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La sonde DART a frappé l’astéroïde Dimorphos

Un point lumineux et rocheux sur fond noir.

Dimorphos vu par DART 11 secondes avant l'impact. La sonde se trouvait à 68 kilomètres de l'astéroïde. Cette image est la dernière à contenir la totalité de Dimorphos dans le champ de vision.

Photo : NASA/Johns Hopkins

Radio-Canada

Et... impact! Lors d'un exercice visant à détourner une éventuelle menace pour la Terre, la NASA a projeté la sonde DART contre l’astéroïde Dimorphos en début de soirée lundi.

Après 10 mois de voyage, le vaisseau de 570 kilos, plus petit qu'une voiture, a percuté le petit astéroïde de 160 mètres de diamètre à une vitesse de plus de 20 000 km/h.

Deux points lumineux, un petit et un grand, sur un fond sombre.

L'astéroïde Didymos (en haut à gauche) et son satellite, Dimorphos, environ 2,5 minutes avant l'impact de DART avec ce dernier.. L'image a été prise par l'imageur DRACO à une distance de 920 kilomètres.

Photo : NASA/Johns Hopkins

Les équipes de la NASA, réunies au centre de contrôle de la mission dans le Maryland, aux États-Unis, ont explosé de joie devant les images spectaculaires de l'astéroïde qui se rapprochait peu à peu juste avant la collision.

Quelques minutes auparavant, l'astéroïde Dimorphos, situé à environ 11 millions de kilomètres de la Terre, a peu à peu grandi sur les spectaculaires images retransmises en direct par le vaisseau. On pouvait clairement y distinguer les cailloux à sa surface grise juste avant que les images stoppent au moment de l'explosion.

Ce fut extraordinaire de voir les dernières images! Nous étions collés à l'écran. Tout s'est déroulé de façon extrêmement smooth. L'équipe a explosé de joie en voyant les dernières images, surtout quand on s'est rendu compte que DART était assez proche pour ne pas manquer la cible, a confié Québécoise Julie Bellerose, cheffe de navigation du Jet Propulsion Laboratory de la NASA.

Nous sommes embarqués dans une nouvelle ère où nous avons potentiellement la capacité de nous protéger d'un impact d'astéroïdes dangereux, a déclaré Lori Glaze, directrice des sciences planétaires à la NASA.

Image montrant une surface rocheuse.

La dernière image complète de l'astéroïde Dimorphos prise par l'imageur DRACO de la sonde DART à environ 12 kilomètres de l'astéroïde et à 2 secondes avant l'impact. L'image montre une zone de l'astéroïde de 31 mètres de diamètre.

Photo : NASA/Johns Hopkins

Il faudra attendre de quelques jours à quelques semaines avant que les scientifiques puissent confirmer que la trajectoire de l'astéroïde a bien été altérée. Ils le feront grâce aux télescopes sur Terre, qui observeront la variation de l'éclat lorsque le petit astéroïde passe devant et derrière le gros.

Tester nos défenses

Cette mission kamikaze, dont le but est de dévier la trajectoire d’un objet céleste, est un test de défense planétaire qui doit permettre de mieux protéger l'humanité.

La mission DART (fléchette, en anglais, et acronyme de Double Asteroid Redirection Test) a décollé depuis la base californienne de Vandenberg à bord d'une fusée Falcon 9 de SpaceX en novembre dernier.

Dimorphos ne représente pas de véritable danger pour la Terre puisque son orbite autour du Soleil ne passe qu'à sept millions de kilomètres de la Terre au plus proche. En outre, l’objectif de la NASA n’est pas de le détruire mais bien de le pousser légèrement.

Dimorphos est en orbite autour d'un plus gros astéroïde, Didymos (780 mètres de diamètre), dont il fait le tour en 11 heures et 55 minutes. Le but est de réduire l'orbite de Dimorphos autour de Didymos d'environ dix minutes.

Ce changement pourra être mesuré par des télescopes depuis la Terre.

L'objectif peut sembler modeste, mais cette démonstration est cruciale pour l'avenir. Il s'agit de mieux comprendre comment réagira Dimorphos, qui représente une population d'astéroïdes assez communs mais dont on ne connaît pas la composition exacte. L'effet de l'impact dépendra en grande partie de sa porosité, c'est-à-dire s'il est plus ou moins compact.

Illustration d'un astéroïde et de la sonde.

L'approche de la sonde DART s'est produite à très grande vitesse, soit autour de 20 000 km/h.

Photo : NASA

Pour atteindre une cible si petite, le vaisseau s'est dirigé de façon autonome durant les quatre dernières heures, comme un missile autoguidé. Sa caméra a pris au dernier moment les toutes premières images de l'astéroïde à un rythme d'une image par seconde.

Un satellite de la taille d'une boîte à chaussures, appelé LICIACube, relâché par le DART il y a quelques jours, est passé à environ 55 km de l'astéroïde pour prendre des images de l'impact.

Un satellite LICIACube est passé à environ 55 km de l'astéroïde pour prendre des images de l'impact (visible en haut à droite).

Photo : NASA

Trois minutes plus tard, un satellite de la taille d'une boîte à chaussures, appelé LICIACube, relâché par le vaisseau il y a quelques jours, est passé à environ 55 km de l'astéroïde pour prendre des images. Elles seront renvoyées vers la Terre au cours des prochaines semaines et des mois suivants.

L'événement a également été observé par les télescopes spatiaux Hubble et James Webb, qui devraient pouvoir détecter un nuage de poussière brillant.

Puis la sonde européenne HERA, qui doit décoller en 2024, ira observer de près Dimorphos en 2026 pour évaluer les conséquences de l'impact et calculer, pour la première fois, la masse de l'astéroïde.

Très peu d'astéroïdes connus sont considérés comme potentiellement dangereux et aucun ne le sera au cours des 100 prochaines années.

Toutefois, je garantis que si vous attendez assez longtemps, il y aura un objet, a déclaré Thomas Zurbuchen, chef scientifique de la NASA.

Près de 30 000 astéroïdes de toutes tailles ont été catalogués dans les environs de la Terre (on les appelle des géocroiseurs, c'est-à-dire que leur orbite croise celle de notre planète). Environ 3000 nouveaux astéroïdes sont découverts chaque année.

Ceux d'un kilomètre et plus ont presque tous été repérés, selon les scientifiques. Mais ils estiment n'avoir connaissance que de 40 % des astéroïdes qui mesurent 140 mètres et plus, c'est-à-dire ceux capables de dévaster une région entière.

La mission est un premier pas vers une véritable capacité de défense, selon Nancy Chabot. La Terre est frappée par des astéroïdes depuis des milliards d'années et cela se reproduira. En tant qu'humains, faisons en sorte de vivre dans une civilisation où nous pouvons l'éviter.

Avec des informations de Danny Lemieux, de Découverte

Avec les informations de Agence France-Presse

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