•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Changements climatiques : le N.-B. ne prévoit aucune nouvelle mesure pour les industries

Blaine Higgs donne une conférence de presse.

Le gouvernement de Blaine Higgs a publié mercredi son plan d'action 2022-2027 sur le changement climatique (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick vise de nouvelles cibles dans son plus récent plan d’action contre le changement climatique, dont la carboneutralité d’ici 2050 et une augmentation considérable du nombre de véhicules électriques dans la province.

Les données scientifiques démontrent qu’il faut prendre des mesures dynamiques, selon le directeur général du Secrétariat des changements climatiques du Nouveau-Brunswick, Jeff Hoyt.

Le plan provincial s'intitule Notre voie vers la décarbonisation et la résilience aux changements climatiques (Nouvelle fenêtre). Il comprend la tarification du carbone imposée par le gouvernement fédéral, dont une hausse de 11 ¢ le litre d’essence cette année.

Mais ce document publié mercredi n’établit ni nouvelle cible ni nouvelle mesure visant le secteur industriel, qui est le plus grand émetteur de gaz à effet de serre (GES) dans la province.

C’est injuste, lance Louise Comeau, une des directrices du Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick. Selon elle, il n’y aucun doute que le gouvernement ne demandera pas aux grands pollueurs de faire plus d’efforts.

Louise Comeau.

Louise Comeau dirige les solutions du programme sur le changement climatique et l’énergie du Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras

Le plan estime que les émissions de GES provenant des industries constituent jusqu’à 34 % du total de la province. Ce secteur occupe le premier rang des émetteurs.

Louise Comeau juge qu’il faut resserrer la tarification provinciale du carbone pour inciter davantage les industries à réduire leurs émissions.

Le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs a récemment soumis à Ottawa une proposition de tarification du carbone pour 2023 et au-delà. Le plan du gouvernement fédéral prévoit que les provinces adopteront une tarification plus rigoureuse à compter de l’an prochain.

Des objectifs mesurables

Le Nouveau-Brunswick n’a pas encore rendu publique sa nouvelle proposition de tarification du carbone. À l’heure actuelle, les consommateurs paient une taxe carbone sur les carburants qui augmente chaque année tandis que les pollueurs industriels paient selon un modèle basé sur la réduction des émissions des usines dans chaque secteur.

À moins de voir la proposition de tarification, il est impossible de savoir si le gouvernement demande aux industries de faire leur juste part, affirme Louise Comeau.

Un panache de vapeur sort de la cheminée de la centrale.

Le secteur de la production d’électricité occupe le troisième rang des émetteurs de GES au Nouveau-Brunswick (à 23 %). Ci-dessus : la centrale thermique de la société Énergie N.-B. à Belledune (archives).

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Mme Comeau applaudit toutefois l’adoption d’objectifs mesurables, dont des cibles quinquennales qui, selon elle, vont aider le public à constater les progrès.

Dans son plan 2022-2027 publié mercredi, le gouvernement dit reconnaître qu’une mesure accélérée est nécessaire pour éviter les pires impacts des changements climatiques et il s’engage à atteindre un niveau net d’émissions de GES nul d’ici 2050.

Mais il ajoute que ce ne sera pas chose facile et cela exigera une mesure forte et continue.

La carboneutralité ne signifie pas la fin des émissions, elle signifie que la quantité de GES émise équivaut à celle retirée de l’atmosphère.

Jeff Hoyt explique que le gouvernement ne sait pas encore exactement comment atteindre cet objectif, que cela fait partie de ce qu'il reste à établir.

Il pourrait s’agir, par exemple, de mesurer combien de carbone est absorbé naturellement par les terres humides et les forêts de la province.

Aucune nouvelle mesure pour les industries

Chaque section du document présente les politiques existantes, qui demeureront en vigueur, ainsi que de nouvelles mesures, mais la section portant sur les industries ne comprend aucune nouvelle mesure.

Le plan prévoit que le gouvernement maintiendra ses programmes d’efficacité énergétique, son exigence pour que les industries signalent leurs émissions et sa tarification du carbone dans le cas des grands émetteurs.

Selon Jeff Hoyt, ces politiques suffisent pour inciter les industries à réduire leurs émissions et il n’est donc pas nécessaire d’imposer de nouvelles mesures.

Le plan reprend la prise de position de longue date du gouvernement Higgs selon laquelle la tarification doit reconnaître que les usines au Canada doivent faire concurrence aux autres dans les régions du monde qui ne sont pas soumises à une taxe carbone.

Il est essentiel de décarboniser considérablement l’industrie pour atteindre nos objectifs, faire face aux effets des changements climatiques et aider nos entreprises à rester compétitives sur les marchés d’exportation, souligne le gouvernement dans son plan.

Les transports au deuxième rang des émetteurs

Le secteur des transports, qui comprend les véhicules des particuliers, occupe le deuxième rang : il est responsable de 26 % des émissions de GES dans la province.

Selon le plan, le gouvernement va travailler pour que 6 % des nouveaux véhicules légers vendus soient électriques d’ici 2025. Il vise un taux de 50 % d’ici 2030.

Le Nouveau-Brunswick obtiendra les réductions les plus importantes en réduisant la dépendance aux véhicules personnels, en continuant à soutenir l’achat de véhicules électriques et en préconisant l'emploi d’autres moyens de transport, souligne-t-on dans le plan.

La borne de recharge d'une voiture électrique.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick veut encourager les automobilistes de la province à passer aux véhicules électriques.

Photo : iStock

Le plan prévoit aussi l’élaboration d’une nouvelle stratégie pour une électricité propre d’ici 2025 dans le but de parvenir à des émissions nettes nulles d’ici 2035, ce qui correspond à l'objectif d’Ottawa.

Il est aussi question de fixer des objectifs clairs en matière d’efficacité électrique et des exigences en matière de rapports pour Énergie NB [...].

Le secteur de la production d’électricité occupe le troisième rang des émetteurs (23 %).

Enfin, le plan propose de mesurer combien de dioxyde de carbone les forêts de la province absorbent, d’inclure le changement climatique dans la loi sur l’urbanisme et de se préparer à plus d’événements météorologiques extrêmes comme les inondations, les feux de forêt et les périodes de sécheresse.

D’après un reportage de Jacques Poitras, de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !