•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’aide aux plus démunis face à l’inflation, une question prioritaire pour le communautaire

Une femme au comptoir de paiement d'un supermarché.

Des choix difficiles s'imposent à de nombreux Estriens en raison de l'inflation (archives).

Photo : iStock / Juanmonino

Radio-Canada

Un sondage Ipsos mené pour le compte de Radio-Canada a révélé ce matin les effets considérables de l'inflation sur les Estriens. Divers intervenants communautaires ont réagi à ces données jeudi pendant la journée et espèrent que le futur gouvernement prendra les mesures nécessaires pour aider les plus démunis.

Six Estriens sur dix se disent inquiets quant à leur capacité à subvenir à leurs besoins et, le cas échéant, à ceux de leur famille. Pour faire face aux hausses de prix, des choix difficiles s’imposent aux répondants. Près d’un Estrien sur six (15 %) a notamment dû choisir entre payer ses factures ou manger à sa faim.

Ces nombres ne surprennent pas Sylvie Bonin, de l'Association coopérative d'économie familiale (ACEF) de l'Estrie.

« C'est 15 % en moyenne, mais quand on va voir chez les femmes, c’est une femme sur quatre. Quand on va voir chez les personnes qui ont moins de 40 000 $ par année, c’est une personne sur trois. C’est beaucoup, une personne sur trois qui, récemment, a dû choisir entre payer ses factures et manger. »

— Une citation de  Sylvie Bonin, coordonnatrice de l'ACEF Estrie

Jean-Sébastien Fontaine, un prestataire de l’aide sociale qui vit dans un deux et demi, connaît bien ce dilemme.

Il y a des mois que j’étais ici, je pleurais parce que je n’avais plus de bouffe. Des fois, ça faisait deux jours que je ne mangeais pas. J'en fais tout le temps, des choix déchirants. Je survis, je ne vis pas, soupire-t-il.

L'ACEF Estrie propose plusieurs pistes aux candidats et aux élus pour atténuer le manque à gagner et critique certaines mesures proposées par le gouvernement actuel.

Un montant de 500 $ à tout le monde, c’est un peu aberrant. Il faut cibler le soutien, par exemple par le crédit de solidarité, qui est déjà modulé. On aimerait aussi que, par exemple, l’aide sociale soit indexée aux trois mois, comme la Régie des rentes. Est-ce qu’on peut s’assurer que les plus pauvres, qui ne mangent pas à leur faim trois ou quatre jours par mois, aient au moins un peu de soutien pour faire face à l’inflation? demande Sylvie Bonin.

Moisson Estrie réitère son besoin de soutien

L’inflation frappe aussi des organismes comme Moisson Estrie, qui offre du dépannage alimentaire.

On a besoin de denrées, on a besoin de soutien financier de toute sorte pour être capables d’acheter nous-mêmes les denrées pour venir compléter nos dépannages, car les coûts ont augmenté pour tout le monde, et ça nous inclut comme organisation, souligne le directeur général de Moisson Estrie, Christian Bibeau.

Nous livrons dans 54 organismes communautaires à travers la région. Nous allons récupérer des denrées chez à peu près tous les supermarchés sherbrookois, mais ça, ce sont des véhicules qui circulent sur les routes, donc le prix de l’essence exerce aussi une pression sur le budget de Moisson Estrie, ajoute-t-il.

Depuis le début de la campagne électorale, tous les chefs de parti ont indiqué avoir l'intention de s'attaquer à l'inflation s'ils sont élus.

Avec les informations de Guylaine Charette

Méthodologie

Ce sondage web Ipsos commandé par Radio-Canada a été mené auprès de 500 personnes de l'Estrie admissibles au vote du 1er au 9 septembre 2022.

Une pondération a été appliquée en fonction du genre, de l’âge, de la langue et du niveau d'éducation afin de s’assurer que la composition de l’échantillon soit représentative de l’ensemble de la population estrienne, selon les données de recensement.

À titre indicatif, un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d'erreur de plus ou moins 5 points de pourcentage 19 fois sur 20.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !