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Industrie du cannabis au Canada : une croissance qui écrase les petits joueurs

La façade d'un magasin de cannabis de l'entreprise Delta 9 à Winnipeg. Quelques personnes font la file devant l'entrée.

L'entreprise Delta 9 est autorisée à vendre du cannabis au Manitoba. Son PDG, John Arbuthnot, observe un marché saturé et appelle le gouvernement à réduire la paperasserie et les taxes pour permettre aux petits joueurs de l'industrie du cannabis de survivre.

Photo : Radio-Canada / Camille Gris Roy

Radio-Canada

Quatre ans après la légalisation de l’usage récréatif du cannabis au Canada, des milliers de magasins ont envahi les quatre coins du pays, mais plusieurs doivent encore se battre pour résister dans ce marché en pleine « saturation », selon des acteurs de l'industrie.

Au Manitoba, le président-directeur général de l’entreprise Delta 9, John Arbuthnot, une entreprise spécialisée dans la vente de divers produits à base de cannabis, explique que les lourdeurs administratives, les taxes élevées et les faibles marges nuisent à la rentabilité.

Cette réalité oblige surtout les petits magasins à vendre à de plus grandes entreprises.

D’ailleurs, Delta 9 prévoit acquérir d'autres magasins de plus petits acteurs au cours des six prochains mois. Cette entreprise qui compte 38 établissements au Canada vient d’acheter trois nouveaux magasins.

Nous pensons que le cannabis canadien et le segment de la vente au détail atteignent maintenant un point de saturation. La consolidation va être un thème clé dans l'avenir, souligne M. Arbuthnot.

Récemment, en Alberta, des professionnels de l'industrie du cannabis ont indiqué que la saturation du marché va contraindre de nombreux détaillants à fermer leurs commerces et entraîner la chute des prix.

À Winnipeg, de nombreux magasins ont mis la clé sous la porte au cours des derniers mois, et c’est une tendance qui s’observe un peu partout au Canada.

Fire and Flower, une entreprise qui possède des magasins au Manitoba, en a fermé 11 à travers le Canada. La possibilité d'une légalisation fédérale aux États-Unis suscite des idées au sein de cette société, qui envisage une expansion vers le sud.

Ce que nous avons montré est notre capacité à nous adapter aux conditions changeantes en cours de route, souligne le directeur général de Fire & Flower, Stéphane Trudel.

Face aux difficultés que rencontrent certaines entreprises de l’industrie, le PDG de Delta 9, John Arbuthnot, affirme que le gouvernement doit réduire la paperasserie et les taxes pour permettre aux petits joueurs de l'industrie du cannabis de survivre.

Nous avons vraiment besoin du soutien du gouvernement pour qu'il vienne regarder cette structure globale que nous avons créée pour l'industrie en matière de réglementation et de taxation, dire ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas et faire quelques changements rapidement.

Selon l’analyste du marché au détail du cannabis David Brown, de nombreuses entreprises pensaient que la légalisation serait une ruée vers l'or sans se rendre compte à quel point ce marché est difficile et compétitif.

Toutefois, il y voit du succès malgré le contexte parfois difficile.

Nous voyons toujours de nouveaux magasins ouvrir. Nous voyons quelques fermetures, mais le nombre d'ouvertures est toujours beaucoup plus élevé que celui des fermetures, dit-il.

Je ne pense donc pas que nous ayons atteint le point de saturation, mais cela reste à déterminer.

Une révision de la loi sur le cannabis doit aboutir à des recommandations en vue de l'amélioration du fonctionnement de cette loi. L'examen devrait se concentrer non seulement sur l'impact du cannabis sur la santé des Canadiens mais aussi sur l'impact économique de la légalisation.

Le public est invité à donner son point de vue en remplissant un formulaire en ligne (Nouvelle fenêtre) ou en réagissant par écrit jusqu'au 21 novembre 2022.

Avec les informations d’Austin Grabish

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