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Élections municipales en Ontario : 1 maire sur 3 élu par acclamation

Trois silhouettes, dont une au centre en vert, devant une salle de conseil municipal et une carte de l'Ontario.

À quelques semaines du scrutin municipal, un maire sur trois est déjà élu en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Emilee Flansberry-Lanoix

Le nombre d’élus par acclamation continue d’augmenter en Ontario par rapport aux dernières élections municipales. Un maire sur trois n'a pas eu à faire campagne en vue du scrutin du 24 octobre prochain.

Selon des données compilées par CBC, il y a 546 candidats élus par acclamation en 2022. En ajoutant les conseillers et les préfets, c'est un poste sur cinq qui est déjà pourvu.

Le nombre est en hausse constante. En 2018, 471 candidats ont été élus par acclamation. En 2014, il y en a eu 403.

La tendance est marquée dans les municipalités de plus petite taille, alors que dans les plus populeuses, comme Ottawa, un grand nombre de candidats convoitent les postes.

Difficile d’attirer des candidats dans l’est ontarien

Les municipalités de l’est ontarien ne font pas exception. Parmi les 17 municipalités de la région à l’est et au sud d’Ottawa, cinq maires sont élus par acclamation. Tous postes confondus, on compte neuf candidats élus sans opposition dans ces mêmes municipalités.

Normand Riopel est l'un de ces maires qui s’est présenté sans opposition et qui n’aura donc pas à mener une campagne pour entamer un deuxième mandat de quatre ans à la mairie du canton de Champlain.

« Je pense que ce sont de bons maires, donc c’est pour ça qu'ils ont été acclamés. Je pense que ce sont des gens de la communauté qui ont vu ce qui a été fait dans la communauté. Ils ont vu du progrès, des changements et des taxes bien investies. »

— Une citation de  Normand Riopel, maire élu par acclamation, canton de Champlain

Si je n’avais pas fait une bonne job, c'est certain que j’aurais eu probablement de la compétition [à la mairie], ajoute M. Riopel, qui baigne dans le milieu de la politique municipale depuis presque 30 ans.

Photo de Normand Riopel.

Le maire du canton de Champlain, dans l'est-ontarien, Normand Riopel

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Il constate tout de même qu’il est de plus en plus difficile d’attirer de nouveaux candidats : il a lui-même approché des concitoyens pour les inciter à se lancer en politique.

Souvent, les gens me disent : "J­­­e ne me présente pas parce que je ne veux pas faire [de] mal à personne, je ne veux pas dire non à mon chum et à ma voisine".

C'est plus facile de critiquer que de participer, croit le maire Riopel. Les gens me disent : "Je ne veux pas me faire haïr, je ne veux pas me faire déplaire, mais toi tu fais une bonne job".

Alfred-Plantagenet diminue la taille de son conseil

Dans le canton d’Alfred-Plantagenet, il y a aura moins d'élus autour de la table du conseil après les élections du 24 octobre.

En 2021, des élus ont recommandé de réduire la taille du conseil municipal en abolissant deux postes de conseillers. En plus du maire, les électeurs devront donc élire quatre conseillers au lieu de six en 2022.

Un sondage a été administré en ligne du 16 juillet au 10 septembre 2021, peut-on lire dans des documents de la Municipalité. Cent quatre-vingt-sept répondants ont complété le sondage. De ceux-ci, 72,7 % se sont prononcés en faveur de la réduction de la taille du conseil de sept à cinq membres.

La décision a été prise pour mieux refléter la proportion de conseillers par rapport à la population, ainsi que pour s’arrimer aux municipalités voisines, selon la Municipalité.

Et déjà, la moitié des postes sont pourvus, puisque deux des quatre conseillers ont été élus par acclamation.

Le maire sortant et candidat à la mairie du canton, Yves Laviolette, explique que le paysage politique a énormément changé. Et c’est pour cette raison que peu de nouvelles personnes se lancent en politique, selon celui qui a aussi déjà été maire d’Alfred et président des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR).

« Si tu es riche et jeune, tu peux y aller, ou il faut que tu sois vieux et retraité, parce que sinon, tu n'as pas le temps de le faire. »

— Une citation de  Yves Laviolette, maire sortant et candidat à la mairie, canton d’Alfred-Plantagenet
Photo du maire sortant, Yves Laviolette.

Le maire sortant d'Alfred-Plantagenet, Yves Laviolette

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Avec les réseaux sociaux, il y'a de la critique et ça semble être une partie de [ce phénomène]. Il croit aussi que les salaires y sont pour quelque chose. En 2021, le maire de la Municipalité, maintenant député conservateur, Stéphane Sarrazin, a empoché un salaire de 53 000 $. M. Laviolette, qui était alors conseiller et maire adjoint, a empoché un peu plus de 25 000 $.

Selon ce dernier, de meilleurs salaires à la mairie permettraient d’attirer plus de candidats. Je me dis qu'à ce moment-là peut être qu’il y aurait des gens qui seraient intéressants ou instruits, qui ont des capacités, parce qu’ils ne peuvent pas abandonner leur emploi pour s'en venir à la mairie ou conseiller.

Pas d’explication simple au phénomène

Le professeur agrégé au Département de science politique de l’Université McMaster, à Hamilton, Peter Graefe explique qu’outre le salaire, plusieurs facteurs contribuent au fait que moins de gens se lancent.

Il faut ajouter le fait que lors de la pandémie, les élus municipaux ont dû prendre des décisions ou au moins mettre en place des restrictions sanitaires et que ça a eu des réactions quand même assez chaudes de plusieurs citoyens, avance le professeur Graefe.

Peter Graefe en entrevue sur Zoom.

Peter Graefe est professeur de science politique à l'Université McMaster (archives).

Photo : Radio-Canada

Si les élus essuyaient déjà certaines critiques auparavant, depuis 2020, c’est tout autre, selon lui.

Les élus trouvaient que les gens étaient de plus en plus critiques envers eux, souvent dans un langage plus violent qu'auparavant et je pense que la pandémie a poussé même plus loin dans cette direction-là, dit M. Graefe.

Donc, c'est plus de travail pour un paiement pas très intéressant. Ça devient un travail de plus en plus ingrat, dans le sens qu'on se donne à un certain service public pour ses concitoyens, mais on reçoit des critiques quand même assez sévères en conséquence.

Le professeur Graefe dit qu’il faut ajouter à cela la conciliation travail-famille. Il devient donc difficile pour plusieurs de trouver le temps pour des tâches additionnelles. Le travail autour de la table d’un conseil municipal représente plusieurs heures par semaine à participer à des comités et à consulter des rapports.

Pas d’élection, une bonne chose?

De son côté, le maire sortant de Casselman, qui convoite un autre mandat, et actuel président des Comtés unis de Prescott et Russell, Daniel Lafleur, croit que c’est une bonne chose qu’il y ait des candidats élus par acclamation.

Ça assure une certaine continuité et, en plus, ça montre la confiance des payeurs de taxes, les citoyens ont confiance en eux, affirme M. Lafleur.

Le maire de Casselman, Daniel Lafleur.

Le maire de Casselman et président des CUPR, Daniel Lafleur

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Cette continuité assure, selon lui, un suivi dans l’achèvement de dossiers en cours. Le conseil des CUPR est constitué de huit maires de municipalités de l’est ontarien.

C'est toujours à recommencer, croit le président des CUPR, tandis que là, les maires acclamés peuvent expliquer aux nouveaux les manières de faire avancer les choses et expliquer pourquoi on doit aller de l'avant avec tel ou tel dossier.

Pas d’élection dans 32 municipalités

Trente-deux municipalités ont acclamé l'ensemble de leur conseil municipal. Ces communautés sont petites, avec une population moyenne d’environ 2000 personnes.

La liste comprend aussi des communautés plus importantes comme le canton de Tay, dans le nord de Barrie, Minto, dans le nord-ouest de Kitchener, et le canton de Drummond–North Elmsley, situé entre Perth et Smiths Falls.

Selon le professeur Graefe, la situation est toujours mieux qu’elle l’a été au Québec en 2021, alors que plusieurs municipalités se sont retrouvées sans candidats à la mairie ou au conseil municipal.

Avec les informations de CBC Ottawa

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