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La progression des forces ukrainiennes ralentie par la météo et la résistance russe

Un nuage de fumée noire monte dans le ciel.

Un nuage de fumée noire est visible au-dessus de l'Oskil, la rivière qui sépare la berge ouest (contrôlée par Kiev) de la rive est (contrôlée par Moscou) dans la région de Kharkiv, alors que des réfugiés traversent le pont.

Photo : afp via getty images / YASUYOSHI CHIBA

Agence France-Presse

La reconquête éclair par les forces ukrainiennes de territoires occupés par les forces russes dans la région de Kharkiv (nord-est) s'est heurtée à des conditions très difficiles samedi à Koupiansk, en raison de fortes intempéries et de la résistance opposée par les troupes russes.

Sur le front de la ville de Koupiansk, dans le vacarme incessant des bombardements, une colonne de fumée noire s'élève au-dessus de l'Oskil, rivière qui sépare la berge ouest, contrôlée par les forces ukrainiennes, de la rive est, disputée aux forces russes.

Pour l'instant, la pluie rend difficile le recours aux armes lourdes partout. Nous ne pouvons emprunter que les routes goudronnées, déclare à l'AFP le sergent des forces ukrainiennes, Roman Malyna, tandis que des véhicules blindés de transport des troupes et des chars manœuvrent sous une averse torrentielle.

« Comme il est difficile d'avancer à cause de la météo, nous ciblons leurs véhicules blindés, leurs dépôts de munitions et les groupes de soldats. »

— Une citation de  Roman Malyna, sergent des forces ukrainiennes

Vendredi, l'administrateur militaire de Koupiansk, Andriy Kanachevytch, a déclaré à l'AFP qu'il faudrait peut-être dix jours aux forces ukrainiennes pour sécuriser la zone.

Le sergent des forces ukrainiennes, Roman Malyna.

Le sergent des forces ukrainiennes, Roman Malyna.

Photo : afp via getty images / YASUYOSHI CHIBA

« Seuls leurs corps resteront derrière »

L'artillerie ukrainienne ciblait les positions russes situées dans les bois au-delà de l'est de la ville, mais un drone russe suscitait l'inquiétude et accaparait l'attention.

Un flot de réfugiés qui avaient fui la ville bombardée avançait sur un pont dont les rambardes étaient encore peintes des couleurs rouge, blanc et bleu des Russes qui occupaient Koupiansk.

Deux soldats ukrainiens, bien équipés – avec fusils d'assaut américains et gilets pare-balles – qui gardaient le moral malgré la fatigue et un drone russe survolant la route jonchée de débris, traversaient également la rivière.

L'un d'eux, qui utilise le nom de guerre Mario, estime qu'il est trop tôt pour savoir quand la rive est passera totalement sous le contrôle des forces ukrainiennes, tout se déclarant certain que les forces russes battent en retraite.

« Seuls leurs corps resteront derrière. »

— Une citation de  « Mario », un soldat ukrainien

D'une manière générale, tout va bien, en tenant compte de l'ampleur de l'opération, nous n'avons presque pas de pertes, a-t-il déclaré à l'AFP.

Deux soldats ukrainiens marchent sur une route jonchée de débris.

Deux soldats ukrainiens s'inquiètent d'un drone russe survolant la route jonchée de débris.

Photo : afp via getty images / YASUYOSHI CHIBA

Une bande de terre sous contrôle russe

La plus grande partie de Koupiansk, un nœud ferroviaire crucial utilisé auparavant par la Russie pour ravitailler ses forces déployées plus au sud, sur la ligne de front de Donetsk, est tombée entre les mains des forces ukrainiennes en septembre lors d'une contre-offensive spectaculaire.

Mais une bande étroite dans la région de Kharkiv sur la rive est de la rivière Oskil demeure entre les mains des forces russes, ce qui empêche les Ukrainiens d'avancer vers la région de Lougansk, contrôlée par la Russie qui veut l'annexer.

Un soldat ukrainien dans un véhicule blindé, sous la pluie.

Les fortes pluies ont poussé les forces armées ukrainiennes à modifier la trajectoire de véhicules blindés de transport des troupes et des chars.

Photo : afp via getty images / YASUYOSHI CHIBA

Oui, nous avons suffisamment d'hommes et d'armements, mais ça dépend de ce qui va se passer sur l'autre rive, selon le sergent Malyna.

Ils tentent de trouver les points faibles dans notre ligne de défense. Ils essaient ainsi d'attaquer de temps en temps en utilisant des blindés et de l'infanterie, dit-il à propos des tactiques utilisées par les forces russes.

Notre moral est bon. Nous sommes prêts à combattre, mais nous avons besoin davantage d'armes lourdes et d'armes de précision, ajoute le sergent, réitérant l'appel de l'Ukraine aux pays occidentaux.

Des civils libérés

Des civils se regroupent pour partager une boîte d'aide alimentaire et recharger leurs appareils électroniques.

Des civils se regroupent pour partager une boîte d'aide alimentaire et recharger leurs appareils électroniques.

Photo : afp via getty images / YASUYOSHI CHIBA

De nombreux civils ont fui une ville sans électricité et eau courante, mais certains n'ont nulle part où aller et dépendent de l'aide alimentaire.

Des civils se regroupent autour des prises pour les portables dans les entrées d'immeubles de cinq étages, rechargeant tablettes et torches.

La plupart se déclarent heureux que les forces ukrainiennes reviennent pour libérer la ville de l'occupation russe, tout en avouant que les combats qui se poursuivent sont dévastateurs.

Lioudmila Beloukha, 74 ans, a été trapéziste à l'époque soviétique au Cirque de Moscou. J'ai voyagé dans toute l'Union soviétique et aussi à l'étranger, se souvient-elle.

Cette veuve vit seule dans un lotissement de Koupiansk. Sa sœur est partie en Grèce et elle est restée sans nouvelles de son neveu, qui réside sur la rive est de la rivière, pendant des mois.

Je suis seule à la maison, avec mes chats. Absolument seule. Ma cuisine et les vitres du balcon sont détruites. Je dois les fixer avec des emballages en plastique car il va faire froid. Je gèle, explique-t-elle.

Mme Beloukha a reçu une petite aide alimentaire distribuée par des bénévoles et ne souffre pas de la faim, mais nous n'avons pas d'eau, pas d'électricité. Rien. Même pas d'eau bouillante pour le thé.

Les États-Unis promettent d'imposer de nouvelles sanctions si la Russie va de l'avant avec son plan d'annexion des territoires ukrainiens. Une menace brandie, alors que les référendums ont commencé dans les 4 régions, que Moscou veut rattacher à son territoire. Un vote qualifié de simulacre par l'Occident, qui se terminera mardi. Dans les secteurs du Donbass, encore contrôlés par l'Ukraine, les plans de la Russie sèment l'inquiétude. Notre envoyée spéciale Marie-Ève Bédard s'est rendue dans un village près du front, que des citoyens tentent de fuir avant qu'il ne soit annexé.

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