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À l’ONU, la Chine et l’Inde appellent à une sortie négociée de la guerre en Ukraine

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, livre un discours à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a appelé l'Ukraine et la Russie à ne pas laisser la guerre «déborder», dans son discours à l'Assemblée générale de l'ONU.

Photo : afp via getty images / BRYAN R. SMITH

Agence France-Presse

La Chine et l'Inde ont appelé samedi depuis la tribune des Nations unies à une résolution pacifique de la guerre en Ukraine, sans apporter leur soutien à la Russie qui, isolée, a fulminé contre la « russophobie grotesque » de l'Occident.

Nous appelons toutes les parties concernées à empêcher la crise de déborder et à protéger les droits et les intérêts légitimes des pays en développement, a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, à l'Assemblée générale de l'ONU.

La priorité est de faciliter des négociations de paix, a-t-il insisté, appelant à des discussions justes et pragmatiques pour une résolution pacifique de la crise.

Espoirs mesurés à la suite des déclarations de la Chine

La Chine est officiellement neutre, mais parfois accusée par les Occidentaux d'être trop conciliante avec la Russie, même si des responsables américains ont fait part d'espoirs mesurés après les déclarations de Pékin cette semaine à l'ONU.

Le ministre chinois a d'ailleurs rencontré à New York son homologue ukrainien, Dmytro Kouleba, l'assurant que Pékin appelait à respecter l'intégrité territoriale de tous les pays.

« La solution fondamentale est de répondre aux inquiétudes légitimes concernant la sécurité de toutes les parties et de construire une architecture de sécurité équilibrée, efficace et durable. »

— Une citation de  Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères

La semaine dernière, après une rencontre avec son homologue chinois Xi Jinping, le président russe Vladimir Poutine avait salué la position équilibrée de M. Xi sur l'Ukraine, mais également dit comprendre [ses] questions et [ses] inquiétudes à ce sujet.

Le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, a de son côté plaidé pour le dialogue et la diplomatie.

Alors que le conflit en Ukraine fait rage, on nous demande souvent de quel côté nous sommes. Et notre réponse, chaque fois, est directe et honnête. L'Inde est du côté de la paix et y restera fermement.

Rare soutien affiché envers Moscou, le colonel Abdoulaye Maïga, premier ministre par intérim du Mali nommé par la junte, a salué samedi à la tribune les relations de coopération exemplaire et fructueuse entre le Mali et la Russie.

La Russie dénonce la « russophobie grotesque » de l'Occident

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'un discours à l'Assemblée générale de l'ONU.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé la « russophobie sans précédent » et « grotesque » de l'Occident.

Photo : afp via getty images / BRYAN R. SMITH

Interrogé lors d'une conférence de presse sur d'éventuelles pressions de la Chine sur son pays pour mettre fin à cette guerre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, n'a pas mâché ses mots : Vous pourrez dire […] que j'ai évité de répondre à votre question.

Quelques minutes plus tôt, lors de son discours à l'Assemblée générale, il s'était livré à une attaque en règle contre l'Occident, dont tous les dirigeants qui ont défilé à la tribune depuis le début de la semaine ont critiqué dans les termes les plus forts l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

« La russophobie officielle en Occident est sans précédent, son ampleur est grotesque. »

— Une citation de  Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères

Ils n'hésitent pas à déclarer leur intention non seulement d'infliger une défaite militaire à notre pays, mais aussi de détruire la Russie, a-t-il ajouté, s'en prenant plus directement aux États-Unis qui essaient de faire de l'ensemble du monde leur arrière-cour.

En se déclarant victorieux de la guerre froide, Washington s'est érigé quasiment en envoyé de Dieu sur Terre, sans aucun devoir, mais avec le droit sacré d'agir avec impunité n'importe où et n'importe quand, a déclaré M. Lavrov.

Lors de la conférence de presse, il n'a pas épargné non plus l'Union européenne, qu'il a accusée de devenir autoritaire et dictatoriale.

Il a d'autre part défendu les référendums d'annexion en cours dans plusieurs régions d'Ukraine sous contrôle russe, décrivant des populations récupérant la terre où leurs ancêtres ont vécu pendant des centaines d'années. Et maintenant l'Occident pique une crise, a-t-il ironisé.

La question de Taïwan

Le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, vu de loin, livre un discours à l'Assemblée générale de l'ONU.

Le ministre des Affaires étrangères chinois a profité de sa tribune à l'ONU pour affirmer que la Chine devait combattre les activités séparatistes de Taïwan. Elle a par ailleurs assuré qu'elle allait réagir aux interférences extérieures.

Photo : afp via getty images / BRYAN R. SMITH

Samedi à la tribune de l'ONU, où Taïwan n'a pas de siège, le chef de la diplomatie chinoise a d'autre part déclaré que la Chine devait combattre fermement les activités séparatistes de Taïwan et prendre les actions déterminées pour s'opposer aux interférences extérieures.

Toute tentative d'empêcher la réunification de la Chine est vouée à être écrasée par la roue de l'histoire, a-t-il ajouté.

Le ministre avait rencontré vendredi, en marge de l'Assemblée générale, le secrétaire d'État américain Antony Blinken. C'était leur première rencontre depuis des discussions en juillet à Bali où les deux hommes avaient affiché leur volonté de renouer le dialogue.

Un mois après, la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, se rendait à Taïwan, provoquant l'ire de Pékin et un regain de tensions entre les deux grandes puissances.

Et dans une interview récente, le président américain Joe Biden a affirmé être prêt à intervenir militairement si la Chine recourait à la force.

Vue de profil de Vladimir Poutine, avec en arrière-plan les armoiries de la Russie.

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé mercredi la mobilisation de réservistes et a brandi la menace d'un recours à l'arme nucléaire, assurant du même souffle que «ce n'est pas du bluff».

Photo : Reuters / SPUTNIK

Lors de cette rencontre avec M. Blinken, M. Wang a d'ailleurs accusé les États-Unis d'envoyer des signaux très mauvais et dangereux encourageant l'indépendance de Taïwan, selon un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie américaine a, lui, fait part de la nécessité de préserver la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan, selon un porte-parole du département d'État.

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