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L’automutilation est en hausse chez les filles

Les jeunes en détresse sont de plus en plus nombreux à s'infliger des blessures corporelles.

Le taux d'automutilation chez les adolescentes a augmenté pendant la pandémie, mais le bureau de santé publique dit qu'il est encore en train de déterminer s'il s'agit d'une simple anomalie ou d'une véritable tendance à la hausse.

Photo : iStockphoto

Radio-Canada

L'an dernier, le nombre de visites à l'urgence et d'hospitalisations pour automutilation chez les préadolescentes et chez les adolescentes a atteint son niveau le plus élevé depuis 10 ans dans Windsor-Essex, selon des données récemment publiées par le bureau de santé régional.

Les cas deviennent plus graves et le nombre d'hospitalisations augmente.

La principale raison pour laquelle nous devrions nous préoccuper de ces automutilations, c'est que la recherche montre maintenant que [...] cela peut exacerber les tendances suicidaires, explique Venus Olla, psychothérapeute clinicienne et professeure à l'Université de Windsor.

Mme Olla regarde tout droit dans l'objectif de l'appareil photo.

Venus Olla, psychothérapeute clinicienne et professeure à l'Université de Windsor, encourage les parents à aider leurs enfants en difficulté à exprimer ce qu’ils ressentent en toute sérénité et en toute confiance.

Photo : Jennifer La Grassa/CBC

Ainsi, en 2012, le nombre de visites aux urgences pour automutilation s'était élevé à 359. En 2021, ce chiffre est passé à 487, selon les données du bureau de santé local.

Le nombre d'hospitalisations est passé de 68 en 2012 à 293 en 2021.

Ce qui fait la particularité de la région de Windsor-Essex, c'est le nombre élevé d'incidents d'automutilation qui impliquent l'utilisation d'un objet tranchant ou de drogues chez les filles âgées de 10 à 19 ans, souligne Mme Olla.

« Dix [ans], c'est plutôt jeune quand on pense à adopter un comportement d'automutilation. »

— Une citation de  Venus Olla, psychothérapeute clinicienne et professeure à l'Université de Windsor

Toujours selon les données du bureau de santé, le taux d'automutilations qui ont nécessité une visite aux urgences chez les jeunes de 10 à 19 ans est passé de 162,07 pour 100 000 habitants en 2012 à 324,73 pour 100 000 habitants en 2021.

En comparaison, dans la tranche d'âge des 20-44 ans, le taux d'automutilations qui ont nécessité une visite aux urgences a baissé, passant de 133,71 en 2012 à 144,16 en 2021.

Tendance inquiétante

Compte tenu de l'impact de la pandémie sur les gens, notamment sur leur santé mentale, les acteurs du milieu s'attendaient à une aggravation de la situation, note Mme Olla. Ce qui inquiète davantage, c'est l'augmentation du nombre d'hospitalisations en rapport avec ce phénomène.

En 2012, 16 patients ont été hospitalisés après s'être automutilés. En 2021, on parle de 36 personnes.

La principale raison pour laquelle nous devrions nous préoccuper de cette automutilation, c'est que la recherche montre maintenant que cela peut faire augmenter la possibilité de passer à des tendances suicidaires, constate la chercheuse.

Ce constat préoccupe également Ramsey D'Souza, responsable de l'épidémiologie et des évaluations au bureau de santé publique de Windsor-Essex. Il explique que des études sont actuellement menées pour savoir si cette hausse du nombre d'hospitalisations est liée à la pandémie ou si elle témoigne d'une tendance qui pourrait se confirmer.

« Nous nous tournons vers nos partenaires communautaires pour qu'ils nous fournissent un contexte sur ces cas, ce qui nous aidera à savoir si l'année dernière n'était qu'une anomalie. »

— Une citation de  Ramsey D'Souza
Un portrait de Nafissa Ismail.

En tant que parents, nous devons quand même garder l'œil ouvert sur ce qui se passe chez les garçons, essayer d'observer les signes avant-coureurs puis intervenir le plus rapidement possible, affirme Mme Ismail.

Photo : Avec Autorisation de Nafissa Ismail

Un problème généralisé

Selon Nafissa Ismail, professeure à l'École de psychologie et titulaire de la chaire de recherche sur le stress et sur la santé mentale à l'Université d’Ottawa, la période de l'adolescence est très vulnérable au stress, surtout chez les filles.

Elle explique que l'automutilation des filles est un phénomène observé dans tout le Canada.

Plusieurs études démontrent que les filles adoptent plus souvent cette manière de gérer leur stress, explique-t-elle.

« On voit que les filles ont recours à l'automutilation pour exprimer leur détresse et le stress qu’elles ressentent. »

— Une citation de  Nafissa Ismail

Elle appelle les parents à garder l'œil ouvert sur leurs enfants, car les signes d’automutilation sont souvent difficiles à déceler.

Avec les informations de CBC et de Gabriel Nikundana

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