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Une belle tradition francophone survit chez le Toronto FC depuis 2015

Lukas MacNaughton célèbre, poing fermé, un bon coup de son équipe.

Lukas MacNaughton est l'un des quatre joueurs francophones chez le Toronto FC cette saison.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Dans le vestiaire du Toronto FC, l'anglais est, et a toujours été, la principale langue d'usage entre les joueurs. L'espagnol fut aussi, un certain temps, bien populaire, mais il a laissé sa place à l'italien cette année avec l'arrivée de grands talents del bel paese. En dépit des tendances, la langue de Molière est cependant parvenue à se tailler une place tous les ans depuis 2015 grâce à l'affluence de nouveaux joueurs francophones et à la présence de vieux routiers.

C'est vrai qu'il y a peu de gens qui savent qu'il y a des Français dans l'équipe, dit Chris Mavinga, un Franco-Congolais de 31 ans qui en est à sa 6e saison comme défenseur pour le Toronto FC.

Ça fait depuis 2017 que je suis dans l'équipe et chaque jour, on rencontre des [francophones] qui sont étonnés d'apprendre qu'il y a des [francophones] qui jouent pour le TFC, ajoute-t-il, souriant.

Et pourtant, Mavinga a rarement été le seul à avoir le français pour langue maternelle chez les Reds. En fait, c'est arrivé une seule fois depuis 2015, soit en 2018. Autrement, il y a eu en moyenne trois francophones au sein de l'équipe tous les ans depuis huit ans.

Chris Mavinga fait signe à un arbitre lors d'un match du TFC.

Le Franco-Congolais Chris Mavinga est un des piliers de la défense du TFC depuis 2017.

Photo : Associated Press / Jeff Dean

Certains francophones ont enfilé le maillot du Toronto FC lors des dix premières années d'existence de l'équipe, de 2005 à 2015, tels que Laurent Robert (2008) et Eric Hassli (2012), mais la tendance n'a jamais été aussi forte que ces dernières années.

Greg Vanney est l'homme responsable de cette tradition chez le club torontois. Nommé entraîneur-chef et directeur technique de l'équipe en août 2014, il a embauché trois joueurs francophones dès son entrée en fonction pour solidifier son équipe, soit le milieu de terrain Benoît Cheyrou et les défenseurs Damien Perquis et Ahmed Kantari. À ce groupe s'était aussi ajouté un jeune Clément Simonin par le biais du repêchage de la MLS.

En un hiver, le Toronto FC était alors passé d'une équipe n'ayant pas le moindre francophone à une équipe en comptant quatre.

Puis, en 2019, après que ces joueurs eurent tous quitté l'équipe, Vanney en a embauché trois autres. À Chris Mavinga se sont ainsi ajoutés l'attaquant français Nicolas Benezet, le défenseur belge Laurent Ciman et le gardien franco-américain Quentin Westberg.

Je ne sais pas si on peut dire qu'il était francophone, mais en tout cas, [Greg Vanney] connaissait bien les cultures française et francophone, dit Westberg qui évolue toujours pour les Reds.

Vanney n'était pas francophone, mais il a bien joué à Bastia, en Corse, pendant quatre ans. Il valorisait aussi beaucoup le fait que ses joueurs puissent communiquer entre eux sans obstacle sur le terrain. D'ailleurs, quand il a renouvelé le contrat de Westberg en 2020, il a souligné que son aptitude à communiquer en français avec Mavinga et Ciman sur le terrain était un bel atout.

Quentin Westberg encourage ses coéquipiers lors d'un match du Toronto FC.

Le gardien Quentin Westberg est aussi francophone, lui qui a grandi en France.

Photo : Associated Press / Rick Bowmer

En arrivant au club en 2019, je ne m'attendais pas à une énorme influence francophone, mais je savais qu'il y en avait eu au travers du temps, raconte le gardien de 36 ans.

Westberg estime qu'il est hyper important pour un joueur de bien s'intégrer et salue les efforts de Vanney à l'époque pour avoir tenté d'entourer ses joueurs dans de toutes petites diasporas. C'est quelque chose de bienveillant et d'appréciable.

Une chose qui nous a souri, en tout cas à mon arrivée ici, c'est qu'il y avait énormément de mixité culturelle, mais aussi un fort désir d'être ensemble. Je me souviens de nos tables. Il y avait Tsubasa Endoh qui était Japonais, Alejandro Pozuelo qui était Espagnol, [Laurent] Ciman qui était Belge et Chris [Mavinga] et moi qui étions Franco-quelque chose, puis Erickson Gallardo [du Venezuela], Auro qui était Brésilien. C'était très sympa. On était tous Torontois d'adoption, au fond, et je pense que c'est une très grande force. Ça traduit pas mal l'esprit de la ville.

Dans ce contexte, un joueur qui n'a eu aucun mal à s'intégrer à son arrivée avec l'équipe cette saison est le Canado-Belge Lukas MacNaughton. Ce dernier parle couramment allemand, anglais, français et se débrouille en espagnol. Il a aussi des bases d'italien.

Le français a eu une grande importance pour moi en termes de trouver des amis, jouer au foot et développer une connexion avec les autres, raconte-t-il. C'est ma troisième langue, mais comme j'ai grandi en Belgique, c'était à un moment, une langue que je parlais très souvent. Et puis, pendant quatre ans à [l'Université de] Toronto, je ne le parlais pas vraiment, mais là, c'est super de reprendre, de pouvoir parler avec des gars qui sont Français, qui ont vécu en France, par exemple.

C'est une connexion qui se fait très naturellement par la langue [...] Avec Quentin et Chris, c'est super. On parle de la culture et des choses en dehors du terrain. Et puis, sur le terrain, ça aide aussi.

Hugo Mbongue dribble avec le ballon lors d'une séance d'entraînement de l'équipe de réserve du Toronto FC.

Hugo Mbongue est le plus récent joueur francophone à avoir rejoint le Toronto FC.

Photo : La Presse canadienne / Lucas Kschischang

Le Toronto FC compte actuellement quatre joueurs francophones au sein de sa formation, mais ils étaient six membres de l'organisation à maîtriser le français un peu plus tôt cette année.

Avant, il y avait Pierre [Barrieu, le directeur de la Haute Performance de l'équipe]. Il y avait aussi Ralph [Priso-Mbongue], qui est parti (dans un échange avec les Rapids du Colorado, NDLR). Son frère Hugo [Mbongue] vient d'ailleurs de signer avec l'équipe. Sinon, nous sommes un assez petit groupe, souligne Lukas MacNaughton.

Un petit groupe, certes, mais tout de même bien présent malgré les changements au personnel de l'équipe. Greg Vanney a quitté son poste au terme de la saison 2020 et il a été succédé par Chris Armas, puis Bob Bradley. En dépit de tout cela, les francophones sont demeurés assez nombreux chez le Toronto FC.

Le TFC n'a plus que deux matchs à faire à sa saison 2022, soit les 30 septembre et 9 octobre. Déjà exclue des séries éliminatoires, l'équipe traversera ensuite une saison morte mouvementée alors que la direction du club a promis d'autres changements importants à son effectif.

Lukas MacNaughton ne devrait pas bouger puisqu'il a un contrat valide pour une autre année avec le club. Chris Mavinga et Quentin Westberg ont quant à eux des options à leur entente respective qui leur permettraient de prolonger leur aventure à Toronto. Bref, la tradition francophone pourrait durer un peu plus longtemps chez les Reds.

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