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Fiona : à quoi peut-on concrètement s’attendre?

Une carte géographique montrant la trajectoire de l'ouragan.

La dernière trajectoire prévue par Environnement Canada pour Fiona, diffusée à 3 h vendredi.

Photo : Gracieuseté/Environnement Canada

Radio-Canada

La Sécurité civile est sur un pied d’alerte et demande aux Madelinots ainsi qu’aux Gaspésiens de se préparer à affronter les répercussions de la tempête tropicale Fiona, attendue au cours des prochaines heures dans l’est du pays. Selon Environnement Canada, les conséquences qu’elle pourrait laisser sur son passage doivent être prises au sérieux.

Aux Îles-de-la-Madeleine, on prévoit de 100 à 150 mm de pluie. Les rafales de vent pourraient souffler jusqu’à 140 km/h. Si l’archipel est principalement concerné en raison d’une veille d’ouragan, la péninsule pourrait aussi être touchée par des conditions météorologiques difficiles causées par Fiona.

C’est quand même une bonne tempête, il ne faut pas minimiser les impacts sur l’est de la Gaspésie, a martelé le météorologue pour Environnement Canada Jean-Philippe Bégin, à l’émission Bon pied, bonne heure vendredi matin.

Carte satellite.

L'ouragan Fiona atteindra l'est du Canada samedi matin.

Photo : Environnement Canada

Ce sont vraiment des situations très dangereuses, ajoute M. Bégin, qui décourage toute personne qui serait tentée de le faire de prendre la mer samedi, au courant de la journée. On pourrait avoir des vagues, au centre du golfe, d’un peu plus de six mètres, ajoute le météorologue, qui précise qu’elles devraient néanmoins s’avérer moins impressionnantes près des côtes.

« C’est un système très dangereux. On n’a rien vu de tel depuis au moins Juan, en 2003. […] Ça fait près de 20 ans qu’on n’a pas vu une tempête aussi forte dans l’est du Canada. »

— Une citation de  Jean-Philippe Bégin, météorologue pour Environnement Canada

Selon le directeur général par intérim pour la Sécurité civile, Félix Caron, les secteurs de la Haute-Gaspésie et de la pointe gaspésienne seront parmi les plus secoués en Gaspésie puisqu'ils sont directement dans l'onde de tempête des Îles.

Félix Caron.

M. Caron demande aux Gaspésiens d'être prudents.

Photo : Radio-Canada / Louis Pelchat-Labelle

Ces secteurs pourraient être menacés par des déferlements de vagues importants qui vont être générés par les vents, la pluie et la marée haute. On s’attend à des vents qui pourraient atteindre 90 kilomètres par heure en rafales, des précipitations de 60 millimètres et des vagues qui pourraient s'élever à 5 mètres, confirme-t-il.

« C’est vraiment la combinaison de ces facteurs qui nous préoccupe pour le moment. C’est un phénomène qu’on a rarement vu sur la pointe de la Gaspésie. »

— Une citation de  Félix Caron, directeur général par intérim pour la Sécurité civile

Des dangers à ne pas sous-estimer

Les impacts [potentiels], ce sont vraiment des vents très, très forts, des branches cassées, des arbres déracinés, des pannes d’électricité généralisées, énumère Jean-Philippe Bégin.

Le fait que les arbres soient toujours garnis de leurs feuilles pourrait aggraver les conséquences sur la végétation, ajoute l’expert. Ça a un énorme effet sur l’emprise qu’a le vent dans les arbres, note-t-il, précisant que les végétaux peuvent ainsi être plus aisément déracinés ou couchés au sol par les rafales.

Photo aérienne d'arbres abattus ou endommagés après le passage de l'ouragan Juan sur le parc Point Pleasant à Halifax en 2003.

Le parc Point Pleasant d'Halifax a été ravagé par l'ouragan Juan en septembre 2003 (archives).

Photo : Ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse / R. Guscott

Selon le météorologue, le réseau électrique pourrait, en conséquence, subir des dommages. Il faut s’attendre à perdre l’électricité pendant plusieurs heures, voire des jours, selon l’envergure et l’ampleur de la tâche à accomplir [pour régler les pannes].

Des affaissements sont à son avis également possibles sur certaines artères, surtout sur les routes près des côtes en raison du déferlement de vagues et des inondations côtières qui pourraient être engendrées par la tempête.

« Finalement, quelques communautés pourraient être isolées. Les services d’urgence pourraient avoir de la difficulté à s'y rendre. »

— Une citation de  Jean-Philippe Bégin, météorologue pour Environnement Canada

Certaines infrastructures pourraient aussi subir des dommages, notamment celles qui contribuent à purifier l’eau à des fins de consommation.

S’il dit ne pas vouloir être alarmiste, M. Bégin souligne que ces risques sont tout à fait réels. Il est donc impératif, souligne-t-il, d’y être bien préparé.

Pour au moins 72 heures

La Sécurité civile invite les citoyens de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine à se munir d’une trousse d’urgence répondant aux besoins de première nécessité et qui leur permettra de faire face aux événements.

Voici ce qui devrait se trouver dans cette trousse :

  • De la nourriture
  • De l’eau potable
  • Une lampe de poche et des piles pour l’alimenter
  • Des chandelles
  • Les médicaments sous ordonnance
  • Une trousse de premiers soins

Félix Caron estime qu’il faudrait la prévoir pour au moins 72 heures. C’est une recommandation d’usage que nous faisons. On recommande d’avoir en sa possession tout ce qu'il faut pour survivre à l’arrivée d’un sinistre, mentionne-t-il.

François Legault appelle à la prudence

Le premier ministre sortant François Legault demande lui aussi à la population de l'Est-du-Québec de se préparer en prévision du passage de l'ouragan Fiona en fin de semaine.

Francois Legault en point de presse.

François Legault dit être tenu au courant des développements par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

François Legault s'est particulièrement adressé, en mêlée de presse vendredi matin, aux Madelinots et aux Gaspésiens, leur demandant d'être prudents.

« Il y a un risque important, donc préparez-vous au pire. On va espérer que ça se passe bien. C'est important de suivre les consignes. Les différents ministères, Hydro-Québec : tout le monde travaille à minimiser les dégâts. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre sortant

Vendredi matin, Fiona se trouvait à 1200 km au sud d’Halifax, dans la région des Bermudes. Il s'agit toujours d'un ouragan de catégorie 3 avec des vents de 205 km/h.

Le maire suppléant des Îles-de-la-Madeleine, Richard Leblanc, a quant à lui appelé les Madelinots à rester à la maison, en sécurité. Il leur demande aussi de ranger les différents objets qui pourraient être emportés par le vent et s'avérer dangereux, par exemple le mobilier extérieur.

Avec les informations d’Isabelle Lévesque, Édouard Beaudoin et Louis Pelchat-Labelle

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