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Le logement abordable, thème essentiel de la campagne électorale à Toronto

Des immeubles de quatre étages et moins apparaissent au premier plan de la photo, puis des tours d'habitation et, au loin, la ville de Toronto.

Des appartements et des condos à Mimico, dans l'ouest de Toronto

Photo : Radio-Canada / Pierre-Mathieu Tremblay

Radio-Canada

Les Torontois seront appelés aux urnes dans moins d'un mois pour élire un maire et des conseillers municipaux. Alors que les loyers continuent de monter en flèche dans la ville, la question du logement occupe de plus en plus de place parmi les priorités des électeurs.

Ce sujet fait réagir dans la Ville Reine tout autant qu’il fait partie des priorités de nombreux candidats à la mairie. Selon les données du site TorontoRentals, les loyers moyens dans le Grand Toronto ont bondi de 21 % en un an et dépassent désormais le pic atteint en 2019.

Veronica Bucio, une citoyenne torontoise, constate qu’il est de plus en plus difficile de payer son loyer.

Mes deux filles partagent une seule chambre, elles ont toutes les deux des besoins particuliers et c'est très difficile.

Veronica Bucio.

Veronica Bucio

Photo : Radio-Canada

Elle espère que les candidats aux élections municipales auront des solutions concrètes.

Le résident Byron Dill croit quant à lui qu'il faut empêcher les propriétaires de faire bondir autant qu’ils le souhaitent les loyers entre deux locataires. Il faut arrêter ça.

M. Byron assure que cette question va influencer son vote à 100 % le 24 octobre.

Un homme porte une casquette et des lunettes.

L'attention de Byron Dill sera attirée par les propositions axées sur le logement abordable.

Photo : Radio-Canada

Le maire sortant, John Tory, et Gil Penalosa, un de ses principaux adversaires, promettent tous deux de s'attaquer à ce problème.

Gil Penalosa promet de lutter contre la spéculation immobilière et de mettre fin aux zonages restrictifs qui empêchent de densifier les quartiers. Ce qu’il appelle la révolution de la rénovation doit permettre aux propriétaires de diviser leurs maisons en deux à quatre logements, selon la taille, dit-il en entrevue à Radio-Canada.

Gil Penalosa en entrevue dans la rue.

Gil Penalosa axe notamment son programme sur la division des logements locatifs et sur les ensembles immobiliers publics.

Photo : Radio-Canada

La multiplication des logements ainsi créés sera bénéfique pour les locataires, pour les propriétaires et pour les entreprises de rénovation, selon lui.

M. Tory mise sur la construction de nouveaux logements plus rapidement, en mettant l'accent sur les logements abordables à proximité de services de soutien, indique par courriel la directrice des communications de sa campagne, Jenessa Crognali.

Pour y parvenir, son programme en la matière prévoit la création d'un service spécialisé afin d'accélérer la réalisation de ces projets, la suppression de certaines formalités administratives qui ralentissent la construction ou encore la construction d’immeubles de taille moyenne autour des grands axes de transport public.

Le fait qu’au moins un des 31 candidats à la mairie, Stephen Punwasi, fasse du logement sa plateforme principale permet aussi de faire la lumière sur ce problème, relève Alicia Eads, professeure adjointe spécialisée en logement abordable à l'Université de Toronto.

« On ne peut vraiment plus en faire abstraction : c'est davantage une priorité maintenant que par le passé. La pandémie a propulsé ce problème au premier plan parce que la situation est devenue complètement chaotique. »

— Une citation de  Alicia Eads, professeure adjointe à l'Université de Toronto

Pour calmer ce marché, il faut trouver des moyens d’augmenter l’offre de logements sous les prix courants ou hors marché, notamment par des fiducies foncières, suggère quant à lui Matti Siemiatycki, directeur de l'Institut de l'infrastructure et professeur de géographie et de planification à la même université.

Matti Siemiatycki.

Matti Siemiatycki estime que des politiques destinées à limiter le nombre de résidences secondaires doivent être mises en œuvre pour calmer le marché.

Photo : Radio-Canada

Des idées comme les coopératives et les logements intercalaires ouvrent le marché, dit-il, tout comme la construction privée ou encore l’intégration de logements dans des lieux publics, notamment les bibliothèques. Il se dit également séduit par les immeubles de taille moyenne qui permettraient de freiner l’étalement urbain.

Pour M. Siemiatycki, le modèle que pourrait copier Toronto est celui de Vienne, en Autriche, où de nombreux logements sociaux ont été construits. Plusieurs centaines de milliers de logements subventionnés ont en effet été créés un peu partout dans cette ville grâce à des politiques suivies sur des décennies.

Rendre le logement de nouveau abordable aidera de nombreuses personnes, reprend Alicia Eads. Si le prochain maire y parvient, Toronto servira potentiellement de modèle à d'autres villes au Canada et dans le monde, car ce problème ne se produit pas seulement ici.

Avec les informations de Mirna Djukic, et Theodore Doucet

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