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Pourquoi QS, le PCQ et le PQ fluctuent davantage d’un sondage à l’autre?

Éric Duhaime, Paul St-Pierre Plamondon et Gabriel Nadeau-Dubois.

Éric Duhaime, Paul St-Pierre Plamondon et Gabriel Nadeau-Dubois lors du débat des chefs organisé par Radio-Canada, le 22 septembre dernier.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Il y a des écarts parfois significatifs entre les résultats des sondages sur les intentions de vote des Québécois, même si ceux-ci sont menés au cours de la même période. Qu'est-ce qui explique ces différences entre les résultats des coups de sonde de Recherche Mainstreet et ceux de Léger? Explications.

Claire Durand est professeure titulaire au Département de sociologie de l'Université de Montréal et se spécialise en méthodologie des sondages. Elle affirme avoir analysé l'ensemble des coups de sonde menés par les firmes de Recherche Mainstreet et Léger sur les intentions de vote des Québécois depuis le 1er août dernier.

Constat : le Parti conservateur du Québec (PCQ) récolte en moyenne 4 % d'appuis de plus dans les sondages de Recherche Mainstreet que dans ceux de Léger.

À l'inverse, Québec solidaire (QS) obtient en moyenne près de 4 % de plus dans les projections de Léger. Le Parti québécois (PQ) y fait aussi légèrement meilleure figure.

Une pile de sondages Léger et Recherche Mainstreet.

Léger et Recherche Mainstreet sont deux des maisons de sondages les plus citées dans le contexte des élections québécoises de 2022.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Beaumont-Drouin

Chaque fois qu'on voit un sondage Léger, il est possible qu'il surestime Québec solidaire. Puis, chaque fois qu'on voit un sondage Mainstreet, il est possible qu'il surestime le Parti conservateur, affirme-t-elle.

Pourquoi? La raison de cet écart réside dans la méthodologie.

Léger mène ses sondages en ligne, tandis que Recherche Mainstreet procède par appels automatisés.

En général, mais pas toujours, les sondages web ont tendance à être un peu plus à gauche. Et les sondages téléphoniques informatisés ont tendance à pencher un peu plus à droite, affirme-t-elle.

Un écart moyen de 4 %, ce n'est pas énorme, mais dans une course serrée entre les opposants à la Coalition avenir Québec (CAQ), cela peut avoir un effet. Difficile d'établir quelle méthode est la plus fiable pour sonder une population. Certaines personnes ne décrochent pas le téléphone, mais répondent aux sondages web, et vice-versa.

Comment savoir qui s'approche le plus de la réalité?

On attend les élections! répond Claire Durand en riant. On peut penser que la vérité se situe probablement entre les deux.

Confiance statistique

Ces écarts de résultats n'inquiètent pas les deux firmes.

Pour nous, dans notre méthodologie, ça n'a rien à voir avec la droite ou la gauche, précise Steve Pinkus, vice-président de Recherche Mainstreet Québec.

Selon lui, le fait que Recherche Mainstreet procède à des coups de sonde quotidiens donne plus de crédibilité à ses prévisions.

Les autres sondeurs font des sondages peut-être une fois par semaine. C'est une photo. Nous, c'est plutôt un film. On peut tracer l'évolution de la campagne en temps réel, dit-il.

Son homologue chez Léger est tout aussi confiant.

Si on regarde la dernière campagne électorale, fédérale, provinciale : nos sondages ont toujours été dans la marge d'erreur du résultat, estime Christian Bourque, vice-président à la direction chez Léger.

Christian Bourque.

Christian Bourque (archives)

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Bien qu'il concède ne pas être à l'abri de l'erreur, il voit d'un bon œil la cohabitation de divers types de sondages dans la campagne électorale québécoise. Plus on a de données comparatives entre les différentes méthodologies, mieux on va comprendre la situation, dit-il.

Y'a 20 ou 30 ans, on disait que c'était les sondages téléphoniques parce que tout le monde avait le téléphone à la maison, tout le monde répondait. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Il n'y a plus une méthode qui peut prétendre être le standard à partir duquel tout le reste est nécessairement moins bon.

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