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Des pêcheurs madelinots sans amarrage pour leurs bateaux depuis le passage de Fiona

Des bateaux sont amarrés à des lampadaires.

Selon des pêcheurs madelinots, les dégâts occasionnés par la tempête Fiona auraient été moins lourds si les bateaux avaient pu être mis en cale sèche.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Radio-Canada

La tempête Fiona n’a pas épargné les ports de pêche et les marinas des Îles-de-la-Madeleine, notamment au quai de Pointe-Basse, à Havre-aux-Maisons, où certains homardiers ne disposent plus de bornes d'amarrage sécuritaires pour immobiliser leurs bateaux.

De nombreux pêcheurs sont forcés d’amarrer leurs embarcations à des lampadaires puisque la tempête Fiona a arraché plusieurs bornes d’amarrage dans certaines sections du quai. Le niveau de la mer était si haut samedi au port de pêche que des bateaux se sont retrouvés au-dessus de leur point d'ancrage, ce qui a causé bien des dommages.

Pour le pêcheur madelinot Denis Cormier, cette situation précaire pour amarrer les bateaux n’est pas soutenable à long terme.

Ce n’est pas safe, [...] on ne peut pas rester de même. Il faut que quelque chose soit fait pour que tous ces bateaux-là puissent s’amarrer de façon sécuritaire, dénonce le pêcheur. Denis Cormier somme les autorités de régler ce problème rapidement compte tenu du fait que l’archipel n’est pas à l’abri d’une nouvelle tempête, croit-il.

« C’est épeurant pour la suite. [...] Ici [au quai de Pointe-Basse], on a trop de bateaux amarrés qui ne font plus la pêche : c’est ça, le problème qu’on a. S'il n’y avait pas eu environ 40 bateaux, on n’aurait probablement pas eu le désastre que nous avons ici et ça n’aurait pas tout arraché. »

— Une citation de  Denis Cormier, pêcheur madelinot

Les pêcheurs demandent à Pêches et Océans Canada d'intervenir rapidement. Ils ont notamment critiqué l’infrastructure fédérale, soit le quai de Pointe-Basse, en la qualifiant de désuète.

Denis Cormier devant des bateaux de pêche au quai de Pointe-Basse.

Denis Cormier, pêcheur depuis 40 ans, n'avait jamais vu une tempête aussi dévastatrice aux Îles-de-la-Madeleine (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Une situation qui aurait pu être évitée

Les pêcheurs estiment que les dégâts auraient été beaucoup moins lourds si les bateaux avaient pu être mis en cale sèche au quai de Cap-aux-Meules avant l'arrivée de Fiona.

Denis Cormier explique qu’à ce moment-ci de l’année, de nombreux navires auraient déjà dû être préparés pour l'hiver, mais ce n’est pas possible pour le moment puisque les deux grues-portiques qui permettent de sortir les navires de l'eau sont hors d'usage.

La plus vieille des deux grues doit notamment se faire inspecter à la suite d'un bris. La plus récente, pour sa part, n’a jamais pu être utilisée depuis quelques années, car le pourtour de la cale de halage du quai de Cap-aux-Meules doit être renforcé pour supporter son poids.

Une grue-portique à côté de bateaux à voile en cale sèche au port de Cap-aux-Meules.

Actuellement, la grue-portique d'une capacité de 300 tonnes ne peut pas être utilisée pour sortir des bateaux de l'eau en raison de l’état de la cale de halage (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Charles Poirier, le président du Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles, trouve la situation déplorable. On a quand même un gros problème : on a une grue flambant neuve, on ne peut pas s’en servir et la vieille est à bout d’âge. On se ramasse dans des catastrophes avec des bateaux à charger sur les quais. Tout ça aurait pu être évité si la bureaucratie ne nous avait pas emmenés là, dénonce-t-il.

L'inspection de l'ancienne grue-portique devrait avoir lieu mercredi. Les pêcheurs devront donc patienter au moins jusqu'à jeudi avant de pouvoir mettre leur bateau en cale sèche.

D'après le reportage d'Isabelle Larose

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