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Hausse des coûts pour le déneigement résidentiel à Rimouski

Un tracteur de déneigement souffle la neige devant une maison.

La hausse des coûts, la rareté des pièces et la pénurie de main-d'œuvre forcent les entreprises de déneigement à augmenter leurs prix (archives).

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Le prix des contrats de déneigement augmentera d'environ 20 % cette année par rapport à l'hiver dernier dans le secteur de Rimouski.

La fin de saison tardive et les grosses précipitations de neige l'an dernier, de même que l'explosion du prix du carburant, expliquent cette augmentation des tarifs, selon Sébastien Lévesque, propriétaire de deux compagnies de déneigement à Rimouski.

On n’a pas eu les profits qu’on espérait pour nous assurer une belle santé financière pour l’entreprise, souligne le propriétaire, dont l'entreprise offre ses services à environ 4000 adresses sur le territoire de Rimouski.

Sébastien Lévesque ajoute que la facture pour l’entretien des machines a presque doublé. De plus, l’échelle salariale des chauffeurs a été revue à la hausse.

D'après la directrice générale de l’Association des déneigeurs résidentiels et commerciaux du Québec (ADRCQ), Annie Roy, le salaire moyen des chauffeurs, qui était de 20 $ de l’heure en 2019, atteint les 30 $ de l'heure en 2022.

Notre augmentation des tarifs de 22 % ne veut pas dire qu’on va faire plus de profits que jamais. Il ne faut surtout pas penser ça. On veut seulement nous ramener au point zéro à 2019, explique Sébastien Lévesque.

Des tracteurs derrière lui, Sébastien Lévesque regarde l'appareil photo.

Sébastien Lévesque, propriétaire de deux compagnies de déneigement à Rimouski, ne fait pas grimper les factures de déneigement faute de clients, lui qui offre ses services à environ 4000 adresses dans la région. C'est la hausse du coût de la vie qui en est responsable, dit-il.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory

Aubert Proulx, propriétaire de la compagnie Déneigement ASP à Saint-Anaclet-de-Lessard, a lui aussi augmenté ses tarifs d'environ 20 %. Concrètement, il facture 450 $ par année aux citoyens qui possèdent deux automobiles alors qu'il exigeait entre 350 $ à 375 $ l’année dernière.

Par conséquent, il constate beaucoup de mécontentement chez ses clients, bien que plusieurs d'entre eux comprennent les raisons derrière cette hausse des prix du déneigement.

« Cette année, on n’augmente pas [les tarifs] parce qu’on n’aime pas le monde. C'est pas parce qu'on veut étouffer le monde. C’est parce qu’on essaie de vivre et de donner un peu de service. »

— Une citation de  Aubert Proulx, propriétaire de la compagnie Déneigement ASP à Saint-Anaclet

De moins en moins de déneigeuses sur le territoire

De nombreuses compagnies de déneigement partout au Québec se retrouvent elles aussi avec des problèmes de recrutement et de rétention du personnel, affirme Annie Roy. Dans le déneigement, la qualité de vie des travailleurs est plutôt difficile, et la conciliation travail-famille encore plus, constate-t-elle.

Aubert Proulx a réduit ses effectifs parce que c'est difficile d'avoir du bon monde et également pour pouvoir souffler un peu l’hiver prochain. Il mentionne être affecté par le mécontentement des citoyens.

Il a déjà eu près de 800 clients à Saint-Anaclet. Aujourd’hui, c’est plutôt une centaine. Il est aussi passé de huit tracteurs à deux tracteurs en trois ans.

Une autre compagnie du secteur travaille avec seulement un tracteur alors qu’elle en avait deux. Ça va être critique dans trois ou quatre ans. On n’aurait jamais cru, il y a quelques années, qu’on manquerait de tracteurs, mentionne-t-il.

Aubert Proulx regarde l'appareil photo.

Aubert Proulx, propriétaire de la compagnie de déneigement ASP à Saint-Anaclet, affirme avoir dû essuyer des pertes financières considérables en raison du coût du diesel, qui a doublé l'année passée.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory

Néanmoins, avec ses 65 employés, dont 42 chauffeurs, Sébastien Lévesque avoue ne pas être touché par ce problème. Il anticipe toutefois qu'au cours des prochaines années, il en sera affecté. Les plages horaires de l’entreprise pourraient être bouleversées s'il en vient à manquer de personnel, admet-il.

Au lieu de dire à tout le monde : ''De 8 h à midi, on fait le ménage'', ça se peut que ça s’allonge jusqu’à la fin de l’après-midi pour qu’on soit capables de servir tout le monde. On ne va oublier personne, tient à préciser Sébastien Lévesque.

Certains clients pourraient même devoir déneiger leur entrée eux-mêmes, faute de main-d'œuvre.

D'après le reportage de Gabriel Paré-Asatoory

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