•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La pauvreté et la lutte contre les dépendances au cœur de la campagne municipale

Des tentes montées dans un parc.

Le parc Memorial à Sudbury a été un lieu de rassemblement des sans-abri de la ville avant son démantèlement, en 2022.

Photo : CBC / Jonathan Migneault

Radio-Canada

Longtemps ignorées selon plusieurs intervenants dans le Nord de l'Ontario, les questions de la pauvreté et de la lutte contre les dépendances sont largement abordées dans la campagne électorale municipale actuelle.

Karrie Emms se souvient encore de ce jour de novembre 2020 où elle a vu des barrières être installées au centre-ville de North Bay, où elle vit et travaille.

Ayant déjà assisté à une scène similaire auparavant, elle s’est dit que quelqu’un devait être mort ou en détresse. Elle ignorait toutefois que cette fois-là, il s’agissait de son neveu de 27 ans, Nick.

Deux personnes ont été accusées du meurtre de Nick, qui avait des problèmes de dépendance depuis des années.

Karrie Emms vit et travaille au centre-ville de North Bay.

Karrie Emms estime qu'aucune solution adéquate n'est proposée pour régler les problèmes de dépendance à North Bay.

Photo : Fournie par Karrie Emms

Peu après le drame, Mme Emms croyait que la mort de son neveu la pousserait à quitter le centre-ville, que certains clients évitent d’ailleurs en raison de la présence d’itinérants.

Être au centre-ville représente certainement un défi, mais c’est justement pour cela que nous devons y rester, à mon avis, affirme Mme Emms.

« Si nous ne restons pas ici, si nous ne nous efforçons pas de changer les choses, nous délaisserons le centre-ville. Nous tournerons le dos aux problèmes. »

— Une citation de  Karie Emms, résidente du centre-ville de North Bay

Les élus municipaux sont souvent accusés de faire abstraction des problèmes de pauvreté et de dépendance.

Toutefois, dans la campagne électorale municipale actuelle, de nombreux candidats à la mairie et aux postes de conseiller municipal proposent diverses solutions à ces problèmes.

Le conseiller municipal sortant de Sault-Sainte-Marie, Matthew Shoemaker, qui brigue cette fois-ci la mairie, est d’avis que les problèmes de dépendance représentent un problème primordial dans la campagne.

Au fil des ans, la majeure partie de la population a discuté de diverses manières de venir en aide aux gens dans le besoin, explique-t-il tout en reconnaissant que pour certains électeurs, la priorité devrait être accordée au nettoyage du centre-ville.

Un portrait de Matthew Shoemaker qui sourit.

Le conseiller municipal sortant de Sault-Sainte-Marie, Matthew Shoemaker, brigue la mairie cette fois-ci.

Photo : Radio-Canada

Les gens veulent que la ville soit habitable, qu’elle soit belle, et une des manières d’y arriver consiste à nous assurer de venir en aide aux gens qui fréquentent les régions de la ville que nous voulons rendre vibrantes, affirme M. Shoemaker.

Il prévoit d’organiser une journée de sensibilisation afin d’éduquer les citoyens au sujet des causes de la pauvreté et des dépendances.

M. Shoemaker veut aussi que du financement soit prévu afin de mettre sur pied un centre de consommation supervisée.

« Je pense que les gens se rendent compte de manière générale qu’il va falloir prévoir de l’argent pour résoudre ce problème sérieux. »

— Une citation de  Matthew Shoemaker, candidat à la mairie de Sault-Sainte-Marie

Mais ces propos ne rassurent aucunement Connie Raynor-Elliott, qui travaille auprès des toxicomanes dans les rues de Sault-Sainte-Marie. Elle est sceptique face aux promesses des politiciens en campagne.

« Ils ne font que dire ce que nous voulons entendre. Nous avons besoin de mesures concrètes. »

— Une citation de  Connie Raynor-Elliott, membre du groupe Save Our Young Adults from Prescription Drug Abuse

Elle aimerait que les leaders municipaux intensifient leurs efforts de demande de financement auprès de la province.

Un sans-abri dort sur le sol dehors.

Les problèmes de pauvreté et de dépendance sont au cœur de la campagne électorale dans plusieurs municipalités du Nord de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / CBC News

Professeure de service social à l’Université Laurentienne, Carol Kauppi se dit encouragée de voir les divers candidats aux élections du 24 novembre discuter de pauvreté plus que jamais auparavant.

Elle a été membre d’un comité de la Ville du Grand Sudbury dont la mission consistait à trouver une manière de gérer le campement de sans-abri qui s’était installé au parc Memorial.

La Ville a finalement décidé d’évacuer le parc, ce qui a forcé Mme Kauppi à démissionner.

« Il y a un mouvement qui vise à chasser les gens et à réduire leur visibilité, mais ça ne règle pas le problème. »

— Une citation de  Carol Kauppi, directrice du Centre de recherche en politique et en justice sociale

La professeure estime que la Ville n’en fait pas assez pour obtenir du financement des gouvernements fédéral et provincial, surtout en matière de logement abordable.

Portrait de Carol Kauppi.

Carol Kauppi est professeure de service social à l'Université Laurentienne.

Photo : Fournie par Carol Kauppi

À Sudbury, le militant en faveur des sans-abri Bob Johnston a décidé cette fois-ci de se lancer dans la course à la mairie, qui compte huit autres candidats.

Il promet de donner, s’il est élu, 50 000 $ de son salaire au cours des deux prochaines années afin d’établir un centre d’aide et d’éducation des sans-abri.

On peut dépenser quelques milliers de dollars, un million de dollars, n’importe quoi. Si ça ne va pas dans la bonne direction, on perd notre temps et notre argent, et je comprends pourquoi la communauté en a assez, note M. Johnston.

À Hearst, le maire sortant Roger Sigouin, qui brigue un autre mandat, indique que les citoyens sont frustrés de voir les trafiquants de drogue ne recevoir qu’une tape sur les doigts de la part du système judiciaire.

Ces trafiquants font de bonnes affaires [...]. Après un bout de temps, on se fâche, et ce sont les enfants qui en paient le prix.

Avec les informations d'Erik White, de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !