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L’immigration n’est pas un sujet qui divise en Ontario, selon le gouvernement Ford

Le ministre ontarien du Travail et de l'Immigration affirme que les seuils d’immigration actuels font l’objet d’un consensus.

Monte McNaughton lors d'une conférence de presse

Le ministre ontarien du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement des compétences, Monte McNaughton (archives)

Photo : La Presse canadienne / Richard Lautens

En 2021, l’Ontario a accueilli 200 000 immigrants permanents, soit quatre fois plus que le Québec. Pour le ministre ontarien Monte McNaughton, c’est ce qu’il faut pour faire face à la pénurie de main-d'œuvre.

C’est le plus grand défi économique que doivent relever l’Ontario et le Canada, affirme d’emblée le ministre McNaughton.

C’est une phrase qu’il répète souvent, tout comme le chiffre 400 000, qui représente le nombre d’emplois vacants en Ontario. Au Québec, il y a environ 255 000 postes à pourvoir, selon Statistique Canada.

« La pénurie de main-d'œuvre nous coûte des milliards de dollars par année en productivité perdue. »

— Une citation de  Monte McNaughton, ministre ontarien du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement des compétences

En Ontario, le même ministre s’occupe des questions du travail et de l’immigration, contrairement au Québec. Ce détail révèle la différence d’approche entre les deux provinces.

Je ne crois pas que ce soit une question politique. Pour nous, c’est une question économique, affirme Monte McNaughton.

Le consensus est tel en Ontario autour de l’immigration que cette question n’a presque pas été abordée comme enjeu électoral lors des élections provinciales du printemps dernier.

Nombre de résidents permanents accueillis en 2021

Canada : 401 000

Ontario : 198 500

Québec : 50 253

Source : Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration du Québec, gouvernement de l’Ontario (2022)

La réalité linguistique et démographique est toutefois bien différente en Ontario, ou presque un tiers de la population est né à l'extérieur du Canada, contre environ 15 % au Québec.

« [L’immigration] ne semble pas être une question qui crée une division en Ontario et j’en suis très fier. »

— Une citation de  Monte McNaughton, ministre ontarien du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement des compétences

En fait, l’augmentation des seuils d’immigration est souvent une demande de la minorité francophone dans la province, qui y voit un outil de choix pour lutter contre le recul du français.

Parmi les 9700 immigrants que la province choisit, on priorise les personnes qui parlent français, précise d’ailleurs le ministre McNaughton.

L’Ontario veut les mêmes pouvoirs que le Québec

Monte McNaughton se garde bien de commenter la campagne électorale en cours dans la province voisine. Quand on lui demande ce qu’il pense du débat sur les seuils d’immigration au Québec, il répond que la majorité des provinces voudraient recevoir plus d’immigrants et donne l’exemple du Manitoba et des provinces de l’Atlantique.

Ce n’est pas avec le gouvernement québécois que l’Ontario veut parler d’immigration, mais plutôt avec le gouvernement fédéral. La province réclame en effet des pouvoirs accrus en matière d'immigration. Plus spécifiquement, l’Ontario veut choisir une plus grande portion de ses immigrants économiques… Un peu comme le Québec.

Je sais que le Québec se concentre surtout sur l’aspect culturel de l’immigration, ce qui est important pour cette province, mais notre priorité est d'ordre économique, explique le ministre McNaughton, qui dit discuter avec son homologue fédéral Sean Fraser chaque semaine en vue de renégocier leur entente.

L’immigration, une panacée?

Si le gouvernement Ford présente l’immigration comme une solution au problème de la pénurie de main-d'œuvre, certains experts émettent des bémols.

L’Ontario a déjà beaucoup d’immigrants, donc si l’immigration répondait aux besoins [de main-d'œuvre], on aurait déjà résolu ça, souligne Gilles Grenier, professeur émérite à l'Université d’Ottawa.

L’économiste rappelle qu’en plus d’être des travailleurs, les immigrants sont aussi des consommateurs qui exercent une pression accrue sur l'offre de biens et de services, y compris en matière de logement, de santé et d’éducation.

C’est certain que l’immigration contribue à la croissance économique parce qu’il y a plus de monde [...], mais ça n’augmente pas forcément la croissance par habitant ou le bien-être par habitant, dit-il.

« Du point de vue économique, l’immigration a un effet net de plus ou moins zéro. »

— Une citation de  Gilles Grenier, professeur émérite au département de sciences économiques de l’Université d’Ottawa

Monica Heller, anthropologue et professeure émérite à l'Université de Toronto, croit pour sa part que les seuils d’immigration pourraient être revus à la hausse, à la condition d’assurer l’intégration professionnelle des nouveaux arrivants.

« Ce n’est pas juste de dire qu'on va en prendre un million plutôt que 400 000. C’est un million de qui? Ils vont aller où et vont vivre comment? »

— Une citation de  Monica Heller, professeure émérite à l’Université de Toronto

Souvent, il y a un manque d'arrimage entre les réalités du marché du travail et les politiques d'immigration, fait remarquer l’experte. Il y a un manque de compréhension pour déterminer comment la main droite et la main gauche peuvent vraiment bien travailler ensemble.

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