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Château Dubuc : qui paiera pour ramasser les débris?

Le château Dubuc, qui est en partie emporté par la tempête Fiona.

Le Château Dubuc, après le passage de Fiona (archives)

Photo : Radio-Canada / Louis Pelchat-Labelle

Radio-Canada

Le Château Dubuc, à Chandler, a succombé aux vagues générées par la tempête Fiona samedi. Alors que les débris du bâtiment patrimonial s’étendent sur les berges, son propriétaire estime que le fédéral doit s’impliquer pour faire le ménage. De son côté, le maire de la Ville, Gilles Daraîche, rappelle que le propriétaire avait la responsabilité de protéger les installations qui menaçaient de prendre la mer depuis déjà plusieurs mois.

Le propriétaire du bâtiment patrimonial estime que la balle est dans le camp d’Ottawa. Comment voulez-vous que je nettoie? Tous ces résidus-là ne sont même plus sur mon terrain. Ils appartiennent au gouvernement, la plage est au gouvernement, plaide Michel St-Pierre.

Celui-ci affirme avoir investi tout son argent pour tenter de sauver le bâtiment qui doit son nom à Julien-Édouard-Alfred Dubuc, l'un des plus grands industriels francophones du 19e siècle au Québec.

« Moi, je n’ai plus un sou, j’ai tout mis ici depuis 25 ans. À mon âge, je suis obligé de travailler encore à plein temps. »

— Une citation de  Michel St-Pierre, propriétaire du Château Dubuc

En entrevue avec Radio-Canada dimanche, le maire de Chandler, lui, ne voyait pas les choses du même œil. Gilles Daraîche estime que le bâtiment aurait pu être démoli avant qu’il ne s’écroule sur les berges.

Le Château Dubuc, qui est en partie emporté par la tempête Fiona

Le château Dubuc, photographié dimanche (archives).

Photo : Radio-Canada / Louis Pelchat-Labelle

L’élu indique que le propriétaire des lieux a récemment reçu une mise en demeure de la Ville l’exhortant à protéger le bâtiment datant de 1916. Celle-ci faisait suite à de nombreux pourparlers depuis 2018 au cours desquels il lui a été demandé de sécuriser les lieux en prévision du pire. Il aurait peut-être dû le faire, note le maire.

« Je pense que le premier fautif, c’est le propriétaire. »

— Une citation de  Gilles Daraîche, maire de Chandler

C’est très triste de voir ça, mais par contre, c’était très prévisible. Si nous, on s'y attendait, le propriétaire également, s’y attendait, a-t-il ajouté lundi matin à l’émission Bon pied, bonne heure.

Gilles Daraîche rappelle que le Château Dubuc est une propriété privée et craint que l’intervention financière de la Ville dans ce dossier ne crée un précédent. Si on contribue pour le Château Dubuc, il y a des gens qui vont venir cogner à notre porte. […] Il faut être prudents dans ces dossiers-là, on n’est pas responsables de tous les bâtiments de la Ville de Chandler.

Le maire de Chandler, Gilles Daraîche, photographié devant l'hôtel de ville.

Le maire de Chandler, Gilles Daraîche, photographié devant l'hôtel de ville

Photo : Radio-Canada / Louis Pelchat-Labelle

L’élu précise qu’il discutera lundi avec la direction générale de la Ville. Les impacts de la présence des débris dans le secteur seront notamment analysés.

L’option de demander de l’aide au gouvernement provincial fera également partie des scénarios étudiés. Il n’a pas voulu s’impliquer pour le sauver, au moins, qu’il s’implique pour le ramasser, fait valoir le maire, précisant que la facture pourrait s’avérer salée.

L’inaction du gouvernement pointée du doigt

Le candidat péquiste dans Bonaventure, Alexis Deschênes, s’est rendu dimanche sur le site où trônait auparavant fièrement le Château Dubuc. L’émotion qui m’habite, c’est de la tristesse, mais aussi un peu de colère. C’est un désastre qui aurait pu être évité, note celui qui s'est déplacé pour constater l'ampleur des dégâts.

Le candidat péquiste dans Bonaventure, Alexis Deschênes.

Le candidat péquiste dans Bonaventure, Alexis Deschênes, pointe du doigt le gouvernement sortant.

Photo : Radio-Canada / Louis Pelchat-Labelle

L’aspirant député rappelle que son parti a écrit à la ministre de la Culture, Nathalie Roy, lui demandant de prendre une ordonnance afin de faire déplacer le Château Dubuc. Il croit qu’une solution aurait pu être trouvée si la ministre de la Culture avait exercé un vrai leadership.

Selon lui, le gouvernement caquiste a fait preuve d’indifférence relativement à ce témoin du passé industriel de Chandler. Le candidat péquiste martèle que seule une aide exceptionnelle d'urgence de 40 000 $ a été proposée en octobre 2021 par Québec afin de sauver le bâtiment.

« Vous savez, 40 000 $, on ne fait même pas le sous-sol d'un bungalow avec ça. »

— Une citation de  Alexis Deschênes, candidat du Parti québécois dans Bonaventure

Le maire de Chandler rappelle qu’en juin dernier, la Ville envisageait d’acquérir le bâtiment pour un dollar afin d’assurer sa pérennité. L’administration municipale s’est toutefois butée à une fin de non-recevoir lorsqu’elle a demandé une aide financière à Québec.

Le Château Dubuc, en juillet 2021.

Le Château Dubuc tenait encore bon en juillet 2021, lorsque cette photo a été prise.

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

Alors que le gouvernement a investi massivement pour sauver la villa Frederick-James, à Percé, le maire de Chandler a cru pendant un moment que le gouvernement contribuerait. On pensait que le timing était extraordinaire, note-t-il, déplorant que l'aide offerte se soit finalement limitée à 40 000 $.

« S’ils voulaient rire de nous autres avec ça, ils ont [réussi]. »

— Une citation de  Gilles Daraîche, maire de Chandler

Quant au propriétaire, il déplore de ne pas avoir reçu l’aide demandée du gouvernement provincial, qu’il qualifie de fossoyeur de patrimoine, alors qu’il était encore temps de reculer sa propriété afin de la préserver de l'érosion qui la grugeait lentement.

Michel St-Pierre, propriétaire du Château Dubuc, photographié à proximité des débris.

Le propriétaire du Château Dubuc, Michel St-Pierre, a tenté durant plusieurs mois de trouver des solutions afin que le bâtiment, en péril en raison de l'érosion côtière, soit déplacé.

Photo : Radio-Canada / Louis Pelchat-Labelle

Je trouve que c’est un scandale. Ça fait mal, terriblement. Ça fait mal de voir que ce patrimoine-là s’en va, que le gouvernement fait à peu près rien pour le réchauffement climatique, qui est un peu la cause de ça, a lancé Michel St-Pierre au lendemain de l’effondrement de sa propriété.

Avec les informations de Louis Pelchat-Labelle et d'Isabelle Lévesque

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