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Un trappeur franco-ontarien se lance en affaires

Éric sourit en tenant une peau de loutre.

Amateur de plein air, Éric Morin a commencé à s'intéresser à la trappe en 2014.

Photo : Radio-Canada / Aya Dufour

Les bouleversements qui ont secoué le secteur de la fourrure en Ontario au cours de la dernière décennie n’ont pas empêché Éric Morin de transformer en métier sa passion pour le piégeage.

Après avoir connu un franc succès en vendant ses produits en ligne, ce Franco-Ontarien a décidé d’ouvrir un atelier à Copper Cliff, dans le Grand Sudbury, et d'augmenter sa capacité de production.

Je ne m’attendais pas à avoir autant d’intérêt pour mes produits. J’ai des appels de la Pologne, du Mexique et même de certains pays africains, raconte-t-il.

Une porte entrouverte avec le logo de l'entreprise.

La boutique en ligne Fur the North a connu un tel succès qu'Éric Morin a été en mesure de louer un atelier à Copper Cliff.

Photo : Radio-Canada / Aya Dufour

La directrice de la Fédération des trappeurs gestionnaires de l’Ontario, Lauren Tonelli, s’étonne du succès d’Éric Morin. De nos jours, avec le prix moyen des fourrures, c’est presque improbable qu’un trappeur réussisse à atteindre le seuil de rentabilité.

La trappe est une activité dispendieuse : il faut terminer un programme de formation d’une quarantaine d’heures, obtenir les permis et payer l’essence pour se rendre aux différentes trappes ainsi que l’équipement pour traiter les peaux, explique-t-elle.

Toutefois, Éric Morin croit avoir trouvé une façon de vivre de sa passion : en plus de la trappe, il a appris les techniques de tannerie et s’est doté de quatre machines à coudre.

Je fais le processus du début à la fin tout seul, un one man show. Je prends une ressource naturelle et je l’amène à un produit final, dit-il en brandissant une paire de mitaines de fourrures de coyote confectionnées sur mesure pour un client.

Éric est en train d'enfiler des mitaines de coyote.

Éric Morin a appris à coudre afin de pouvoir créer ses propres produits avec ses peaux et celles d'autres trappeurs de la région.

Photo : Radio-Canada / Aya Dufour

La charge de travail est considérable, mais le jeu en vaut la chandelle, selon M. Morin. Ma journée ne se termine pas à 17 h. Je passe beaucoup de temps dans les bois. C’est plus une façon de vivre qu’un métier.

Il sait que le fait de se lancer dans un secteur en déclin comporte des risques.

« Une des raisons de rester optimiste, c’est que mon processus est vraiment écologique, et c’est ça qui va faire la différence. »

— Une citation de  Éric Morin, trappeur professionnel nord-ontarien

En plus de contribuer à l'équilibre des écosystèmes en faisant de la trappe, M. Morin s’assure d’utiliser des produits simples pour traiter les peaux. Du savon à vaisselle, du bicarbonate de soude… Le genre de chose qu’on trouve dans la cuisine, explique-t-il.

Des peaux de coyote sont accrochées à un mur.

Il y a plus de 9000 trappeurs en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Aya Dufour

Mme Tonelli croit également que l'engouement pour les produits écologiques pourrait mener à un regain d’intérêt pour les fourrures sauvages.

Les gens commencent à comprendre la vraie valeur de la fourrure. C’est naturel, durable et renouvelable, et contrairement à la majorité des matériaux textiles dans le marché, ça ne contamine pas l’environnement avec des microplastiques, selon elle.

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