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Le réseau des CPE menacé par la pénurie de cadres

Un CPE.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jérémie Camirand

Pas facile d’être cadre dans l’un des 950 centres de la petite enfance de la province en 2022, selon l’Association des cadres des CPE du Québec. Sa directrice générale réclame de meilleures conditions de travail et remet même en question la promesse du gouvernement de créer de nouvelles places.

Les effets se font déjà sentir dans plusieurs milieux.

Dans la municipalité de Scott en Beauce, un CPE temporaire doit ouvrir lundi, mais sans directrice d'installation. Éva Isabelle Goupil, directrice d’installation au CPE des Petits Pommiers, à Saint-Isidore, devra s'occuper de la gestion de ce nouveau centre jusqu'à ce qu'une nouvelle gestionnaire soit trouvée.

L'ouverture se fait demain matin et le bureau est toujours vacant. Nos postes ne sont pas attractifs. La charge de travail qui est demandée fait en sorte que les gens ne répondent pas présents, déplore Mme Goupil.

Selon la directrice, sans ces cadres, il sera impossible d'arriver à développer de nouvelles places dans le réseau des CPE.

Éva Isabelle Goupil, directrice d’installation au CPE des Petits Pommiers.

Éva Isabelle Goupil, directrice d’installation au CPE des Petits Pommiers

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe Arseneault

10 % de départ

Pour Élyse Lebeau, directrice générale de l’Association des cadres des centres de la petite enfance du Québec, l’amélioration des conditions de travail des quelque 1900 cadres en CPE du Québec est une évidence, voire même une nécessité.

« Si la situation actuelle, les conditions de travail, la rémunération des cadres ne sont pas corrigées, nous, on pense que le développement des nouvelles places [en CPE] annoncées par le ministre de la Famille est voué à l’échec. »

— Une citation de  Élyse Lebeau, directrice générale de l’Association des cadres des centres de la petite enfance du Québec

La directrice générale ne s’en cache pas, il est complexe de recruter de nouveaux cadres et encore plus de les retenir. Depuis le début de la pandémie au printemps 2020, près de 10 % des cadres ont quitté le milieu public de la petite enfance.

On a aussi des enjeux d’attraction et de rétention. On perd même des cadres en ce moment qui s’en vont dans d’autres milieux parce que la rémunération est vraiment insuffisante, compte tenu de ce qu’on exige de ces personnes-là, ajoute Élyse Lebeau.

Un CPE.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers Photo prise au CPE Idée fixe à Montréal, Québec, Canada. Sur la photo : (gauche à droite) Ambiance dans la garderie. Le 7 juin 2022

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C’est pourquoi l’Association des cadres en CPE interpelle les partis politiques, environ une semaine avant le jour du scrutin, le 3 octobre. 

Faut que le gouvernement se réveille et dise qu’ils ne vont pas oublier nos capitaines de bateau parce que ce sont eux qui tiennent le fort, clame Mme Lebeau.

Des écarts de salaire

L’un des reproches de l’association au gouvernement Legault est l’écart entre les salaires de ces capitaines de bateau et des autres travailleurs et travailleuses en CPE. Selon Élyse Lebeau, le salaire des cadres a stagné dans les dernières années, contrairement à celui des éducatrices, par exemple.

La structure salariale [des cadres] date de 2006, donc il n’y a pas eu de révision de la structure alors que les tâches des cadres ne cessent d’augmenter, explique-t-elle.

Des enfants jouent avec leur éducatrice à une table.

Élyse Lebeau réclame de meilleurs salaires pour les cadres dans les CPE. (Archives)

Photo : Radio-Canada / CBC

Cette situation n’annonce rien de bon pour l'avenir, pense la directrice générale.

On va avoir de la difficulté à attirer de nouvelles personnes pour travailler dans nos structures, dans nos centres de la petite enfance, parce que les conditions de travail ne sont pas compétitives par rapport au marché en général, mais aussi par rapport à l’équité interne, a-t-elle affirmé en entrevue avec Radio-Canada.

Élyse Lebeau a sa théorie sur les raisons qui expliquent cet écart persistant.

Parce que c’est un réseau de femmes, on dirait qu’il est moins reconnu. Je ne pense pas qu’il y a bien des hommes qui accepteraient ces conditions-là. Actuellement, il y a des directrices adjointes qui gagnent moins que les employés qu’elles supervisent. Ce n’est pas normal, conclut Mme Lebeau.

Avec des informations de Louis-Philippe Arseneault

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