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Chronique

Leçons apprises de mon pommier

Pommier dans un quartier résidentiel à Edmonton

Pendant l'été, mon petit pommier, au bord de la rue, attire résidents de quartier et visiteurs.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marie Yambayamba

Je n’imaginais pas en apprendre autant du fait d’avoir un pommier près du trottoir qui borde ma rue. L’arbre donne des fruits, mais pour ma maisonnée, il génère aussi des interactions sociales qu’elle n’aurait peut-être pas eues autrement.

L’expérience se répète, particulièrement du début de chaque printemps à la fin de chaque été, même dans les années les moins prolifiques.

Ma petite famille veille, depuis une vingtaine d’années, sur ce petit pommier à cidre qui brise la monotonie du gazon sur notre propriété, dans l’ouest d’Edmonton.

Les pommes, je le sais, sont un fruit commun, disponible dans les épiceries à chaque saison. Mais un pommier le long d’une rue, en plein milieu urbain, c’est quand même spécial!

Son retour à la vie au printemps fait partie des moments que j’aime particulièrement. Voir l’arbre en fleurs, puis montrer ses premières pousses enrichit, à mon avis, la beauté de mon petit coin.

Par ailleurs, chaque année, j’observe que mon pommier ne laisse pas indifférents résidents et passants, lorsque ses fruits commencent à atteindre la taille pour attiser l’appétit.

Je me souviens de cette femme qui ne voulait pas s’en passer. J’ai toujours aimé manger vos pommes, surtout quand je suis enceinte. Leur bon goût me plaît, nous répétait-elle.

Elle revenait se servir plusieurs fois. Elle n’était pas la seule personne à demander ces pommes, crues ou mûres, aigres ou sucrées. Et cela se poursuit jusqu’à ce jour.

Nous profitons généralement de ces occasions pour converser, parler de nos familles ou de notre quartier. Je trouve ces échanges enrichissants.

Mais certains visiteurs affichent un comportement bien étrange. J’ai vu des cueilleurs détaler à vive allure ou rembarquer dans leurs voitures en voyant ma porte ou ma fenêtre s’ouvrir.

S’il nous arrive d’en rire, nous craignons surtout le risque d’un accident qui pourrait résulter d’une telle fuite. Heureusement, les expériences positives sont plus nombreuses.

Au début de cette année scolaire, un autobus s’est arrêté devant notre pommier. Est-ce que les enfants et moi, on peut prendre quelques fruits? a demandé la chauffeuse. Oui, avec plaisir. Servez-vous, a répondu mon épouse.

L’autobus s’est vidé au complet, tout le monde s’est servi avant de rembarquer, sourire aux lèvres. Nous n’étions pas peu fiers de cette connexion que le vieux petit pommier venait de tisser. Et ce n’était pas la dernière surprise!

Quand l'automne approche, des pommes s'accumulent sur le gazon. Les ramasser est généralement une tâche fastidieuse. J’en prends un peu à la fois, mais le gros du travail reste à faire.

Récemment, une jeune femme a surgi à notre porte, en soirée, pour demander un sac en plastique. Je vais ramasser vos pommes, a-t-elle dit. Sans hésiter, nous lui en avons tendu deux. Elle a peut-être une recette, me disais-je.

Quelques minutes plus tard, elle est venue nous remettre les deux sacs remplis. Tenez! Ça m’a fait plaisir de débarrasser votre pelouse de pommes abîmées!

Quoi? Mais nous pensions que vous vouliez des pommes!, lui ai-je dit. La femme est repartie, nous laissant nous exclamer : Quelle générosité! On dirait que c’est un ange qui nous a visités!

Décidément, notre pommier aura été l’occasion de bien des leçons de vie.

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