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Les cinq chefs croisent le fer une dernière fois chez Guy A. Lepage

François Legault, Dominique Anglade et Paul St-Pierre Plamondon assis en rangée.

Les chefs des cinq principaux partis politiques au Québec étaient invités à l’émission Tout le monde en parle dimanche soir. Sur la photo : François Legault, Dominique Anglade et Paul St-Pierre Plamondon.

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Le passage des chefs des cinq principaux partis politiques québécois sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle, dimanche soir, a donné lieu à des échanges parfois corsés et à quelques pointes d’humour bien senties, mais aussi à des candidats qui n’ont à aucun moment dérogé à leur plan de communication pour convaincre les électeurs.

Réunis sur le plateau de Tout le monde en parle lors de la dernière heure de l’émission, c’était la dernière fois que les cinq chefs François Legault, Dominique Anglade, Paul St-Pierre Plamondon, Éric Duhaime et Gabriel Nadeau-Dubois avaient l’occasion de croiser le fer tous ensemble avant le scrutin du 3 octobre.

Assisté de MC Gilles qui faisait office de fou du roi pour la soirée, l’animateur Guy A. Lepage avait concocté avec son équipe une formule où il adressait des questions précises à chaque candidat à tour de rôle, tout en permettant un droit de réplique à l’un de ses adversaires qui seraient attaqués en retour lors d’une réponse.

Pendant moins d'une heure, les candidats ont été interpellés avec humour et mordant sur divers sujets qui préoccupent les Québécois et les défis auxquels fera face le prochain gouvernement. Il a bien entendu été question d'économie, d’environnement, de transport, de langue française, de souveraineté et de liberté expression.

Sans surprise, chacun des candidats est demeuré dans sa zone de confort, récitant au besoin des lignes de communication désormais bien apprises après près d’un mois de campagne.

Dominique Anglade sourit.

La cheffe du Parti libéral du Québec Dominique Anglade sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle, dimanche soir.

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Questionnée d’entrée de jeu sur les perspectives d’une défaite historique pour le Parti libéral du Québec (PLQ) la semaine prochaine, la cheffe Dominique Anglade a assuré l'animateur, qui lui demandait s’il ne serait pas plus simple de repartir ça sous un autre nom, genre la CAQ, qu’elle comptait demeurer à la barre du PLQ quoiqu’il arrive.

Assurant être une fière libérale, Mme Anglade a expliqué : La raison pour laquelle je fais de la politique, ce n’est pas parce que je pense que c’est facile […] J’y vais parce que fondamentalement, j’y crois.

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, dont la formation politique arrive toujours dernière dans les intentions de vote, a pour sa part déclaré que son parti n’est pas aussi en péril qu’on le croit, que les indicateurs internes sont à la hausse et qu’une autre remontée est à portée de main.

« Je pense qu’au prochain sondage, on va avoir à nouveau monté. On va avoir rejoint les autres partis d’opposition. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Attaqué à plusieurs reprises par ses adversaires sur le dossier de l’environnement, le premier ministre sortant et chef de la CAQ, François Legault, s’est prêté à l’exercice en encaissant les tirs croisés, prenant soin d’éviter tout dérapage à une semaine du scrutin, comme son parti trône en tête des sondages depuis des mois.

Il rit.

Le chef de la Coalition avenir Québec François Legault sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle, dimanche soir.

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Comme elle l’a fait à maintes reprises depuis le début de la campagne, Dominique Anglade a reproché à M. Legault d’avoir gouverné en semant la division entre les Québécois et de tenter de se faire réélire en utilisant la même stratégie.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

La question de l’urne

Moment intéressant, la cheffe libérale et son adversaire péquiste Paul St-Pierre Plamondon se sont rapprochés un court instant lorsque M. Plamondon a abordé la question de l’urne, celle qu’on doit se poser dans l’isoloir avant de voter.

Selon le leader souverainiste, cette année, elle sera la suivante : Est-ce qu’on devrait donner les pouvoirs absolus à François Legault ou est-ce qu’on veut des oppositions fortes?

Paul St-Pierre Plamondon assis devant l'animateur.

Le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle, dimanche soir.

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Affirmant vouloir former une opposition constructive, M. St-Pierre Plamondon a poursuivi en rappelant aux électeurs et à ses adversaires que de se lancer des attaques, des insultes personnelles… les jeunes contre les vieux, Montréal contre Québec, ce n’est pas une politique qui intéresse les gens.

Unis sur la tiédeur du gouvernement Legault face à l’urgence climatique, Gabriel Nadeau-Dubois et Paul St-Pierre Plamondon se sont une fois de plus rangés derrière les mêmes arguments.

Soulignant la communauté d’idées entre leurs formations respectives, Guy A. Lepage a demandé aux deux chefs s’ils n’étaient pas au fond leurs pires ennemis dans cette campagne.

C’est un débat qui a eu lieu en 2018, là on est en 2022, s’est contenté de répondre Gabriel Nadeau-Dubois, fermant la porte à toute spéculation sur une éventuelle alliance avec le PQ.

Il sourit.

Le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle, dimanche soir.

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Calculatrice solidaire

Souvent attaqué par ses adversaires sur le manque de réalisme économique de son programme, Gabriel Nadeau-Dubois a de son côté profité de cette heure de grande écoute pour annoncer le lancement d’une calculatrice solidaire.

Cet outil en ligne permet aux électeurs d’estimer l’impact financier qu’aurait l’élection d’un gouvernement solidaire sur leur portefeuille.

Pour sa part, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a concentré ses attaques essentiellement contre François Legault, le mettant une fois de plus au défi de rendre publiques les études que son gouvernement a commandées sur la faisabilité du tunnel qu’il projette de construire entre Lévis et Québec.

Le chef du Parti conservateur du Québec Éric Duhaime sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle, dimanche soir.

Le chef du Parti conservateur du Québec Éric Duhaime sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle, dimanche soir.

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Le chef conservateur a également lancé une charge contre François Legault en lui reprochant de l’avoir insulté en le comparant à Donald Trump. Affirmant qu’il n’a rien en commun avec l’ex-président américain, Éric Duhaime a accusé le chef caquiste de l’avoir sali gratuitement et lui a demandé des excuses qu’il n’a jamais reçues.

« Est-ce que c'était vraiment nécessaire de me comparer à Donald Trump? Je ne suis pas Donald Trump [...] Ce n'est pas digne d'un chef d'État. »

— Une citation de  Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec

François Legault s’est défendu en soulignant que pendant la pandémie, M. Duhaime incitait les gens à ne pas respecter les restrictions sanitaires, qualifiant de fake news les données du gouvernement sur la santé publique. Une attitude irresponsable pour un leader, selon lui.

Questions en rafale

La soirée s’est terminée par une série de questions en rafale auxquelles les chefs ne pouvaient répondre que par oui ou par non.

On a ainsi appris que tous les candidats préféreraient vivre dans un pays sans roi. Même que le chef péquiste refusera de prêter serment s'il est élu.

Que tous les chefs estiment que René Lévesque a été le plus grand premier ministre de l’histoire du Québec, sauf pour Dominique Anglade qui a plutôt répondu Jean Lesage.

Tous ont aussi convenu que le français est menacé au Québec et que l’anglais ne l’est pas.

Enfin, Dominique Anglade et Gabriel Nadeau-Dubois ont reconnu l’existence du racisme systémique au Québec, Paul St-Pierre Plamondon a préféré le terme racisme institutionnel tandis que François Legault et Éric Duhaime ont reconnu l’existence du racisme chez nous, mais pas de façon systémique.

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