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Deux chefs de parti à la rencontre des sinistrés aux Îles-de-la-Madeleine

La cheffe libérale Dominique Anglade a manifesté son intention d'y aller aussi d'ici la fin de la campagne électorale.

François Legault parle avec une femme près de la rive.

Le chef de la Coalition avenir Québec François Legault a pu constater des dégâts causés par la tempête Fiona aux Îles-de-la-Madeleine.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Le premier ministre sortant François Legault et le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon se sont rendus aux Îles-de-la-Madeleine lundi pour constater les dommages causés par la tempête Fiona, deux jours après que l'archipel eut été frappé par de violentes intempéries.

François Legault a reconnu d'emblée porter deux chapeaux au cours de ce voyage, celui de premier ministre et celui de chef de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le premier ministre sortant a rencontré le maire suppléant, la directrice générale de la Municipalité ainsi que l’équipe municipale, pour connaître leurs besoins et les assurer du soutien du gouvernement.

Il a dit avoir vu des maisons ravagées, des commerces endommagés, le toit de l’église soulevé et des routes sectionnées. Je peux imaginer qu’en fin de semaine cela n’a pas dû être facile pour les gens des Îles, a-t-il affirmé.

De plus, il a annoncé qu’un bureau des réclamations ouvrira à compter de mardi et que deux réunions à ce sujet sont prévues, l'une pour le secteur résidentiel et l'autre pour le volet commercial.

François Legault a salué les initiatives prises ces dernières années pour combattre le recul des côtes, comme l’aménagement de gravier qui, selon lui, a réussi à éviter le pire.

C’est possible de lutter contre l’érosion des berges. Il faut investir. Il faut faire un inventaire. On a commencé à le faire. On va continuer à le faire. Cela fait partie du travail du gouvernement du Québec de travailler à l’adaptation [du territoire], a-t-il déclaré.

« Malheureusement, oui, les changements climatiques vont amener une plus grande fréquence et une plus grande intensité [des catastrophes naturelles]. »

— Une citation de  François Legault, chef de la CAQ et premier ministre sortant

Un chef en campagne

Le leader caquiste a également fait le voyage dans l'archipel pour soutenir le candidat local Jonathan Lapierre, maire pendant neuf ans de la Municipalité.

François Legault a dit qu’il avait prévu y effectuer un arrêt avant que la tempête Fiona ne fonce sur l’archipel pour faire une annonce électorale sur la protection du littoral.

François Legault parle devant une photo de la mer.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Legault a promis d'aider les Îles-de-la-Madeleine lors de son point de presse.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Le chef caquiste s’est engagé à investir 100 millions de dollars supplémentaires pour lutter contre l’érosion des berges dans l’ensemble des régions de la province si son parti forme le prochain gouvernement. Il a rappelé que son cadre financier prévoit d'allouer un montant de 7 milliards de dollars au Plan pour une économie verte 2030.

Il se dit prêt à revoir cette somme si cela se révèle nécessaire. Et si les municipalités ont besoin de plus d’argent, on est ouverts à bonifier encore le budget du programme. On va protéger tout le territoire côtier au Québec de l’érosion des berges, a-t-il soutenu.

Il prévoit aussi de mettre sur pied un bureau de projet afin de coordonner les actions de huit ministères en la matière et de dresser un inventaire des mesures appropriées à prendre pour protéger les berges.

Le chef péquiste justifie son déplacement

De son côté, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a dû expliquer sa visite aux médias qui l'interrogeaient sur les risques de politiser ce drame.

Ce voyage dans l’archipel est fort utile, selon lui, car il lui donne l’occasion d’exprimer son soutien à la population locale. Il sert aussi à encourager la réélection du candidat péquiste et député sortant, Joël Arseneau.

Mais il permet surtout de connaître l’ampleur des dégâts et du travail de reconstruction, et d’entendre les témoignages des sinistrés. Il faut se déplacer et il faut prendre la mesure de ce qu’il y a à faire, a-t-il déclaré.

Paul St-Pierre Plamondon discute avec un pêcheur sur un quai.

Le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon a rencontré des pêcheurs lundi aux Îles-de-la-Madeleine.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Desrosiers

Le leader souverainiste s’est basé sur le passé pour évoquer de possibles problèmes à l’horizon. On l’a vu dans d’autres situations de catastrophes naturelles : des fois, il y a des sinistrés qui attendent des mois et ça n’avance pas, et ils tombent dans l’oubli, a-t-il dit.

Par conséquent, il faut d’après lui bien connaître les dossiers pour faire des suivis serrés au besoin.

« Il faut entendre ces témoignages et nommer là où ça bloque si on veut trouver des solutions. Je pense que c’est notre travail. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

En d’autres termes, l’équipe péquiste s’affaire à dresser la liste des vérifications qui devront être faites à moyen et long terme. À court terme, tout le monde parle des Îles-de-la-Madeleine. Mais dans quelques jours, ça va prendre des gens qui maîtrisent leurs dossiers et qui voient à ce que les suivis se fassent, qu’il n’y ait pas de délais indus et que les choses avancent, a-t-il affirmé.

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À la rencontre des citoyens

Le chef du PQ a dit qu'il s'agissait d’une journée remplie et d’une journée touchante. Dans la matinée, il s’est rendu au quai de Pointe-Basse où il a rencontré des pêcheurs qui ont critiqué l’infrastructure fédérale qu’ils jugent désuète. Par exemple, les deux grues pour soulever les bateaux hors de l’eau sont inopérantes. Certains pêcheurs ont raconté avoir dû attacher leur bateau à un lampadaire pour éviter qu’il ne soit emporté par les forts vents.

Paul St-Pierre Plamondon a semblé soufflé en entendant ces témoignages, estimant que sortir en pleine tempête pour protéger leur navire comme ils l’ont fait, faute de mieux, mettait leur propre sécurité en péril. Tu laisses ton bateau où tu peux, a admis l’un d’eux.

« Ça, c’est une conséquence – vous connaissez mes convictions politiques – d’un gouvernement de trop, puis de dossiers qui n’avancent pas et qui se doivent d’avancer, parce que, sinon, c’est la sécurité des gens qui est en jeu. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Le chef péquiste est également allé à la marina de Havre-aux-Maisons, où il a discuté avec les propriétaires de l’entreprise Moules de culture des Îles, qui lui ont décrit comment le bâtiment a été éventré par Fiona. Ils plaident pour le retour d’un programme d’indemnisation du MAPAQ concernant les phénomènes naturels exceptionnels, mesure que la CAQ n’a pas renouvelée au cours de son mandat.

Le député péquiste sortant Joël Arseneau dit avoir fait des démarches auprès du gouvernement Legault, sans succès. Il a déploré le peu d’intérêt de la CAQ pour le dossier des pêches. Le degré d’écoute de la CAQ pour les affaires de pêche ou de mariculture est extrêmement faible. […] On est rattrapé par cette espèce d’inertie du gouvernement, s’est-il désolé.

Son chef en a rajouté une couche : La CAQ a l’habitude, lorsqu’elle fait une demande au fédéral et qu’elle se fait dire non ou que ça échoue, de prendre le dossier et de le mettre sous le tapis après. On l’a vu dans plein de dossiers qui n’ont pas de lien entre eux. Mais lorsqu’il s’agit de manque de collaboration ou d’intérêt du fédéral, la CAQ est comme placée devant la limite de son fédéralisme qui ne fonctionne pas.

Paul St-Pierre Plamondon faisait référence au fait que le gouvernement fédéral est responsable des Pêcheries au Canada. Or, l'application de la réglementation diffère parfois entre les provinces, ce qui entraîne à l'occasion des délais et nourrit des querelles entre Québec et Ottawa, du fait que les producteurs québécois exigent le même traitement que leurs semblables dans l’est du Canada.

La cheffe libérale Dominique Anglade a manifesté son intention d'y aller aussi d'ici la fin de la campagne électorale.

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