritent des réponses et… en cette période où ils voient les prix de tout augmenter, ils ont malheureusement un gouvernement libéral qui n'a pas accordé beaucoup d'attention au rôle que joue la cupidité des entreprises dans la hausse des prix qu'ils constatent, a déclaré M. MacGregor au réseau anglais de Radio-Canada.

Les trois principales chaînes d'épiceries du Canada ont toutes affiché des bénéfices accrus dans leurs plus récents rapports financiers. Loblaw a déclaré un bénéfice trimestriel de 387 millions de dollars, soit une augmentation de 12 millions de dollars, ou 3,2 %, par rapport au même trimestre l'an dernier.

Metro a enregistré un bénéfice trimestriel de 275 millions de dollars, contre 252,4 millions de dollars au même trimestre l'année précédente. Et Empire a déclaré un bénéfice de 178,5 millions de dollars au cours de son dernier trimestre, une hausse de 6,6 millions de dollars par rapport au même trimestre de l'année précédente.

Les marques de Loblaw comprennent Shoppers Drug Mart, Superstore et No Frills. Metro possède Food Basics, Jean Coutu, Metro et d'autres marques, tandis qu'Empire possède Sobeys et FreshCo.

Même si Loblaw et Metro ont attribué leurs bénéfices accrus à une augmentation des ventes de produits pharmaceutiques, M. MacGregor a déclaré que ces bénéfices valaient toujours la peine d'être examinés.

Je sais que les Canadiens essaient de faire tout ce qu'ils peuvent pour équilibrer leurs budgets, mais ils méritent aussi que les parlementaires se penchent sur cette question et trouvent des solutions, a-t-il déclaré.

Peu de preuves de profit

Partha Mohanram, professeure à l'Université de Toronto et experte en analyse des états financiers, estime toutefois qu'il y a peu de preuves suggérant que les grands épiciers utilisent l'inflation comme prétexte pour augmenter leurs profits.

Il est incroyablement difficile de faire une allégation selon laquelle ces types profitent, mais il ne fait aucun doute qu'ils s'en sortent plutôt bien, a-t-il souligné.

Un récent rapport de l'Université de Dalhousie s'est penché sur les bénéfices des principales chaînes d'alimentation canadiennes au cours des cinq dernières années et n'a trouvé aucune preuve de profit de la récente flambée de l'inflation.

Si les gens accusent les épiciers d'escroquerie et de profit, nous ne savons pas d'où ils tirent leurs données, a déclaré Sylvain Charlebois, l'un des auteurs du rapport.

M. Charlebois, qui est également directeur du laboratoire d'analyse agroalimentaire de l'Université Dalhousie, estime toutefois qu'une étude sur la hausse du coût des aliments vaut toujours la peine, tant qu'elle ne se concentre pas uniquement sur les bénéfices des épiceries.

Le Conseil canadien du commerce de détail, qui représente les principaux épiciers, a déclaré qu'il ne s'opposait pas à une étude, mais que cette dernière devrait examiner l'effet des pressions externes – comme la guerre en Ukraine – sur les prix des aliments.

Avec les informations de CBC

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