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Environnement : au-delà des GES, un florilège de propositions électorales

Les bouteilles et autres déchets de plastique causent un tort énorme à la santé des océans.

Du recyclage à la biodiversité, de la protection des insectes à la pollution lumineuse, les cinq principaux partis politiques québécois proposent diverses mesures.

Photo : iStock

Il a beaucoup été question durant la campagne électorale des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Mais au-delà des pourcentages et des ambitions en matière de transports et d’énergie verte, que proposent les partis pour réduire la pollution, assainir l’eau, l’air et les sols, et protéger la biodiversité? Tour d’horizon de promesses environnementales éclectiques.

Des plans, des objectifs, des approches, des ambitions : les cinq grands partis affichent, à divers degrés, dans leur plateforme électorale des visées environnementales qui seraient mises de l’avant si jamais le sort des urnes leur est favorable le 3 octobre prochain.

À la Coalition avenir Québec (CAQ), on se concentre principalement sur la question de l’eau, une ressource dont le Québec dispose en abondance, mais qu’il faut malgré tout protéger et bien gérer.

Si le parti de François Legault est réélu, il s’engage à créer un Fonds bleu, doté d’une enveloppe de 650 millions de dollars.

Ledit Fonds servirait notamment à lutter contre les plantes qui envahissent les lacs et les rivières, à agrandir les bandes riveraines, à nettoyer les berges et à accélérer la mise aux normes des fosses septiques.

La CAQ promet également une gestion plus efficace et transparente de l’or bleu, en plus de vouloir améliorer le financement du Réseau de surveillance volontaire des lacs, sans toutefois évoquer de montant précis.

Pour financer ce Fonds bleu, un nouveau gouvernement caquiste, en plus de contribuer à réduire les pénuries d’eau, rehausserait les redevances payées par l’industrie.

Chez Québec solidaire (QS), on souhaite aussi protéger l’eau du Québec, notamment en adhérant à la résolution des Nations unies sur le droit fondamental à l’eau et à l’assainissement.

On vise en outre à considérer l’eau utilisée par les commerces et l’industrie comme un bien public prêté. Cela signifierait que cette eau serait sujette à des redevances et à l'exigence d’être convenablement traitée après son utilisation.

Un gouvernement solidaire investirait aussi dans les infrastructures de transmission et d’épuration de l’eau.

Un paysage diversifié avec de la forêt, une rivière et un marais.

La biodiversité est menacée par la pollution, l'exploitation des ressources naturelles et l'expansion des villes.

Photo : Radio-Canada

Protection des sols et de la biodiversité

La formation dirigée par Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé propose plusieurs idées pour réduire, voire inverser la pollution des sols et le déclin de la biodiversité.

Ainsi, dans son programme, le parti veut établir un objectif minimal de 20 % d’aires protégées au Québec.

Dans sa plateforme électorale, cependant, la formation politique va plus loin, et dit viser la protection de 30 % du territoire d'ici 2030.

Ces zones seraient réparties proportionnellement dans les différentes régions écologiques, en plus d’établir des corridors de protection de la faune et de la flore.

QS veut aussi mettre en place des mesures sévères pour sauvegarder la biodiversité des milieux naturels, sans toutefois offrir de précisions.

On évoque aussi un meilleur aménagement des forêts en misant sur une diminution des écarts entre la forêt naturelle et la forêt aménagée.

La gestion forestière serait par ailleurs soumise à des ententes avec les Premières Nations dans les régions faisant l’objet de traités ou de réclamations en vertu des droits ancestraux.

Toujours du côté de la protection des forêts, un gouvernement solidaire protégera les forêts patrimoniales et les écosystèmes forestiers exceptionnels.

Gros plan d'une abeille qui butine dans une fleur.

Le sort des abeilles inquiète beaucoup depuis plusieurs années en raison d'une hausse de la mortalité.

Photo : iStock / DieterMeyrl

Québec solidaire souhaite également protéger les insectes pollinisateurs, ainsi que réduire, puis éventuellement interdire, l’utilisation des terres agricoles pour la production de biocarburants et de biomasse, en plus de viser à terme la fin de l’emploi des pesticides et des herbicides.

Enfin, QS s'engage à interdire l’utilisation et la production de certains produits réputés toxiques pour l’humain et les écosystèmes.

Chez les péquistes, à l’inverse des solidaires, on souhaite plutôt stimuler la filière des biocarburants, afin de réduire la pollution du transport lourd.

Le Parti québécois (PQ) vise aussi à faciliter l’électrification de l’agriculture, en plus de promouvoir une alimentation à plus faible empreinte carbone.

De plus, un gouvernement péquiste, sous la houlette de Paul St-Pierre Plamondon, consacrerait au moins 1 % des investissements annuels en infrastructures publiques au verdissement des villes.

Parmi les autres propositions à saveur environnementales du PQ, on retrouve l’imposition de critères de performance environnementale et d’écofiscalité dans les règles d’octroi de contrats et d’appels d’offres de l’État.

Chez les libéraux, on présente des propositions presque identiques : un gouvernement Anglade consacrerait lui aussi 1 % du budget d’infrastructures aux infrastructures vertes, mais inclurait l’utilisation du bois comme matériau de construction dans cette catégorie.

Ce même gouvernement mettrait lui aussi en place des critères environnementaux et sociaux liés aux achats gouvernementaux.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) souhaite également inscrire le droit à la préservation de l’environnement et de la diversité biologique dans les droits fondamentaux protégés par la Charte des droits et libertés de la personne, mais ne précise pas ce qui découlerait d’une telle mesure.

Les libéraux promettent par ailleurs que 30 % du territoire québécois sera classé de cette façon d’ici 2030, à l'instar de Québec solidaire.

La CAQ, pour sa part, n’est pas en reste dans ce domaine : un deuxième gouvernement Legault souhaite bonifier les aires protégées; les propositions les plus concrètes en ce sens tournent autour de l’expansion de cinq parcs nationaux, soit ceux du Mont-Orford, de Plaisance, des Îles-de-Boucherville, du Mont-Saint-Bruno et du Bic, en plus de la création de trois nouveaux parcs de ce type, soit Côte-de-Charlevoix, Dunes-de-Tadoussac et Nibiischii.

Des produits de plastique.

Plusieurs partis veulent améliorer les opérations de recyclage au Québec.

Photo : iStock / shaunl

Recyclage et réduction des déchets

Tant le PQ, le PLQ que QS énoncent plusieurs principes liés à la réduction des produits qui terminent leur vie dans la décharge, mais aussi aux conséquences de ce déversement de déchets dans le sol.

Les libéraux envisagent ainsi une nouvelle approche pour le recyclage en vertu de laquelle l’organisme RECYC-Québec accompagnerait les municipalités.

Un gouvernement Anglade viendrait aussi accélérer la distribution des bacs bruns de compostage, la collecte de matières organiques n’étant offerte, pour l’instant, que dans la moitié des municipalités du Québec.

Le PLQ veut également améliorer l’efficacité de la consigne.

Au Parti québécois, on souhaite capter les émissions de méthane, un gaz particulièrement dangereux en matière de réchauffement de l’atmosphère, sur les sites d’enfouissement de déchets, améliorer la biométhanisation, c’est-à-dire la production de méthane à l’aide de déchets organiques, méthane qui est ensuite brûlé pour produire de l’énergie, et valoriser les déchets et les résidus des usines de pâtes et papiers.

Chez Québec solidaire, on souhaite que les villes, ou les MRC, prennent la responsabilité des activités de recyclage, un recyclage qui s’effectuerait ici au Québec. Avec, à la clé, une exigence que les matériaux produits ou fabriqués puissent être recyclés ou valorisés.

Ultimement, un gouvernement solidaire proscrirait l'emploi de contenants non réutilisables ou non recyclables.

Un ciel étoilé et de fortes lumières au-dessus d'une ville.

La pollution visuelle a un impact sur la santé humaine, mais aussi sur celle des animaux et des insectes.

Photo : Guillaume Poulin

Quelques mesures qui sortent du lot

Certaines propositions environnementales se distinguent des autres dans les programmes des principaux partis.

Chez Québec solidaire, on souhaite créer une banque de semences québécoises et faciliter l’accès à des semences à pollinisation libre.

Au Parti québécois, on vise notamment à s’attaquer au gaspillage alimentaire.

Chez les libéraux, on veut lutter contre la pollution lumineuse, un phénomène qui a un impact chez les humains, mais aussi chez les insectes et les animaux, en faisant respecter des normes reconnues lorsque vient le temps de remplacer l’éclairage municipal, l’une des principales sources de cette pollution visuelle.

Du côté du Parti conservateur du Québec, on estime que les normes environnementales liées à l’agriculture doivent être ajustées en fonction d’un rythme de transition réaliste.

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