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« Le système de santé est brisé », voici comment les candidats du PCU veulent le réparer

Une ambulance dans la rue.

La personne qui sera élue à la tête du Parti conservateur uni héritera d'un système de santé qui manque de ressources et de capacité d'accueil.

Photo : Radio-Canada / Ose Irete

Manques d’ambulances, longues attentes aux urgences, services hospitaliers fermés plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Cette accumulation de symptômes a forcé les candidats à la direction du Parti conservateur uni à déclarer que le système de santé albertain est malade. Leur programme de soins est complexe et divers.

Le système est au bord du précipice, a déclaré Brian Jean durant un débat à Fort McMurray. Le candidat et député du nord de l’Alberta a perdu son fils après des années de mauvais diagnostics. Pour lui, la santé est l’enjeu numéro un en Alberta.

Même si les six autres candidats n’ont pas un rapport aussi personnel avec le système de santé, ils sont d'accord sur le diagnostic : le système actuel fonctionne mal et coûte cher. La santé représente près de 43 % du budget de la province.

Comme tous les autres candidats, je pense que le système de santé est brisé, a déclaré Todd Loewen lors d’un débat dans le sud de l’Alberta. Le problème est surtout perceptible en milieu rural, où la santé est en situation d’échec, selon l’ancien ministre des Finances, Travis Toews.

Un montage de sept photos des sept candidats dans la course à la chefferie du PCU.

Les candidats dans la course à la direction du PCU sont, de gauche à droite à partir du haut : Leela Aheer, Brian Jean, Todd Loewen, Rajan Sawhney, Rebecca Schulz, Danielle Smith et Travis Toews.

Photo : Radio-Canada / Gouvernement de l'Alberta

C’est aussi un terrain miné pour les politiciens. Le premier ministre Jason Kenney a reçu de nombreuses critiques pour sa gestion de la pandémie, ce qui a causé du mécontentement au sein de son caucus.

Première ordonnance : examiner la période COVID-19

La candidate et ancienne ministre Rajan Sawhney estime qu'il est essentiel d’établir un bilan des deux ans de pandémie pour comprendre les failles du système et les combler. Elle propose un examen immédiat si elle est élue.

Les candidats qui n’étaient pas au gouvernement pendant la crise veulent toutefois aller plus loin. Todd Loewen mettrait en place une commission royale, notamment pour obtenir un décompte précis des dépenses associées à la gestion de la pandémie.

S’il est élu, Brian Jean encadrera plus strictement le rôle de la médecin hygiéniste en chef et rendra publiques toutes ses recommandations. Les deux candidats réembaucheraient tous les professionnels de la santé non vaccinés.

La COVID-19 obsède aussi Danielle Smith, qui l’évoque à chacune de ses interventions sur la santé. Elle a promis de ne pas mettre en place de mesures publiques restreignant les libertés individuelles. Elle a également demandé des excuses aux candidats qui étaient membres du gouvernement.

Traiter la tête : Services de santé Alberta sur la sellette

La grande majorité des sept candidats, Travis Toews, Rebecca Schulz, Brian Jean, Danielle Smith et Todd Loewen, ont toutefois désigné Services de santé Alberta comme le coupable des problèmes du système.

Le logo de l'agence gouvernementale sur un mur de brique.

Services de santé Alberta a subi plusieurs vagues de restructuration au fil des ans en fonction des politiques gouvernementales.

Photo : Radio-Canada

En 2008, le gouvernement provincial a fait le choix de centraliser les autorités régionales pour faire des gains économiques et mieux répartir les ressources entre les régions. Plusieurs ont qualifié cette idée d'échec et veulent retourner à des prises de décision locales.

Services de santé Alberta a besoin d’une restructuration complète, a déclaré l’ancien ministre des Finances Travis Toews.

Danielle Smith remplacerait immédiatement toute la direction de Services de santé Alberta. Pendant un an, l’autorité sanitaire serait gérée par un commissaire intérimaire sous la surveillance du ministre de la Santé et de la première ministre.

Seule Leela Aheer a rejeté publiquement tous ces appels à la refonte d’AHS. Laissez les experts diriger, a-t-elle dit à ses opposants.

Plus de bras et de jambes nécessaires

Le programme de soins se complexifie toutefois quand vient le temps de traiter le cœur du système, les professionnels de la santé. L’Alberta n’est pas la seule à faire face à un manque de places et de ressources. Aucune des provinces n’a trouvé la solution miracle.

Chaque candidat a donc une longue liste de propositions pour recruter et accroître la capacité d’accueil du système.

Le personnel de la santé dans une unité de soins intensifs.

La relation entre le gouvernement albertain et les professionnels de la santé a souvent été tendue.

Photo : Leah Hennel / Services de santé Alberta

Rebecca Schulz, Todd Loewen et Brian Jean veulent pousser les universités de Calgary et de l’Alberta à former plus d’étudiants. Rebecca Schulz et Travis Toews souhaitent aussi accélérer la reconnaissance des diplômes des professionnels étrangers.

Ce qui est problématique, toutefois, c'est d’attirer ces professionnels en milieu rural. Le ministre de la Santé, Jason Copping, a récemment reconnu que le programme RESIDE destiné à inciter les médecins à s’établir dans ces milieux avait échoué.

Rebecca Schulz mentionne des incitatifs financiers comme le remboursement des prêts étudiants. Elle augmenterait aussi le nombre d’unités mobiles et les soins de santé en vidéoconférence. Travis Toews, député de Grande Prairie-Wapiti, propose la mise en place d’un fonds d’infrastructure de 50 millions de dollars pour la santé en milieu rural et d’un plan spécifique pour les services obstétriques.

Il souhaite également dédiaboliser le recours aux soins de santé privés, une idée également défendu par Todd Loewen. Tous le des deux plaident pour un financement public de services donnés par des cliniques privées.

L’idée de Danielle Smith divise

L’ancienne cheffe du parti Wildrose est ressortie du lot en évoquant la mise en place de comptes de dépenses personnelles. Chaque Albertain aurait un compte garni d’au moins 300 $ pour financer des soins de santé non couverts par l’assurance publique tels que les thérapeutes ou les naturopathes.

La députée de Chestermere-Strathmore, Leela Aheer, considère que l’argent serait mieux utilisé pour recruter des professionnels de la santé.

Toute personne ayant déjà une séance de thérapie sait que 300 $ couvrent à peine une séance et demie, a dit pour sa part Rajan Sawhney lors du débat à Medicine Hat, en juillet.

Danielle Smith lui a toutefois répondu qu’il vaut toujours mieux faire un premier pas que de ne rien faire.

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