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Les trois quarts des Autochtones de Kenora victimes de racisme, selon une étude

Une intersection avec un marché et des voitures.

Les Autochtones qui habitent à Kenora et les environs sont victimes de racisme, selon les études.

Photo : CBC / Logan Turner

Radio-Canada

Une nouvelle étude révèle que le racisme et d'autres formes de discrimination ont des effets négatifs importants sur la santé des Autochtones qui vivent à Kenora, une ville d'environ 15 000 habitants située à près de 500 kilomètres à l'ouest de Thunder Bay, et ses environs.

Trois participants à l'étude sur cinq ont signalé avoir été traités de façon médiocre ou injuste en raison de leur identité autochtone, et 75 % d'entre eux ont déclaré avoir été victimes de racisme au cours de l'année écoulée.

De manière générale, 72 % des participants ont indiqué qu'ils considéraient le racisme comme un problème dans cette ville du Nord-Ouest de l'Ontario.

L'étude a confirmé ce que nous savions déjà de par notre expérience, comme les taux élevés de racisme et de discrimination auxquels les gens sont confrontés, affirme Serena Joseph, directrice générale de Waasegiizhig Nanaandawe'iyewigamig (WNHAC).

Cet organisme de santé anishinaabe desservant la région de Kenora était l'organisation communautaire locale responsable de l'étude.

Deux Autochtones sont assis sur des marches dans le centre-ville de Kenora.

Kenora compte une importante population autochtone.

Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Cette discrimination peut mener à des diagnostics erronés ou à des retards dans la recherche d'un traitement, ainsi qu'à un nombre élevé de problèmes de santé mentale et de traumatismes qui peuvent survenir, ajoute-t-elle.

L'étude intitulée Notre santé compte, élaborée par Well Living House, un centre de recherche sur la santé et le bien-être des Autochtones basé à Toronto, et la WNHAC, a recueilli les récits de 320 membres des Premières Nations et Métis âgés de 15 ans ou plus qui vivaient à Kenora ou y avaient accès à des services.

Le recensement sous-estime le nombre d'Autochtones, selon l'étude

L'enquête a également permis de découvrir certaines choses qu'on ignorait, comme le degré de sous-estimation démographique, affirme Mme Joseph. De plus, précise-t-elle, l'une des autres conclusions importantes est que la population autochtone urbaine à Kenora ou dans les environs est de 2,6 à 4 fois plus importante que ne le précisait le recensement de 2016.

Alors que le recensement de 2016 indiquait que 3155 Autochtones vivaient à Kenora, l'étude estime que la population autochtone totale vivant dans la ville est en réalité de 8448 à 12 892 personnes.

Kenora est la sixième communauté à avoir participé à l'étude Notre santé compte, qui a montré chaque fois que le recensement national de Statistique Canada sous-estime systématiquement les populations autochtones.

C'est ce qu'affirme la Dre Janet Smylie, médecin de famille métisse, directrice de la Well Living House et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l'avancement des services de santé génératifs pour les populations autochtones.

Janet Smylie devant un mur de briques.

La Dre Janet Smylie est métisse.

Photo : Avec l'autorisation de Janet Smylie

Il est temps de reconnaître que le recensement ne fonctionne pas pour les Premières Nations, les Inuit et les Métis vivant en milieu urbain et dans des régions connexes; nous devons envisager d'autres options, affirme-t-elle.

Les informations partagées par les participants à l'étude aideront les organisations de la région à mieux comprendre les besoins en matière de santé de la population autochtone urbaine et à élaborer des stratégies pour lutter contre les inégalités en matière de santé.

D’autres constats de l’étude

  • Les taux de pauvreté étaient presque cinq fois plus élevés chez les adultes autochtones que dans la population générale de Kenora, 63 % d'entre eux vivant au niveau ou en dessous du seuil de faible revenu avant impôt.
  • Près de sept adultes autochtones sur dix n'ont pas terminé leurs études secondaires.
  • Deux participants sur cinq ont déclaré parler une langue autochtone, et 92 % d'entre eux ont affirmé que parler ou apprendre une langue était important.
  • Un tiers des adultes autochtones n'ont pas d'endroit habituel où aller pour obtenir des conseils en matière de santé ou lorsqu'ils sont malades.
  • Environ 40 % des adultes autochtones ont affirmé avoir été traités injustement par un professionnel de la santé en raison de leur identité autochtone, et 14 % ont dit éviter les services sociaux ou de santé pour cause de discrimination.
  • Près d'un adulte autochtone sur trois affirme avoir été victime de racisme et que cela avait affecté sa santé et son bien-être en général.

La moitié des participants à l'étude pensent que les services de santé mentale sont inadéquats, et près de 40 % pensent que les ressources en matière de prévention du suicide sont inadéquates pour les Autochtones de Kenora.

En examinant les données, la Dre Smylie s'est dite étonnée par la résilience et les relations familiales étroites des Autochtones de la région. Elle a constaté que 55 % des répondants se sentent heureux et ont envie de vivre tous les jours ou presque.

Je suis constamment inspirée et stupéfaite par la façon dont les Premières Nations, les Inuit et les Métis parviennent à trouver un sens à leur vie et à garder le moral, malgré les énormes défis qui se présentent, dit-elle.

Les données doivent être utilisées pour améliorer les politiques

Serena Joseph croit que ces informations doivent maintenant être mises à profit pour élaborer et financer de nouveaux services conçus pour remédier aux inégalités sociales et sanitaires qui existent dans la région.

Ces programmes doivent être créés et dirigés par des Autochtones, et financés par tous les niveaux de gouvernement, ajoute-t-elle.

Bien que nous soyons confrontés à de nombreux défis en termes de racisme, de discrimination et de santé mentale en raison de l'impact durable du colonialisme, il existe ce grand désir et ce lien avec la culture ainsi qu'avec la guérison et le traitement, affirme Mme Joseph.

La Dre Smylie affirme que les personnes non autochtones, en particulier les travailleurs de la santé, doivent également fournir leur part du travail.

Des gens meurent à cause de soins qui manquent de sensibilité culturelle. C'est inacceptable. Alors, s'il vous plaît, inscrivez-vous et suivez une formation de sensibilité culturelle autochtone, dit-elle en s’adressant aux professionnels de la santé.

Nous devons atteindre un taux de zéro pour cent de personnes autochtones victimes de soins culturellement dangereux, ajoute-t-elle.

Avec les informations de Logan Turner, de CBC

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