•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Italie : l’alliance conservatrice en tête dans les intentions de vote

Une femme portant un micro et faisant le signe de la victoire

Giorgia Meloni, la cheffe du parti d'extrême droite Fratelli d'Italia

Photo : afp via getty images / ANDREAS SOLARO

Agence France-Presse

Silvio Berlusconi, en dérapage contrôlé sur l'Ukraine, et Matteo Salvini, à couteaux tirés avec Bruxelles, ont fait le buzz vendredi, à deux jours des législatives, tandis que la favorite Giorgia Meloni bouclait dans le sud pauvre une campagne éclair.

À gauche comme à droite, tous les ténors de la politique italienne ont tenu vendredi leur dernier rassemblement de campagne dans l'espoir de mobiliser leur base et de séduire les 20-25 % d'électeurs indécis avant le scrutin de dimanche, pour lequel l'alliance dominée par l'extrême droite est donnée favorite.

Meloni, cheffe du parti post-fasciste Fratelli d'Italia (FdI), a choisi Naples, la grande ville du sud, où elle espère prendre des voix au Mouvement 5 Étoiles (M5S) qui avait aspiré une grande partie du vote dégagiste de 2018, mais a depuis perdu du terrain, affaibli par sa participation aux derniers exécutifs.

Je suis une patriote, a-t-elle lancé devant plusieurs centaines de partisans réunis sur le front de mer, réservant ses ultimes attaques à la gauche, accusée de cracher sur l'Italie.

À 45 ans, cette Romaine dont le parti est le seul à avoir refusé d'intégrer le gouvernement d'union nationale de Mario Draghi inspire confiance à ses partisans : tout ce qu'elle dit, elle le fait, a déclaré à l'AFPTV Leone Carmelo, un cuisinier de 71 ans venu de Trente, dans le nord.

Le M5S de l'ex-chef du gouvernement Giuseppe Conte reste cependant populaire dans le sud, où des millions de personnes pauvres bénéficient du revenu citoyen, un minima qu'il a mis en place en 2019 et que les conservateurs veulent supprimer.

Même si les sondages prêtent à Meloni une large avance, les jeux ne sont pas complètement faits, avertit Franco Pavoncello, de la John Cabot University à Rome. Pour lui, les M5S, crédités de 11 %, feront mieux que prévu.

Silvio Berlusconi a pour sa part provoqué un tollé en estimant que Vladimir Poutine avait été poussé par sa population et les forces prorusses du Donbass à envahir l'Ukraine, tout en dénonçant une guerre injustifiable et en réaffirmant son soutien à l'OTAN, à l'UE et aux États-Unis.

En Italie, l'extrême droite semble être plus que jamais aux portes du pouvoir. Giorgia Meloni et son mouvement des Frères d'Italie, est en bonne position pour gagner les élections législatives de dimanche et devenir la première femme cheffe de gouvernement au pays. Reportage de Raphaël Bouvier-Auclair

Von der Leyen provoque la colère des souverainistes

Le leader de la Ligue, Matteo Salvini, a lui exigé des excuses ou la démission d'Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne qui a évoqué les instruments à la disposition de Bruxelles pour sanctionner d'éventuelles atteintes aux principes démocratiques de l'UE.

Si les choses vont dans une direction difficile, j'ai parlé de la Hongrie et de la Pologne, nous avons des instruments, a mis en garde Mme von der Leyen en marge d'un déplacement aux États-Unis.

Nous verrons le résultat des élections, nous venons aussi d'avoir des élections en Suède remportées par la droite avec l'appui de l'extrême droite : Mon approche est que, quel que soit le gouvernement élu démocratiquement, nous travaillons ensemble, a-t-elle aussi souligné.

Matteo Salvini a vivement répliqué vendredi: C'est quoi, une menace? Arrogance honteuse. Respectez le vote, libre, démocratique et souverain du peuple italien! Amis de tous, valets de personne, a-t-il tweeté.

L'Italie mérite le respect, les menaces et les chantages à trois jours du vote sont inacceptables de la part de quelqu'un qui devrait représenter toute l'Europe, a-t-il dit plus tard au cours d'un sit-in devant le siège de la représentation de la Commission à Rome.

Une interférence

Manifestants portant des drapeaux et des pancartes

Manifestation contre les déclarations d'Ursula von der Leyen

Photo : afp via getty images / GIOVANNI GREZZI

Nous attendons des excuses au peuple italien. Soit ce sont les excuses qui arrivent soit c'est la démission, a-t-il conclu.

Même écho chez le vice-président de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi qui a fait alliance pour ce scrutin avec la Ligue et Fratelli d'Italia.

Les déclarations de Mme von der Leyen sont une interférence dans la campagne, a jugé Antonio Tajani.

Ces propos à deux jours des élections, perçus par beaucoup en Italie comme un avertissement, pourraient être contre-productifs, estiment les analystes.

Les Italiens réagissent négativement aux leçons venant de l'étranger, explique Flavio Chiapponi, du département de Sciences politiques de l'université de Pavie.

Par ailleurs Stéphane Séjourné, secrétaire général de Renaissance, le parti du président français Emmanuel Macron, était à Rome vendredi pour soutenir l'alliance centriste, donnée entre 8 et 10 %.

La perspective d'une victoire du camp souverainiste en Italie nourrit des craintes, à Bruxelles, mais aussi à Paris, a expliqué l'eurodéputé à l'AFP. La France pourrait malheureusement être un catalyseur politique à des fins électorales et être la cible privilégiée des critiques du futur exécutif.

On voit bien comment le système nationaliste et populiste fonctionne, il faut à la fois un ennemi interne et un ennemi externe.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !