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Tumblr, MySpace, Foursquare : que sont devenus ces réseaux d’autrefois?

Un cellulaire avec plusieurs icônes d'applications.

De nombreux réseaux sociaux des débuts ont perdu de leur popularité pour laisser place à de nouveaux outils encore plus viraux.

Photo : Radio-Canada / David et Camile Gauthier

Bien avant l’ascension rapide des géants comme Facebook et Twitter, MySpace, Foursquare et Tumblr occupaient une place de choix auprès de bon nombre d’internautes au début des années 2000.

Victimes du succès de leurs compétiteurs, plusieurs de ces réseaux sociaux ont sombré dans l’anonymat. Certains ont été en mesure de s'adapter et ont même réussi à devenir rentables. D'autres n'ont pas subi le même sort et sont maintenant relégués aux reliques du Web.

Tumblr : sombrer dans l’obscurité

Tumblr a vu le jour en 2007. Ce site de microblogage était prisé par de nombreux millénariaux et les membres plus âgés de la génération Z qui représentaient une grande partie des utilisateurs du site à son apogée, en 2010.

Souvent membres de communautés centrés sur des intérêts communs, bon nombre d'abonnés à Tumblr ont eu un blogue personnel où ils partagent du contenu sur des célébrités, des séries télévisées ou des artistes.

Éventuellement, des réseaux sociaux tels Instagram et Reddit, qui permettaient de mieux partager et d'échanger sur ces intérêts ont fini par supplanter Tumblr. Le réseau devient alors un endroit pour des communautés et blogues qui partagent des contenus à caractère pornographique qui ne sont pas tolérés sur d’autres plateformes.

Le déclin se poursuit en 2018 , avec une interdiction de publication de contenu pornographique qui survient lorsque l'application est retirée de l'App Store d'Apple pour avoir hébergé de la pornographie juvénile.

Tumblr existe encore aujourd’hui. C'est désormais une plateforme pour la publication de contenu photographique et de fanfiction. En 2022, le réseau social recense une publication quotidienne de 12,8 millions de contenus. Ce chiffre s'élevait à 89 millions de publications par jour en 2013.

La page d'accueil de Tumblr.

La page d'accueil de Tumblr..

Photo : Radio-Canada / Charley Dutil

Foursquare : une adaptation profitable

Si Tumblr a sombré dans l’obscurité, Foursquare a pris un chemin différent pour se transformer. Ce réseau social était originalement basé sur la géolocalisation. Ainsi, les usagers pouvaient effectuer des publications basées sur leur emplacement. Foursquare a été très populaire au début des années 2010, mais l'engouement s'est rapidement estompé et le réseau a disparu du radar pour bon nombre d'internautes.

Afin de rester à flot Foursquare s'est adaptée en s'éloignant de ses origines en tant que réseau social pour plutôt devenir une société qui se concentre sur la collecte de données de géolocalisation pour des grandes compagnies. Elle a désormais des ententes lucratives avec des géants numériques tels que Snapchat, Airbnb et Uber.

Fait intéressant, lorsque Foursquare était au sommet de sa popularité en 2012, les revenus de la société s'élevaient à 2 millions de dollars. En 2021, la compagnie affiche désormais des revenus de 150 millions de dollars.

MySpace : roi déchu des réseaux sociaux

L’ascension de MySpace a été rapide. Créé en 2003 , le site est vendu deux ans plus tard pour 580 millions de dollars à News Corp, la compagnie du magnat des médias américains Rupert Murdoch. La même année, le site devient le réseau social avec le plus grand nombre d'utilisateurs. Au sommet de sa popularité en avril 2008, le site enregistrait 115 millions d'utilisateurs actifs.

MySpace devient également un site populaire pour les artistes émergents. Le réseau donne aux artistes la chance de créer une page virtuelle où ils peuvent partager leur musique avec les utilisateurs du site. Similairement à TikTok de nos jours, plusieurs artistes comme Calvin Harris, Panic at the Disco et Arctic Monkeys, se sont fait connaître grâce à MySpace.

Entre 2005 et 2008 , MySpace est le réseau social avec le plus grand nombre d'utilisateurs. En 2008, Facebook supplante Myspace au palmarès des réseaux sociaux.

En 2011 , MySpace est vendu pour 35 millions de dollars et devient alors un site qui se concentre entièrement sur la musique. Aujourd’hui, le site continue de promouvoir la musique, cependant, il ne s’agit plus d’artistes émergents, mais des artistes populaires — souvent les mêmes qui avaient jadis connu la gloire sur cette plateforme, il y a plus de 10 ans.

La page d'accueil de Myspace

La page d'accueil de Myspace

Photo : Radio-Canada / Charley Dutil

Pourquoi certains utilisent-ils encore ces réseaux sociaux?

Selon Diane Pacom, professeure émérite de sociologie à l’Université d’Ottawa, il y aurait plusieurs raisons qui peuvent expliquer pourquoi une personne se tournerait vers des réseaux sociaux d’autrefois sur une base régulière. La première est simplement une question de routine et d’habitude.

Les réseaux sociaux sont comme tout le reste, des gens s'y attachent, affirme-t-elle. Vous savez, ça fait partie de nos habitudes, ça fait partie de ce qu'on fait. Puis, dans la mesure où on est à l'aise avec ça, ce n’est pas nécessaire toujours de changer pour changer.

Une personne pourrait également avoir un certain attachement à un réseau plus ancien.

Ce sont des affaires émotives, on s'attache à quelque chose et puis on est bien, affirme Diane Pacom.

Pour Ramona Pringle, professeure à l'Université métropolitaine de Toronto, l’âge d'une personne qui se joint à des réseaux sociaux peut avoir un grand impact sur leurs habitudes de consommation.

Souvent, une personne est plus à l'aise avec les réseaux sociaux avec lesquels elle a grandi et appris à utiliser à un jeune âge.

Ramona Pringle croit également que les politiques controversées de plateformes populaires telles Facebook peuvent influencer certaines personnes à utiliser des plateformes plus anciennes.

Je pense aussi que l’utilisation d'anciens réseaux sociaux peut être une réponse aux politiques opaques des grands réseaux sociaux d’aujourd’hui sur le plan de la confidentialité et ce qu'ils font avec nos données, affirme Ramona Pringle. Si tu regardes une plateforme comme Tumblr, on dirait que c’est un peu plus simple.

La professeure à l'Université métropolitaine de Toronto croit que cette impression combinée à un facteur de nostalgie expliqueraient pourquoi une personne choisirait un réseau moins populaire ou d'autrefois.

Je pense qu’il y a une certaine nouveauté dans la nostalgie avec certaines de ces plateformes et je crois qu’il y a quelque chose de pur dans la simplicité de cette transaction, conclut-elle.

Le glas sonnera-t-il bientôt pour Facebook?

La professeure de l’Université Waterloo et experte en réseaux sociaux, Aimée Morrison, se demande si Facebook ne sera pas le prochain à joindre la longue liste de réseaux sociaux dépassés.

Facebook est dans une sorte de sénescence en ce moment. Le site ajoute des fonctionnalités, ajoute des utilisateurs et en perd d’autres, ajoute de nouvelles politiques pour ensuite les retirer, fait l'objet d'une enquête pour ses pratiques de collecte de données et développe une réputation d’un site pour les gens âgés , constate Aimée Morrison.

Lorsqu’elle donne un cours universitaire, elle demande toujours à ses étudiants s’ils utilisent Facebook. La réponse est souvent non ou simplement pour rester en contact avec les proches plus âgés.

« Le site a maintenant la réputation d’un endroit toxique et à un certain point il aura ajouté tellement de fonctionnalités qu’il va devenir inutilisable et aura de la difficulté à attirer de nouveaux utilisateurs. »

— Une citation de  Aimée Morrison, professeure, Université de Waterloo

Sur ce point, la professeure explique qu’un réseau comme Facebook qui essaye de s’adapter pour survivre va souvent adopter des fonctionnalités d’autres réseaux émergents. Elle cite en exemples les stories de Facebook qui sont une adaptation de Snapchat et des Reels d’Instagram, une fonctionnalité développée en réaction à l'essor de TikTok.

Les sites plus établis ne veulent pas perdre d’utilisateurs, donc ils clonent des fonctionnalités de nouveaux sites [...] mais parfois les utilisateurs sont habitués à la façon dont leur réseau favori fonctionne, croit Aimée Morrison. Elle note que ces transformations ne plaisent pas forcément aux utilisateurs.

Selon Aimée Morrison, le fait que Facebook fait face à plusieurs controverses ou subit des enquêtes constantes pour ses pratiques n'aide pas sa réputation. Néanmoins, elle conclut que le plus grand défi pour Facebook est que le réseau perd son facteur "cool".

De son côté, Ramona Pringle croit que la réputation de Facebook ainsi que son déclin ont été les motifs qui ont poussé le changement de nom de l’entreprise vers Meta.

Je pense également que c’est pour cela qu'on voit l’entreprise investir dans d’autres projets comme Instagram et modifier son offre. Je pense qu’il y a toujours l’inquiétude que la performance et la réputation d’un produit se reflètent sur la compagnie en entier.

Ramona Pringle affirme cependant que le fait qu’une plateforme comme Facebook soit omniprésente dans l’économie et dans la vie des gens fait en sorte qu’elle est plus résistante que certains anciens réseaux sociaux.

La professeure confirme qu’il y a toujours le danger qu’une innovation, tel le métavers, rende les plateformes d’aujourd’hui obsolètes.

Il y a toujours la peur que nous allons commencer à communiquer en ligne d’une nouvelle façon. Si par exemple, le métavers devient populaire, voudrions-nous vraiment interagir sur des plateformes 2D? , conclut-elle.

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