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La saison de la chasse perturbée par le manque d’agents de la faune

Un écusson du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs sur un uniforme.

En raison du manque d'agents de protection de la faune, les signalements d'activités illégales sont de moins en moins traités (archives).

Photo : Radio-Canada / Boualem Hadjouti

À peine commencée, la saison de la chasse est perturbée par le manque d'agents de protection de la faune. Quatre bureaux dans l’Est-du-Québec se retrouvent sans agent.

Le Syndicat des agents de protection de la faune et le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP) ne s'entendent pas sur le nombre d'agents en poste au Québec, mais ils s'accordent sur une chose, il y en a de moins en moins.

D'après les informations du Ministère, il y avait 378 agents de protection de la faune à l’automne 2018. Aujourd'hui, ils sont au nombre de 328.

Pour le Syndicat, le nombre d'agents qui ont quitté leur poste depuis quatre ans est trois fois plus élevé.

Devant cette diminution, les agents peinent à couvrir le territoire, selon le Syndicat des agents de protection de la faune du Québec. C’est déplorable puisqu’il y a de plus en plus de pêcheurs et de chasseurs un peu partout tandis qu’à l’inverse, le nombre d’agents a diminué, affirme Martin Perreault, président du Syndicat.

Actuellement, les agents ne peuvent pas répondre à tous les signalements, déplore M. Perreault.

Une carte du Québec qui illustre les quatre bureaux sans agents de la faune dans l'Est-du-Québec.

Il n'y a aucun agent en poste aux bureaux de Grande-Vallée, La Pocatière, Schefferville et Port-Menier, selon les informations du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec.

Photo : Radio-Canada

L’année passée, j’ai voulu dénoncer une situation en lien avec du braconnage pour la chasse. Puis malheureusement, l’agent de la faune à qui je l’ai envoyée [la plainte] m’a dit : "Je suis déjà occupé. Malheureusement, je ne peux pas prendre ton dossier." [...] C’est très décevant, raconte Jérémi Bouffard, amateur de chasse et guide de pêche.

« C’est fâchant parce qu’évidemment on pratique de façon légale, dans les règles de l’art, et ceux qui ne le font pas, évidemment, on veut qu’ils soient pénalisés pour les actes qu’ils font, mais majoritairement, ils ne sont pas punis. »

— Une citation de  Jérémi Bouffard, amateur de chasse et guide de pêche
Le jeune homme habillé d'un habit de camouflage et d'un dossard orange pointe une arbalète en direction d'une cible.

Jérémi Bouffard prépare son arme avant l'ouverture de la chasse à l'arc et l'arbalète qui commence très bientôt.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Pour pallier le manque d’effectifs sur le terrain, le MFFP déploie certains agents dans les secteurs les plus touchés par la pénurie. Une procédure déplorée par le Syndicat. Chaque bureau devrait avoir six à huit personnes, lance Martin Perreault.

Une promesse brisée

De son côté, Alain Poitras, président de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, rappelle que les organisations de chasseurs réclament davantage d’agents de la faune depuis 2015.

Le gouvernement Couillard de l’époque avait alors haussé de 20 à 40 % les tarifs de certains permis de chasse et de pêche. Québec comptait utiliser ces revenus supplémentaires de 5 millions de dollars pour engager de nouveaux agents de protection de la faune.

Alain Poitras, président de la Fédération québécoise de chasseurs et pêcheurs pour la région Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine

Alain Poitras, président de la Fédération québécoise de chasseurs et pêcheurs pour la région Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (archives)

Photo : Radio-Canada / Pierre Cotton

Mais Alain Poitras se dit trahi, puisque la situation ne s'est pas améliorée. On a donné la chance au coureur pour permettre cette hausse des prix. On se disait qu’il n’y avait pas malice dans cette affaire. Finalement, il n’y a jamais eu d’engagement [de la part du gouvernement], déplore-t-il.

« On se bat avec nos associations pour essayer de faire arrêter le braconnage et les appropriations de territoires, mais on n’a rien pour nous aider. On n’a pas de garde-chasse pour formuler nos plaintes. [...] C’est désolant de voir le braconnage continuer. »

— Une citation de  Alain Poitras, président de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
Le nombre d’agents de protection de la faune déployés dans les bureaux du MFFP au Bas-Saint-Laurent

Les bureaux du ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs

Le nombre d'agents de protection de la faune

Rimouski

6, dont un maître-chien

Causapscal

4

Témiscouata

5

La Pocatière

0

Matane

3

Le nombre d’agents de protection de la faune déployés dans les bureaux du MFFP sur la Côte-Nord

Les bureaux du ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs

Le nombre d'agents de protection de la faune

Forestville

5

Baie-Comeau

7, dont un maître-chien

Sept-Îles

4

Havre St-Pierre

2

Blanc Sablon

1

La Tabatière

2

Schefferville

0

Port Menier

0

Le nombre d’agents de protection de la faune déployés dans les bureaux du MFFP en Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine

Les bureaux du ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs

Le nombre d'agents de protection de la faune

Sainte-Anne-de-Monts

4

Gaspé

3

Grande-Vallée

0

Chandler

3

New-Richmond

5

Cap-aux-Meules

1

Un chasseur marche en forêt avec une arbalète en mains.

Jérémi Bouffard, amateur de chasse et guide de pêche, trouve très décevant que certaines activités illégales telles que le braconnage restent impunies faute de personnel sur le terrain.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Pour faire face à la diminution d'effectifs, le MFFP souhaite former davantage d'agents. Une cohorte de 24 étudiants aura terminé sa formation en juin 2023.

La PFQ compte également sur le soutien d’un peu plus de 450 assistants à la protection de la faune répartis à travers le Québec.

D'après le reportage de Jean-François Deschênes

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