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3e lien : la classe politique dit « n’importe quoi », selon Jacques Tanguay

Jacques Tanguay assis sur une chaise.

Jacques Tanguay milite en faveur d'un troisième lien depuis des années.

Photo : Radio-Canada

À une semaine du scrutin, l'homme d'affaires Jacques Tanguay se dit « désappointé » que le projet de troisième lien entre Québec et Lévis soit devenu un enjeu politique dans l'ensemble de la province.

À l'heure actuelle, je vois beaucoup trop de monde, trop de politiciens dire à peu près n'importe quoi, déplore le directeur général d'Ameublements Tanguay.

Selon lui, le projet de troisième lien alimente une guerre partisane entre les formations politiques, et la grande région de Québec pourrait y perdre au change.

Il ne se passe pas une journée sans que le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, ne soit interrogé au sujet du troisième lien. À ce propos, le premier ministre sortant a jeté un pavé dans la mare au début du mois en demandant aux Montréalais d’arrêter de regarder de haut les gens de Québec. Le manque d'études appuyant le tunnel ainsi que le refus de la CAQ de dévoiler celles existantes font beaucoup réagir.

Jacques Tanguay milite farouchement en faveur d'un troisième lien, essentiel selon lui afin de régler un grave problème de congestion routière dans la région.

Une plateforme de forage installée dans le fleuve entre Québec et Lévis.

Une plateforme de forage fait des prélèvements dans le fond du fleuve Saint-Laurent pour documenter la qualité des sols en vue de la construction du tunnel Québec-Lévis (archives).

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Il ne croit pas qu'un tel projet d'infrastructure doive faire l'objet d'autant d'attention médiatique en dehors de la grande région de Québec.

Quand tu vas manger dans un restaurant à Montréal, quand tu vas dans une activité à Montréal, t'entends pas parler du troisième lien, dit-il.

Il souligne le fait que de grands projets comme la construction du pont Samuel-De Champlain, à Montréal, n'ont attiré que peu d'attention médiatique en dehors de la métropole.

« C'est un débat politique, c'est un débat médiatique, mais ce n'est pas un débat sur la place publique. »

— Une citation de  Jacques Tanguay, directeur général d'Ameublements Tanguay

Rappelons que la CAQ propose un tunnel bitube de 6,5 milliards de dollars. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a récemment signé un contrat de 31 millions de dollars pour la préparation de l’avant-projet du tunnel entre Québec et Lévis.

Le Parti conservateur d'Éric Duhaime est la seule autre formation politique à proposer un troisième lien sous la forme d'un pont qui emprunterait l'île d'Orléans.

Une volonté politique inébranlable

La CAQ croit toujours être le meilleur parti pour mener le projet à terme.

Notre volonté politique est inébranlable, insiste Bernard Drainville, candidat de la CAQ dans la circonscription de Lévis.

Bernard Drainville.

Bernard Drainville est candidat de la CAQ dans la circonscription de Lévis.

Photo : Radio-Canada

L'ancien animateur de radio fait peu de cas du manque d'études et de données appuyant la construction d'un tunnel.

Comme Jacques Tanguay, il ne cache pas son irritation de voir l’opposition au troisième lien provenir d’un peu partout au Québec.

Tu as un paquet de commentateurs qui décident qu’on n’en a pas besoin, puis qu’on n’a pas de problème de congestion, s’exclame-t-il. Les gens me le disent! C'est devenu l'enfer! C'est le trafic tout le temps!

« Il y a une volonté des gens. On y répond. Puis les élections sont faites pour ça. »

— Une citation de  Bernard Drainville, candidat de la Coalition avenir Québec à Lévis

Bernard Drainville estime que c'est à la population de décider si le projet de troisième lien est pertinent ou non.

Les politiciens vendent un rêve

La professeure de l’École nationale d'administration publique (ENAP) et spécialiste de l’aménagement du territoire, Fanny Tremblay-Racicot, croit qu'il est bénéfique que des projets aussi importants que le troisième lien soient débattus dans le cadre d'une campagne électorale.

Selon elle, les politiciens gagnent des élections en promettant de nouvelles autoroutes, mais à moyen terme, le prolongement du réseau routier empire la congestion.

On promet un rêve alors que ça va aggraver les conditions de circulation, dit-elle.

« On ne peut pas blâmer la population d’y croire, mais on peut blâmer les politiciens qui font de l’aveuglement volontaire! »

— Une citation de  Fanny Tremblay-Racicot, professeure à l’ENAP et experte des questions de développement et de transport urbain
Des voitures circulent au ralenti, en file, sur l'autoroute 73, à l'approche de la tête des ponts.

La Capitale-Nationale doit réfléchir à ce qu'elle veut devenir, selon la professeure Fanny Tremblay-Racicot.

Photo : Radio-Canada / Hans David Campbell

Fanny Tremblay-Racicot est d'avis que la Capitale-Nationale arrive à un carrefour dans son développement. La construction d’un tunnel pour relier Québec à la Rive-Sud ne fera qu’encourager l’étalement urbain et augmenter la dépendance à l’automobile dans les municipalités voisines.

Est-ce qu’on veut une deuxième grande métropole congestionnée comme Montréal? C’est ça la question, indique la professeure.

Gouvernance irresponsable

Le candidat solidaire Sol Zanetti ne mâche pas ses mots pour décrire le projet caquiste.

C'est devenu le symbole d'une attitude de gouvernance irresponsable de la CAQ, clame le candidat dans la circonscription de Jean-Lesage.

Sol Zanetti

Sol Zanetti est candidat de Québec solidaire dans la circonscription de Jean-Lesage

Photo : Radio-Canada / Steve Breton


Ils veulent mettre des milliards dans un projet dont la nécessité n'est pas démontrée. Un projet qui est basé sur aucune étude. Un projet dont les coûts pourraient exploser. C'est complètement absurde, dénonce-t-il.

M. Zanetti croit que les Lévisiens seraient mieux desservis par le Service rapide par bus (SRB) que veut mettre sur pied son parti.

Il accuse la CAQ de laisser dépérir le pont Pierre-Laporte et le pont de Québec afin de mousser l'appui envers le troisième lien.

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