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Critiquée pour son utilisation d’un drone, la CAQ retire une pub tournée au parc du Bic

L'équipe de tournage de la CAQ s'est approchée des phoques sans en avoir obtenu l'autorisation de la Sépaq.

François Legault est derrière un lutrin installé près d'une baie, accompagné de la candidate dans Rimouski, Maïté Blanchette-Vézina, ainsi que d'Isabelle Charest, ancienne ministre des Sports.

Le chef de la CAQ, François Legault, lors de son passage au parc national du Bic le samedi 17 septembre, lorsqu'il a annoncé son engagement électoral pour améliorer l'accès aux espaces naturels du Québec. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Le 17 septembre, le chef caquiste François Legault, accompagné de la candidate Maïté Blanchette-Vézina et de la ministre sortante Isabelle Charest, a annoncé en grande pompe son intention d'agrandir le parc national du Bic s'il est réélu le 3 octobre. Pour l'occasion, la Sépaq (Société des établissements de plein air du Québec) avait autorisé le parti à capter des images avec un drone, mais l'appareil s'est rendu au-delà des limites fixées par le gestionnaire des lieux.

L'utilisation de drones est interdite dans les parcs nationaux québécois afin de minimiser l’impact sur l’expérience client et sur la faune, lit-on sur le site web de la Sépaq.

Leur utilisation peut déranger les oiseaux et les animaux sauvages, les faire fuir et avoir un impact sur leur survie, mentionnait la Sépaq dans un article de La Presse paru en 2019.

Par contre, pour des motifs cinématographiques ou [...] de recherches scientifiques de partenariat, chaque direction locale dispose du pouvoir discrétionnaire d'autoriser des tournages par drone, à la condition que le plan de tournage soit conforme aux exigences de Transports Canada pour l'utilisation de drones.

Le matin du 17 septembre dernier, la direction du parc national du Bic a donc donné son aval à l'équipe de tournage qui accompagne le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour utiliser un drone dans le parc. L'entente limitait par contre le vol au-dessus de la ferme Rioux, là où François Legault allait faire son annonce quelques heures plus tard.

Des phoques sur des rochers.

Extrait de la publicité de la CAQ sur la visite du chef François Legault au parc du Bic. La Sépaq n'a jamais donné son autorisation pour que des images soient captées à proximité des phoques.

Photo : Radio-Canada

Toutefois, l'appareil a survolé un périmètre plus étendu que ce qui avait été convenu. La publicité électorale qui est restée en ligne pendant une semaine montre des images captées par drone de phoques qui se prélassent sur des rochers à marée basse ainsi qu'une vue des airs du secteur de l'anse à l'Orignal, fréquenté par plusieurs des 225 espèces d'oiseaux présentes dans le parc.

À la suite du visionnement de la capsule vidéo, la Sépaq a jugé que certaines images donnaient matière à poser des questions quant au respect des lieux autorisés dans le projet de tournage, a mentionné le porte-parole de la Sépaq, Simon Boivin.

La Sépaq exige le retrait des images

C'est après une requête de Radio-Canada que la Sépaq a pris connaissance de la publicité qui met en vedette François Legault et la candidate dans Rimouski, Maïté Blanchette-Vézina. Cette publicité était diffusée entre autres sur la page Facebook du chef caquiste.

Le parc du Bic vu des airs.

L'autorisation spéciale accordée par la Sépaq à la CAQ ne permettait pas de prendre d'images en hauteur comme celle-ci.

Photo : Radio-Canada

Après un échange avec [la CAQ], il a été convenu de retirer certaines images puisqu'elles avaient été prises ailleurs qu'à l'endroit convenu dans l'autorisation donnée, a indiqué Simon Boivin.

La société d'État qui gère les 28 parcs nationaux du Québec a contacté le responsable du tournage, un contractuel embauché par le parti pour suivre François Legault pendant toute la campagne.

L'attachée de presse du chef de la CAQ, Nadia Talbot, plaide l'erreur de bonne foi. Le logiciel de drone indique habituellement les zones interdites et ça n'a pas été indiqué dans ce cas-ci.

Un passe-droit?

Au-delà de la prise d'images non autorisées, le feu vert donné par la Sépaq à la CAQ pour l'utilisation d'un drone, même dans un cadre restreint, a fait grincer des dents certains cinéastes qui se sont confiés à Radio-Canada en demandant de rester anonymes.

Par le passé, ils ont essuyé un refus d'utiliser un drone dans les limites du parc pour un documentaire. Ces cinéastes n'ont pas voulu être nommés afin de préserver leurs relations avec la Sépaq.

Parmi les irritants, il y a le fait que la CAQ ait obtenu le droit de faire voler un drone alors que la demande a été formulée le jour même.

Normalement, selon nos informations, la Sépaq exige qu'un formulaire soit dûment rempli au moins cinq jours ouvrables avant la date prévue du tournage, sans quoi la demande est rejetée illico. Deux poids, deux mesures, nous a confié l'un d'entre eux.

Puisque l'objet du tournage devait être une conférence de presse, la CAQ n'a pas eu à débourser de frais de tournage. Normalement, la Sépaq exige de tels frais aux entreprises privées qui utilisent des drones dans les limites du parc.

Le gestionnaire se défend cependant d'avoir offert un passe-droit au premier ministre en fonction en précisant que les autres formations politiques auraient obtenu exactement le même traitement.

Autre controverse autour d'une publicité de la CAQ

Une publicité préélectorale de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Même si la campagne électorale provinciale n'avait pas encore été lancée, la Coalition avenir Québec (CAQ) avait déjà une publicité télévisée en rotation.

Photo : YouTube

Il ne s'agit pas de la première frasque publicitaire du parti de François Legault. En juillet dernier, la CAQ a fait l'objet de vives critiques sur les réseaux sociaux pour une série de courtes publicités, diffusées à la télévision et en ligne, qui mettaient en scène une femme de la Mauricie faisant l'éloge du parti et de son chef.

En mai, la CAQ a aussi présenté ses excuses pour s'être félicitée, dans une publicité, pour l'adoption du projet de loi 96, alors que celui-ci n'avait pas encore reçu l'aval de l'Assemblée nationale.

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